Contribution à la discussion sur la situation sociale et politique au sein du NPA-R
1) La crise sociale et politique que connaît le capitalisme français est une des manifestations d’une crise internationale plus particulièrement de sa composante qui ébranle le camp occidental des vieilles puissances coloniales et impérialistes, les USA et les puissances de l’Otan. Cette crise obéit à deux lignes de forces déterminantes, la crise d’accumulation du capitalisme financiarisé mondialisé et l’exacerbation de la concurrence pour l’appropriation et le partage des profits réalisés par l’exploitation du prolétariat mondial entre les vieilles puissances impérialistes et les puissances capitalistes émergentes en particulier la Chine, la Russie et les autres puissances des Brics.
Reconnaissance de l’État palestinien contre le génocide, dérisoire et hypocrite alors que Trump et Netanyahou déclarent la guerre au monde
La Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et le Portugal ont officiellement annoncé leur reconnaissance d’un État palestinien, avant que Macron ne le fasse pour la France le 22 septembre à l’occasion de la Conférence internationale sur le Proche-Orient la veille de l’ouverture de la 80èmeAssemblée générale des Nations Unies à New York. Cette conférence est l’aboutissement d’une initiative diplomatique impulsée par la France avec l’Arabie saoudite et des pays arabes, opération diplomatique qui vise à permettre à la France de garder un rôle au Moyen-Orient en jouant un double jeu qui convient si bien à Macron instrumentalisant le drame palestinien pour négocier sa place entre ses amis sionistes et américains et les États arabes.
Cette reconnaissance tardive d’un État palestinien dont Netanyahou est en train de détruire la possibilité même, présentée comme une défense d’une « solution à deux États » à la guerre d’Israël dénommée « conflit israélo-palestinien » constitue une tromperie cynique, une falsification historique. Elle constitue une tentative vaine de la part de Macron, Starmer en Grande-Bretagne ou Carney au Canada de donner le change face à l’indignation et la colère, la révolte que suscite le génocide et que les uns et les autres continuent de réprimer.
Contre le déficit budgétaire et l’austérité au service du CAC40, la seule « relance » possible est l’annulation de la dette et le contrôle des travailleur·es. Prenons la réussite du 2 octobre en main !
Après deux semaines de « consultations » avec les partis politiques et les confédérations syndicales, Lecornu a dévoilé le fond politique de son projet de budget, en droite ligne à quelques bémols près de celui de son prédécesseur. Après avoir amusé la galerie, il a fait son choix, conscient qu’il sera très certainement censuré à son tour, voire incapable même de former un gouvernement : exit la taxe Zucman, le retour de l’ISF, sur la réforme des retraites, etc. Et en route vers une très probable dissolution et des législatives anticipées… Même si le PS, qui doit rencontrer Lecornu ce début de semaine, voudrait y croire encore, comme l’explique Faure « … je veux voir la copie complète du budget avant de me prononcer sur la censure. » « S’il n’entend pas nos revendications, alors nous le censurerons sans hésitation ! »…
Après le 10 et la réussite du 18, Macron-Lecornu-Retailleau en déroute, notre mouvement conteste sans attendre le pouvoir et le CAC40
Jeudi, nous étions là, des centaines de milliers, révoltés et combatifs, plus nombreux que le 10, grossis par de nombreux nouveaux travailleurs en grève. Plus d’un million dit la CGT, peut-être, 500 000 dit Retailleau, sûrement bien plus et cela malgré la propagande haineuse du ministre de l’intérieur démissionnaire qui avait annoncé des milliers de « bloqueurs, du sabotage, des groupuscules d’extrême gauche qui veulent casser et qui sont ultraviolents » pour justifier sa politique d’intimidation et de répression policière. 80 000 policiers et gendarmes, 24 blindés et 10 canons à eau sans oublier les drones ont été déployés sur tout le territoire pour provoquer les incidents, les affrontements, la violence comme ce fut le cas en particulier à la fin de la manif parisienne.
Ce cirque policier mis en scène par les médias n’a pas intimidé les milliers de travailleur·es, de jeunes qui ont organisé des actions, tenu des Ags, fait grève, manifesté pour dire qu’ils n’entendaient pas céder.
« La violence n’est pas un moyen d’action politique légitime, et personne ne doit l’excuser. Il ne peut y avoir de liberté de manifester sans le respect des lois », a renchéri Lecornu le soir du 18 tout en disant, dans la foulée sa volonté de « poursuivre le dialogue » et de recevoir « à nouveau les forces syndicales dans les jours qui viennent ».
Blocages, Ags, grèves, manifs..., le 10, une mobilisation de classe politique riche de perspectives, le 18, on continue...
« Le roi est nu = Macron a Lecornu », une pancarte résumait ainsi le nouvel épisode de la farce parlementaire et de l’effondrement de la macronie après la nomination de l’ex-ministre des armées, auteur du livre « Vers la guerre ? La France face au réarmement du monde » comme Premier ministre de Macron, le cinquième depuis le début de son second quinquennat en 2022. Fidèle d’entre les fidèles, il promet une politique de « rupture », rupture avec lui-même et son ex-gouvernement, c’est-à-dire la poursuite de l’austérité pour les profits et la guerre qui sera la politique de son proche successeur si la rupture cède la place à la censure comme le promet l’ambitieux Bardella...
La crise sociale et politique autour du budget et de la dette, symptôme et conséquence de la maladie d’un capitalisme sous assistance étatique
Le départ forcé de Bayrou s’inscrit dans une longue période de crise politique du pouvoir en France, une difficulté de plus en plus grande pour l’exécutif de disposer d’une majorité lui permettant de faire valider sa politique au profit des classes dominantes par les canaux dits « démocratiques », tandis que monte la menace du regroupement de forces réactionnaires postulant au pouvoir. Cette crise politique est à l’œuvre partout sur la planète, marquée par l’évolution vers l’extrême droite des pouvoirs des pays dits « démocratiques », à l’instar des USA de Trump.
Le « sacrifice » de Bayrou aiguise les rivalités parlementaires, affaiblit le pouvoir et crée la panique « en haut » face au mouvement qui se prépare par en bas
La semaine a été ponctuée par les « consultations » et tractations qui, sans surprise, n’ont débouché sur rien d’autre qu’une accélération de la crise politique qui affaiblit le pouvoir aussi vite que Bayrou fait le tour des plateaux télé.
Le « camp présidentiel » s’est réduit à sa plus simple expression, LR a explosé en vol, les Wauquiez, Retailleau et les ex comme Darmanin jouant chacun leur partition sous la pression du RN. Un RN qui se dit prêt à gouverner et réclame la dissolution de l’Assemblée que Macron, réduit à 15 % d’opinions favorables dans les sondages et Bayrou, 14 %, assurent à ce jour ne pas vouloir. Vendredi, ce dernier déclarait sans rire : « Je me sacrifie pour apaiser les tensions »... « Le Président va nommer un Premier ministre qui tentera de former un gouvernement […] Je resterai à Matignon le temps qu’un successeur soit trouvé » !
Le nouvel ordre multipolaire de Xi Jinping-Poutine-Modi, l’arrogance impérialiste de Trump ou le désordre mondialisé de la concurrence, du militarisme et de la guerre...
Le 3 septembre, à Pékin, Xi Jinping présidait à la mise en scène d’une impressionnante parade militaire à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la libération de la Chine de l’occupation japonaise. Il affichait ainsi sa force, celle de la Chine tant vis-à-vis de son propre peuple flattant les sentiments patriotiques que vis-à-vis du reste du monde. Il y est apparu entouré de Poutine, Kim Jong-un, et du président iranien, Massoud Pezeshkian, réunis pour la première fois parmi les 26 dirigeants étrangers présents.
Ce défilé venait dans la foulée de la 25e réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenue deux jours avant, la première depuis le retour à la Maison Blanche de Trump. Les chefs d’Etat et de gouvernement d’une vingtaine de pays et les responsables d’une dizaine d’organisations internationales ou régionales se sont retrouvés dans la mégapole portuaire de Tianjin, dans le nord de la Chine. Les pays membres à proprement parler de l’OCS représentent près de la moitié de la population mondiale et 23,5 % du PIB de la planète. Initialement regroupement sino-russe avec les pays d’Asie centrale autour des questions de sécurité, elle est devenue un des pôles de contestation de la domination occidentale.
Le 8, Bayrou se suicide politiquement en espérant étouffer la révolte, faisons du 10 septembre le début d’un soulèvement général !
Coup de théâtre, lundi dernier, Bayrou annonce en conférence de presse qu’il va solliciter un vote de confiance de l’Assemblée Nationale convoquée en session extraordinaire le 8 septembre. Ce vote qu’il présente comme un vote pour ou contre un budget d’austérité, vote qu’il est sûr de perdre, l’obligera à démissionner. La chute du gouvernement réjouit le monde du travail, elle affaiblit le pouvoir même si Macron affiche sa confiance en Bayrou et en lui-même pour s’accrocher à l’Élysée. Elle affaiblit le pouvoir et aggrave la crise parlementaire mais elle ne changera rien pour nous si nous ne prenons pas les affaires en main pour faire échouer le plan du gouvernement présent ou… à venir.
A une mort banale début octobre par motion de censure, comme celle de son prédécesseur Barnier, Bayrou a préféré mettre en scène un suicide, prenant la pose du sacrifié volontaire qui regarde la réalité en face pour le « bien du pays » qui serait en danger, menacé par les déficits et la dette que lui seul a le courage de vouloir réduire en imposant de vrais sacrifices, ceux-là, à la population.
Pour œuvrer à la contre-offensive du monde du travail, rassembler notre camp social et politique, refonder le mouvement révolutionnaire
« La lutte de classe prolétarienne ne peut être comprise que comme le résultat d’une dialectique des facteurs historiques objectifs et subjectifs » Ernest Mandel[1]
Nous avons publié avant la période des congés deux articles issus de discussions au sein du NAP-R sur le mouvement révolutionnaire à l’époque du capitalisme financier mondialisé. L’un décrivait l’état de fragmentation du mouvement hérité d’une longue période sans intervention révolutionnaire du prolétariat et discutait des moyens de dépasser cette balkanisation pour avancer dans la construction d’un parti révolutionnaire des travailleur·ses[2]. L’autre montrait comment la nouvelle ère de crises, de guerres et de révolutions dans laquelle l’humanité est engagée crée les conditions objectives et subjectives de ce dépassement[3].



