Le gouvernement porte l’entière responsabilité des violences qui se sont déroulées samedi en particulier sur les Champs Élysées à Paris. D’abord par la violence contre les travailleurs et les classes populaires de sa politique toute dévouée aux seuls intérêts du grand patronat, des actionnaires, des riches. Ensuite par son arrogance et son mépris face aux légitimes exigences portées par les gilets jaunes, son obstination aveugle à maintenir la hausse de taxes iniques sur les carburants ou à refuser une augmentation significative du Smic. Enfin par le déploiement policier qui visait à humilier les manifestants en les filtrant sur les Champs Élysées et qui a répondu à la révolte par une brutale répression. A son retour de Buenos Aires et du G20, le sommet des maîtres du monde capitaliste, Macron a congratulé sa police sans trouver un mot en réponse aux demandes des gilets jaunes puis annoncé que son premier ministre allait recevoir les chefs des partis parlementaires et une délégation de gilets jaunes. En clair, gagner du temps, tenter d’étouffer le mouvement, réprimer.
Il a fait le choix de l’affrontement. Son propre mouvement tangue devant la vague montante de l’impopularité et de la colère, il est lui-même isolé, déconsidéré, rejeté par l’immense majorité de la population. Il a d’ores et déjà perdu les élections européennes et ne peut tenter de reprendre la main que par une brutale intransigeance acculant le mouvement à l’affrontement dans le but de le déconsidérer. Il joue aussi un jeu politicien pervers en attribuant à la droite et l’extrême droite, à Marine Le Pen en particulier, la responsabilité du mouvement. Marine Le Pen et ses amis s’emploient à en capter les bénéfices en posant aux plus solides soutiens des gilets jaunes et des classes populaires.
Mais dans la réalité, la mobilisation échappe aux petits calculs des politiciens et Macron lui donne de nouvelles raisons de se renforcer.
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Sans surprise, Pierre Laurent a dû laisser la place de secrétaire national au profit de Fabien Roussel, dirigeant de la fédération communiste du Nord, suite à la mise en minorité de la direction du parti lors du vote du 6 octobre dernier. Une première au PCF, qui traduit le mécontentement de bien des militants et l’impasse politique dans laquelle se trouve celui-ci aujourd’hui.
Pendant un mois et demi, Laurent a bien essayé de rester en place au nom de « l’unité du parti », en proposant une « transition » dans le but de minimiser le profond malaise des militants. Roussel et la nouvelle direction se sont prêtés au jeu, négociant une liste unique de direction avec la majorité sortante tellement les différences sont… subtiles.
Mais au final, Roussel a pris la tête du PCF, promettant au congrès d’en finir avec la politique « d’effacement du parti », critiquant et tournant la page du Front de Gauche et de Mélenchon… Sauf que la page était déjà largement tournée par ce dernier, mettant le PCF devant le fait accompli.
Il promet aux militants, qui n’ont pas accepté l’absence du PCF lors de l’élection présidentielle et leur 2,72 % aux législatives, un parti « plus fort », « plus combatif », « plus influent »… Mais sur quelle politique ?
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La journée du 24 aurait rassemblé un peu plus de 100 000 gilets jaunes, loin de « l'essoufflement » que prétend constater une presse quasi unanime. Et ce n'est pas le choix du gouvernement de faire intervenir dès le matin les CRS sur les Champs Elysées, réprimant les manifestants à travers de violents affrontements, qui a pu atténuer leur détermination. Ainsi que l’exprimait une aide-soignante venue manifester à la sortie de son travail, « On a le droit d’être vus et entendus ! C’est les CRS qui nous cherchent ! Ça ne va pas nous faire baisser les bras au contraire. On est de plus en plus motivés et ça va nous mettre de plus en plus en colère » (Le Monde).
Macron, lui, a remercié « les forces de l'ordre pour leur courage et leur professionnalisme », prétendant faire « honte à ceux qui les ont agressées » et concluant par un pathétique « Pas de place pour ces violences dans la République ».
Comme si la première des violences de cette république dont il se gargarise n’était pas celle des profondes injustices sociales contre lesquelles s’insurgent les gilets jaunes, ici, comme à la Réunion ! Comme si ce n’était pas contre cette république de casse sociale, de salaires de misère et de discriminations que se sont mis en grève la semaine passée les infirmières et infirmiers, les travailleurs des raffineries à l’appel de la fédération chimie de la CGT ; que luttent depuis des mois les postiers du 92 ; que se sont rassemblées samedi 24, dans plusieurs villes, 80 000 personnes contre les violences faites aux femmes !
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Quelques 300 000 manifestants sur 2000 points de rassemblement ont participé samedi 17 à la journée de blocage des « gilets jaunes », malheureusement marquée par de nombreux accidents qui ont fait un mort et plus de 400 blessés. Au moment où nous écrivons, les blocages se poursuivent en divers endroits, signe de la détermination et de la profonde révolte sociale qui s’exprime sur les barrages, comme l’ont montré de multiples témoignages relayés par les médias.
Dimanche soir, Philippe, le premier ministre, n’a eu que mépris et arrogance face à la révolte, le mépris et l’arrogance de classe de ce gouvernement des riches.
Parti de pétitions sur internet, relayé souvent par des petits patrons et recevant rapidement le soutien de la droite et de l’extrême-droite, le mouvement s’est transformé en véritable mouvement populaire dans lequel se sont reconnus nombre de « ceux qui ne manifestent jamais ». Travailleurs que les salaires misérables contraignent à habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail, dans des endroits totalement dépourvus de transports collectifs, petits artisans, travailleurs indépendants, paysans, pour qui l’utilisation d’un véhicule est partie intégrante de leur activité professionnelle, retraités, tous crient leur ras-le-bol des offensives à répétition du gouvernement qui se traduisent, dans la vie quotidienne, par l’impossibilité de joindre les deux bouts, d’élever dignement ses enfants, de s’offrir le moindre loisir…
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« Clap de fin » titre l’article du NPA rendant compte de la rupture de LO avec le NPA sur la possibilité d’un accord entre les deux organisations pour présenter une liste commune aux élections européennes. LO pour sa part titre son article de façon évasive, « Rencontres NPA-LO : des divergences », pour aborder quand même le fond de la discussion, son refus de mener une campagne commune avec le NPA. La rupture de LO constitue un échec, un échec annoncé qui vient souligner la grande difficulté du mouvement révolutionnaire de sortir de ses divisions pour se penser et agir comme un parti des travailleurs, démocratique et révolutionnaire, se situant sur un terrain d’indépendance de classe afin de rassembler celles et ceux qui luttent pour la transformation révolutionnaire de la société. Elle illustre la difficulté du mouvement révolutionnaire à répondre aux besoins de la période. Et paradoxalement, c’est la gravité même de la situation, selon LO, qui vient justifier ce dogmatisme sectaire.
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