Les parlementaires s’écharpent pour servir au mieux les milliardaires et les riches qui nous font la guerre, une farce sinistre et cynique !
Le débat budgétaire a commencé lundi dernier à l’Assemblée. Lecornu, impuissant devant la censure, voudrait contraindre les députés à « prendre leurs responsabilités », c’est-à-dire leur faire avaliser l’essentiel de son budget de guerre contre le monde du travail.
Tractations secrètes entre groupes, petites négociations et chantages, faux-semblants et vraie farce, les partis donnent le spectacle ridicule d’une gué-guerre sans merci, alors que tous sont d’accord sur le fond pour faire payer la dette et les restrictions budgétaires aux travailleur·es et aux classes populaires, pour préserver les milliardaires et le grand patronat, au nom de la compétitivité des entreprises et de « l’intérêt national ».
Contre l’acharnement réactionnaire et colonial de la France, solidarité avec les Kanak en lutte pour l’indépendance
Du 27 au 29 octobre, l’Assemblée et le Sénat ont voté le report à l’été prochain des élections provinciales qui devaient se tenir en novembre en Kanaky-Nouvelle Calédonie.
Le gouvernement français, même affaibli et instable, même après avoir écarté Valls qui l’a amèrement regretté, garde le cap. Lecornu l’a déclaré dans son premier discours en tant que Premier ministre : ce vote et la mise dans la Constitution de l’accord de Bougival étaient sa deuxième priorité après le vote du budget.
Entre ses intérêts nationaux, « les tempêtes rageuses » de la mondialisation financiarisée, « la terreur économique » de Trump et le prolétariat chinois, la dictature bonapartiste de Xi Jinping déstabilisée
Alors que Xi Jinping venait de conclure le 4ème Plénum du PCC pour renforcer son pouvoir à coup de purges et préparer une « économie de combat », et que de son côté, Trump achevait une tournée en Asie pour renforcer les accords commerciaux et les alliances des USA, leur rencontre le jeudi 30 octobre a été qualifiée de « pause » dans l’escalade de la guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales.
Juste avant, Trump avait annoncé « nous voulons faire un deal » en guise d’apaisement le dimanche… avant de brandir la menace ultime, la reprise des essais d’armes nucléaires le mercredi : « je n’avais pas le choix ! La Russie est deuxième et la Chine loin derrière, mais elles seront à égalité d’ici à cinq ans ».
« No Kings », succès des manifestations anti-Trump aux USA ou la longue marche vers une nouvelle révolution…
Samedi dernier, des millions de manifestants se sont rassemblés dans 2700 grandes et petites villes des États-Unis, en continuité du mouvement « No Kings » qui avait regroupé en juin entre 5 et 11 millions de personnes. Le slogan « No Kings », « Pas de rois », fait référence à la Révolution américaine, fin XVIIIè siècle, contre la tyrannie de la monarchie anglaise, pour défendre la constitution vue comme un rempart contre la politique de Trump pour imposer sa dictature.
Au-delà de ces illusions, conséquences de la politique du Parti démocrate cherchant à contrôler la mobilisation, ces manifestations reflètent l’opposition populaire grandissante aux atteintes portées par Trump aux droits démocratiques. Elles expriment l’indignation face au génocide en cours à Gaza ; la colère suscitée par les expulsions de masse de migrant·es ; la résistance aux licenciements collectifs de fonctionnaires fédéraux et à la destruction d’emplois et de programmes sociaux, notamment la sécurité sociale, Medicare et Medicaid.
Madagascar, la révolte populaire et la Gen Z confrontées à la question des rapports de classes et du pouvoir
Quelques jours à peine après l’investiture d’un colonel président, Randrianirina, et d’un premier ministre, Rajaonarivelo, ancien dirigeant dans le secteur bancaire et président du patronat, la révolte populaire commence à faire entendre ses critiques contre ces « nouveaux » qui défendent les mêmes intérêts de classe que les précédents. Les manifestants sont redescendus dans la rue mercredi. Aussitôt, un autre militaire, le général Bernardin Rafidison est venu s’adresser à eux sur la Place du 13-mai, lieu central du mouvement, pour dénoncer la trahison des promesses faites au peuple…
Les classes dominantes malgaches, avec l’appui de toutes les ambassades, pensaient avoir calmé la crise révolutionnaire, imposé l’ordre et la stabilité, il n’en est rien. Aucune des causes de l’insurrection populaire n’est résolue, ni la misère, ni la corruption, ni l’absence de démocratie, ni les séquelles de la domination impérialiste particulièrement pourrie de la France.
La débâcle du capitalisme et de ses institutions pose la question de qui dirige la société au service de quelle classe, le travail ou le capital ?
Lecornu a donc été sauvé de la censure par le PS. « Il existe une majorité absolue à l’Assemblée qui ne veut pas la dissolution » avait-il annoncé… Une majorité pétrifiée par le discrédit, l’effondrement de la « démocratie parlementaire » et des partis qui, ensemble ou à tour de rôle, ont mené l’offensive au gouvernement contre les travailleur·es. La farce de la macronie a fait long feu, qui prétendait dépasser les clivages, apporter la stabilité nécessaire aux classes dominantes pour mener l’offensive pour le maintien de leurs profits et de leur système.
Le « sauvetage » de Lecornu, loin d’être une pause dans la crise, en est au contraire une nouvelle étape alors que l’extrême-droite se prépare. Les effets de manche « républicains » à l’Assemblée ou ailleurs n’en sont que plus dérisoires.
La ruée vers l’or, le retour de la « vieille relique barbare », symptôme de sénilité du capitalisme mondial
« Le chaos financier mondial propulse l’or à plus de 4000 dollars l’once » titraient Les Echos du 7 octobre. Un record absolu résultat de plus de 50 % de hausse depuis le début de l’année, du « jamais vu » selon un spécialiste des marchés financiers. Keynes, économiste de la bourgeoisie dans la période marquée par la grande crise de 1929, qualifiait ce dernier de « vieille relique barbare », inventée par la superstition des bourgeois devant la menace d’effondrement du capitalisme.
Pour Les Echos, cette hausse « reflète les tensions géopolitiques et économiques ainsi que la défiance croissante envers le dollar ». Le FMI et la Banque d’Angleterre, ce même 7 octobre, s’inquiétaient de la menace d’une « forte correction boursière » du fait d’une hausse de plus en plus irrationnelle des valorisations boursières, en particulier de la Big Tech US, malgré une « incertitude substantielle persistante quant aux perspectives macroéconomiques mondiales ».
Macron s’effondre, les partis affichent leurs « appétits partisans », face à la faillite du capitalisme et de ses serviteurs, défendre nos droits, c’est postuler à diriger la société
Lecornu, le moine-soldat selon sa propre expression, ex-démissionnaire, redevient Premier ministre par défaut et du fait du prince retranché à l’Elysée, et qui lundi court en Egypte pour apporter son soutien au plan de Trump de destruction de tout espoir d’un Etat palestinien qu’il prétendait défendre.
« J’accepte – par devoir – la mission qui m’est confiée par le président », a déclaré Lecornu. Première station du calvaire, constituer un gouvernement auquel LR a déclaré qu’il ne participera pas et que LFI et le RN censureront si jamais il voit le jour et se présente devant l’Assemblée nationale. Le PS et EELV, après s’être livrés à toutes les contorsions pour prouver leur sens des responsabilités, leur servilité aussi, semblent disposés à ne pas reculer sur la censure… Difficile de faire autrement tant il est évident que la mission de Lecornu 2 se résume à faire passer le budget d’austérité des riches et du CAC40 contre le monde du travail, en espérant que la peur des députés de retourner devant les électeur·trices en cas de dissolution réussisse à mettre en minorité la motion de censure annoncée.
Le « plan de paix » de Trump intègre la guerre génocidaire d’Israël dans l’offensive économique et militaire de l’empire US
Trump a annoncé dans la nuit du 8 au 9 octobre alors que les négociations avaient commencé à Charm el-Cheikh, en Égypte, qu’Israël et le Hamas avaient « tous deux accepté la première phase » du « plan de paix » qu’il avait présenté le 29 septembre avec à ses côtés Netanyahou.
Cette annonce a suscité à Gaza ainsi qu’en Israël la liesse populaire à la perspective du cessez-le feu et de la libération des otages et des prisonniers politiques palestiniens. Cette première phase du plan donne à voir ce que sera la suite alors que le dirigeant palestinien Marwan Barghouti, détenu en Israël depuis 2002, ainsi que les militants symboles les plus marquants de la lutte armée ne figurent pas sur la liste des prisonniers palestiniens qui seront libérés dans le cadre de l’accord.
Le plan s’inscrit, sous couvert de paix, dans la continuité de la guerre génocidaire.
Les milliardaires parasites, assistés par l’État qui les gave, paniquent, ils ont raison, la révolte n’en est qu’à ses débuts...
La journée du 2, troisième journée de mobilisation de la rentrée depuis « Bloquons tout », a rassemblé moins de monde que les deux précédentes. Elle n’est cependant en rien la fin de la mobilisation mais ouvre une nouvelle étape pour rebondir. L’impulsion donnée par la journée du 10, grâce à la dynamique créée par un réel mouvement parti d’en bas, bousculant les appareils et l’intersyndicale, ouvrant la porte à la prise en main par les travailleurs eux-mêmes de leurs mobilisations, inquiétant le pouvoir et le patronat, n’a pas épuisé sa force. Le 2 illustre par contre l’impasse et l’échec de la politique de l’intersyndicale qui instrumentalise la colère pour mieux négocier sa reconnaissance par le patronat et le pouvoir. Elle avait pour objectif de « faire pression » sur Lecornu dans le cadre des tractations qu’il mène péniblement avec la gauche syndicale et politique pour sauver un gouvernement encore virtuel, demain composé de ministres démissionnaires reconduits autour d’un remake du budget Bayrou !



