Deux semaines après avoir conquis Goma, le 27 janvier, les milices du M23[1] viennent de prendre le 15 février la ville de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. L’offensive est soutenue par l’armée rwandaise, directement présente avec plusieurs milliers de soldats, et par l’AFC, l’Alliance Fleuve Congo, un regroupement d’autres milices dirigé par Corneille Nangaa, opposant au président de la RDC, Tshisekedi.

Le PS et le RN avaient à peine sauvé le gouvernement que Bayrou faisait voter, jeudi, une loi ultra-réactionnaire restreignant fortement le droit du sol à Mayotte, dans le prolongement de ses propos xénophobes -« un sentiment de submersion migratoire ». La veille, le rejet par l’Assemblée des deux motions de censure déposées par 90 députés dont celles et ceux de LFI a permis à Bayrou de faire adopter sans vote le budget de l’État et une partie du budget de la Sécu. Quelques concessions minuscules au PS dont Faure ou Guedj ont osé se féliciter ont suffi pour que les dirigeants socialistes acceptent une réduction jamais vue des dépenses publiques, 34 milliards d’euros, plus que dans les budgets Barnier. Quant au RN, en quête de respectabilité, il a jugé que le moment n’était pas venu de faire chuter Bayrou d’autant qu’une peine d’inéligibilité de 5 ans pourrait être prononcée contre Le Pen le 31 mars prochain.

Le premier week-end de février a vu se dérouler le premier congrès du NPA-R ainsi que celui de Révolution permanente, le congrès de Lutte ouvrière s’étant tenu début décembre. Il nous semble nécessaire de revenir sur ces congrès parallèles où chacun discute de lui-même avec lui-même mais qui ne suscitent guère de discussions croisées, une situation qui est préjudiciable à l’ensemble du mouvement révolutionnaire alors que la guerre que la classe capitaliste déclare aux travailleurs et aux peuples fait de la construction d’un parti démocratique et révolutionnaire des travailleurs, du rassemblement de nos forces, une priorité.

Sommaire :

L’investiture de Trump-Musk, lundi 20 janvier, constitue une déclaration de guerre de Wall Street au monde du travail et aux peuples, un avertissement pour toute la planète.

Trump est arrivé au pouvoir porté par la puissante oligarchie qui a pris forme à travers la mondialisation et la financiarisation capitaliste au cours des trois dernières décennies, puis a resserré son emprise au lendemain de la grande récession de 2008-2009 et durant les quatre dernières années de Biden.

Symbole de la fusion croissante du pouvoir politique et des milliardaires de la high tech, des fonds spéculatifs et des multinationales de l’énergie, il est le produit et l’acteur de l’offensive réactionnaire du capitalisme financiarisé et mondialisé qui s’est développé contre le monde du travail et les peuples, contre la nature pour maintenir la croissance des profits.

Le capitalisme mondial est entré dans une longue phase de stagnation du fait de sa maladie chronique, la crise d’accumulation, c’est-à-dire l’incapacité de tirer de l’exploitation suffisamment de plus-value, de profit, pour nourrir les appétits sans limite de la masse de capitaux sans cesse en expansion.

Bernard Arnaud présentait mardi 28 les résultats annuels de son entreprise. « Mauvaise année », du fait en particulier de la baisse de 25 % de la demande chinoise pour les produits de luxe, le bénéfice net de LVMH a chuté de 17 % sur un an… pour s’établir quand même à 12,6 milliards d’euros ! Le PDG, dont la fortune s’élève à 190 milliards de dollars, en a profité pour dénoncer l’augmentation prévue dans le budget 2025 des impôts des grandes entreprises qui font plus d’un milliard de chiffre d’affaires, une « taxation du ‘’made in France’’ qui pousse à la délocalisation » dit-il, ajoutant : « je reviens des USA [où il a assisté en bonne place à l’intronisation de Trump] et j’ai pu voir le vent d’optimisme qui régnait dans le pays. Et quand on revient en France, c’est un peu la douche froide ».

Lundi 20 janvier, quatre ans après sa tentative, le 6 janvier 2021, d’annuler les résultats de l’élection de 2020 par un coup de force, Trump a prêté serment en tant que 47ème président des États-Unis s’engageant à « préserver, protéger et défendre la Constitution des États-Unis ». Son premier geste a été d’amnistier 1500 émeutiers condamnés pour leur participation à l’assaut du Capitole. « C’est pour le 6 janvier, pour les otages, environ 1500 personnes qui seront complètement graciées », a-t-il précisé.

La classe dirigeante américaine se prosterne au pied de sa nouvelle idole, criminel et escroc, cupide, raciste et sexiste, symbole de sa faillite politique et morale alors que Biden, Kamala Harris, les Démocrates se félicitent de cette passation pacifique des pouvoirs preuve de la vitalité de ladite démocratie américaine, promettent « l’unité » et la « collaboration » avec le nouveau régime. Ils applaudissent au couronnement de leur propre débâcle.

Dans le cadre du congrès du NPA-R qui se tient le week-end prochain, notre courant, celles et ceux qui partagent les idées que nous défendons se sont constitué·es en plateforme pour proposer de tourner la page des deux ans qui nous séparent de la scission/exclusion voulue par Besancenot et Poutou, la section française de la IVème Internationale, qui ont aujourd’hui rejoint le NFP. Il s’agit pour nous de définir une orientation unitaire et démocratique dans l’objectif de contribuer à la construction d’un pôle démocratique des révolutionnaires, étape vers un parti révolutionnaire, instrument de l’émancipation des travailleurs par eux-mêmes. Comment faire du NPA-R l’instrument d’une politique de rassemblement des anticapitalistes et révolutionnaires ?

En 2024, les groupes capitalistes du CAC40 ont distribué près de 100 milliards d’euros à leurs actionnaires sous forme de dividendes -72, 8 milliards- et de rachats d’actions. Le total de leurs profits sur 4 ans, depuis 2020, s’élève à 486 milliards, résultat de l’augmentation de leurs marges grâce à la hausse des prix, de la compression des salaires et des subventions de toutes sortes de l’État au patronat, 800 milliards sur ces mêmes 4 années. Des chiffres qui résument le colossal transfert de richesses qui s’est opéré entre la population travailleuse et les grandes fortunes, à l’origine de l’augmentation de la pauvreté, de la misère et du délabrement de la société qui se voient au grand jour, le nombre croissant de sans-abri et de morts « de froid », des files d’attente aux distributions alimentaires, la réapparition du scorbut, les hôpitaux en urgence absolue -des malades meurent sur des brancards- sans compter les difficultés quotidiennes de toutes celles et ceux qui jonglent avec des fins de mois impossibles à boucler sans même pouvoir assurer les dépenses indispensables.

La crise sociale et politique hexagonale, réfraction des effets sociaux et politiques de l’évolution du capitalisme mondialisé, oblige à remettre sur l’établi les conceptions qui ont façonné le mouvement révolutionnaire depuis l’effondrement de l’URSS et des partis staliniens, trois décennies d’occasions manquées tant par Lutte ouvrière que la Ligue communiste révolutionnaire et le NPA. La scission de ce dernier, combinée à la dérive sectaire de LO, est l’aboutissement de cette période d’échecs qui mériterait un bilan critique pour travailler à nous donner les moyens de répondre aux besoins de la période actuelle alors que la crise globale du capitalisme connaît une brutale accélération. L’intronisation de Trump-Musk à la Maison blanche par toute la classe dirigeante américaine ce lundi en est le symbole.

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