Parler de faillite du capitalisme peut sembler hors de propos alors que les Bourses n’ont jamais connu une telle période de croissance rapide et continue depuis l’effondrement brutal de mars-avril 2020, au début des mesures contre la pandémie. Le paradoxe n’est qu’apparent. L’exubérance est d’autant plus folle sur les marchés financiers, en particulier les Bourses d’actions, qu’elles offrent aux grandes institutions financières, par le trading frénétique qu’elles pratiquent, des rendements pour leurs capitaux impossibles à obtenir dans les investissements productifs dans une économie en panne de croissance. C’est pourquoi Wall-Street, Euronext et cie ont depuis longtemps rattrapé leurs pertes et atteignent des records, tout comme le CAC40 et les autres indices boursiers. Les introductions en Bourse de nouvelles entreprises se multiplient, à la recherche de capitaux frais sur des marchés financiers qui en regorgent, alimentés par les centaines de milliards gratuits déversés tous les mois par les banques centrales.

Près de cinq mois après son arrivée au pouvoir, Biden est venu, cette semaine, faire la tournée des popotes en Europe. « Mon voyage en Europe est l'occasion pour l'Amérique de mobiliser les démocraties du monde entier »Les paroles ont changé mais la musique reste la même autour d’une préoccupation : répondre au discrédit des grandes puissances, dont la première d’entre elles après 4 années de Trump, discrédit du capitalisme lui-même, une préoccupation qui ne peut masquer le fond, contenir et maîtriser les rivalités exacerbées par la concurrence mondialisée au profit de la puissance dominante.

Macron a pris en pleine figure l’effet boomerang de sa politique. La gifle présidentielle assénée par un type d’extrême droite, royaliste, apparemment liseur de Mein Kampf d’Hitler, adepte aussi du site du youtubeur Papacito qui a diffusé peu avant un montage mimant l'exécution d'un militant LFI, n’est que l’effet retour, quelque peu dérisoire et ridicule, de la violence qu’entretient, à tous niveaux, la politique du pouvoir et de ses mentors capitalistes. Tout le petit monde politique a apporté son soutien à Macron et s’interroge sur « la violence et les excès qui agiteraient le débat public mettant en danger la République ». Macron a appelé à « relativiser cet incident » ajoutant : « Tout va bien. » Oui, tout va bien monsieur le marquis sauf pour des millions de personnes qui souffrent des conséquences de votre politique.

Dans le contexte de régression économique, sociale et politique, de crise écologique engendrées par la folle et absurde course au profit et à la concurrence capitaliste mondialisée, accentuée par l’incurie des classes dominantes et des États confrontés à la crise sanitaire que nous vivons depuis plus d’un an, l’élection présidentielle sera un moment politique important où vont s’écrire les rapports de forces politiques à l’issue des 5 années d’offensive contre le monde du travail menée par Macron. Cette offensive antisociale, sécuritaire et raciste, nourrit la montée des forces réactionnaires et rend possible la victoire de l’extrême-droite.

Il est indispensable qu’une voix se fasse entendre en rupture avec la cacophonie des partis institutionnels qui postulent au pouvoir pour gérer les affaires des classes possédantes, une voix indépendante de la gauche de gouvernement, une voix qui porte le mécontentement, la révolte du monde du travail et des classes populaires, une voix qui trace une perspective pour la convergence des luttes et changer le monde, maintenant.

Des tribunes de généraux brandissant la menace d’une intervention de l’armée pour rétablir l’ordre, une manifestation de policiers, soutenue par Darmanin, accusant la justice de laxisme, une campagne du gouvernement contre « les islamo-gauchistes » alors que, de la loi sécurité globale à la loi sur le séparatisme, il multiplie les attaques liberticides dans un climat de surenchères réactionnaires avec l’extrême droite... , le climat politique de plus en plus nauséabond pèse et exerce sa pression sur toute la vie sociale et politique. Alors que les sondages donnent le RN en tête dans plusieurs régions et que l’hypothèse d’une victoire de Le Pen à l’élection présidentielle n’est plus à écarter, désarroi, inquiétude gagnent une large fraction du monde du travail et suscitent bien des interrogations sur les réponses à apporter pour enrayer la logique délétère en route.

Face à ce danger réel, l’envie de réagir se manifeste à travers de multiples initiatives. Comme samedi dernier à Paris, avec la manifestation à l’issue du procès en appel des assassins d’extrême droite du jeune militant antifasciste Clément Méric, et ce même jour la manifestation à Nice « Toutes aux frontières » pour dénoncer le durcissement des politiques migratoires.

Alors que les régionales se déroulent dans une grande indifférence, le monde politicien s’agite à la perspective de la présidentielle dans la même indifférence si ce n’est une profonde inquiétude face à la menace de Le Pen et le malaise général que suscite l’offensive réactionnaire orchestrée par les partis institutionnels avec la collaboration active des médias.

Rien de bon du point de vue des classes exploitées ne pourra sortir de cette mascarade qui agite les pantins que la bourgeoisie finance pour assurer le service après-vente de sa politique contre le monde du travail. Ceci dit, toutes celles et ceux qui veulent changer le monde, défendre les droits des exploité.es, des couches populaires, ont tout intérêt à s’y inviter pour faire entendre une voix subversive, contestataire, une voix de classe, celles des travailleurs, de la lutte pour renverser ce système d’exploitation et d’oppression. L’ampleur des bouleversements en cours tant du point de vue de l’économie capitaliste, des politiques de l’oligarchie financière et des États qui la servent que de l’évolution des consciences de celles et ceux qui en sont les victimes, la décomposition de la gauche tant syndicale que politique incapable de rompre avec le système et ses institutions alors que s’annoncent de profonds mouvements de révolte rendent l’intervention des révolutionnaires sur le terrain électoral indispensable.

La campagne des régionales commence officiellement ce lundi. Prélude à la bataille de la présidentielle, elle se déroule dans un contexte d’offensive réactionnaire contre le monde du travail, de surenchères et de délitement des partis institutionnels. La décomposition politique s’accélère. Une majorité de ce qu’il reste de la gauche institutionnelle a été jusqu’à se mettre au garde-à-vous devant Darmanin et ses préfets aux côtés des Le Pen, Bertrand, Zemmour et autres Bigard… pour chanter les louanges de la police « républicaine » et de « l’Etat français ». Comme si celui-ci n’était pas au service des classes dominantes, de la finance, des milliardaires « français » face aux exigences sociales et démocratiques des travailleur.ses, de la jeunesse. Outre les « bavures » à coups de grenades lacrymogènes ou tirs de LBD dans les quartiers populaires, contre les gilets jaunes et celles et ceux qui contestent leur société, cette police a récemment été envoyée gazer et tenter de disperser, à Paris, celles et ceux qui étaient venus dire leur solidarité avec le peuple palestinien. Il y a quelques jours, devant le site de pôle emploi, un policier jetait au sol la députée LFI Bénédicte Taurine venue soutenir les agriculteurs manifestant à l’appel de la Confédération paysanne. Si cette agression, filmée, a été condamnée par une partie du monde politique, c’est essentiellement pour l’outrage fait à la fonction. Le vice-président LREM de l’Assemblée nationale s’est même senti obligé de témoigner de sa « solidarité républicaine » : « la violence employée à l'endroit d'une élue de la Nation, arborant son écharpe tricolore, est inqualifiable et inadmissible ». La répression des manifestants, elle, est dans l’ordre des choses.

Aux élections municipales, régionales et pour la nouvelle Convention constitutionnelle (Constituante) des 15 et 16 mai, la droite arrogante et haïe a été laminée. Iracir Hassler, jeune communiste à la tête d’une coalition de gauche, a ravi la mairie de Santiago à Felipe Alessandri, représentant d’une famille de droite extrême historique. Les résultats de la droite présidentielle (39 élus sur 155) ne lui permettent même pas d’opposer son droit de veto à l’élaboration de la nouvelle Constitution que le mouvement de 2019 a imposée dans la rue.

Et principale surprise, 58 « indépendants » dont 25 proches des anticapitalistes, porte-paroles des mouvements de femmes, de jeunes, d’indigènes, d’écologistes, contre la répression policière de ces dernières années, ont aussi été élus à la Convention, telle une figure du mouvement social d’il y a deux ans, « Tante Pikachu », femme du peuple de toutes les manifestations. Ils ont donné un camouflet à la droite du Président Piñera, milliardaire à la fortune estimée à 2,9 milliards, alliée à l’extrême droite, avec tous les moyens et médias possibles face à des candidats dépourvus de tout cela.

« L’armée peut-elle sauver la France ? », telle était la une du torchon d’extrême-droite Valeurs actuelles publiant la deuxième tribune de militaires, cette fois d’active, dans la foulée de l’appel des généraux en retraite du 21 avril 2021, date qui faisait référence au 21 avril 1961, lorsqu’un « quarteron de généraux » perpétrait un putsch militaire à Alger contre De Gaulle pour défendre l’Algérie française. Tout un programme que reprend à son compte la deuxième tribune adressée « aux ministres, parlementaires, officiers généraux » accusés de « lâcheté, fourberie, perversion ». Il y est écrit : « La guerre civile couve en France. Si elle éclate, l’armée maintiendra l’ordre, parce qu’on le lui demandera ». Ces officiers se déclarent disponibles pour la répression contre les classes populaires clairement désignées : « Nous avons connu l’opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. »

La révolte de la jeunesse et de la population palestiniennes, partie d’un quartier de Jérusalem-est, s’est étendue en une quinzaine de jours à tous les secteurs de la population palestinienne malgré la violence de la répression, le morcellement de son territoire et la diversité de ses statuts qui lui a été imposée par plus de 70 ans de colonisation. Des millions de manifestants à travers le monde ont crié leur solidarité avec les Palestiniens et dénoncé les bombardements meurtriers de l’armée israélienne sur Gaza. Vendredi, après 12 jours de ce déluge de bombes qui a fait plus de 230 morts et près de 2000 blessés dans la population gazaouïe, Israël a dû concéder un cessez-le-feu.

Un soulèvement général contre l’oppression coloniale sioniste

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