La pandémie à laquelle la planète est confrontée joue le rôle de révélateur à plus d’un titre. Elle met à nu non seulement les rapports sociaux à travers le drame sanitaire que provoque la faillite du capitalisme, elle met aussi à rude épreuve les idées et la façon dont les hommes vivent, comprennent, perçoivent la catastrophe à laquelle l’humanité est confrontée. Le mouvement ouvrier, désemparé, n’échappe pas à cette confrontation des idées avec les faits, les révolutionnaires non plus.

La pandémie oblige, même les esprits les plus conservateurs, à adopter un regard nouveau pour prendre la mesure des bouleversements en cours et des possibles processus révolutionnaires qui s’ouvrent dans le monde dans la continuité des révoltes qui ont suivi la crise des subprimes puis celles de 2019, mais à un tout autre niveau.

La première et principale démonstration de la crise que connaît aujourd’hui la planète est bien que la société capitaliste est engagée dans une nouvelle phase de son histoire, de son développement, celle d’un capitalisme financier mondialisé aujourd’hui entraîné par ses propres contradictions et les maux qu’elles engendrent vers la faillite. Cette époque n’est plus celle du stade impérialiste décrit par Lénine au siècle dernier mais bien une nouvelle phase de développement du capitalisme qu’il nous faut comprendre pour en dégager les potentialités révolutionnaires et mettre en place une stratégie répondant aux besoins et à ces possibilités. Pour reprendre la formule de François Chesnais, le capitalisme a atteint ses limites historiques tant dans ses capacités à exploiter le travail humain que la nature. Cela se manifeste sous une forme inattendue mais dont on commence à voir les effets dévastateurs.

Mercredi soir, le 25 mars, Macron avait choisi de délivrer un nouveau message solennel depuis l’hôpital de campagne de Mulhouse mis en service la veille. Un décor militaire pour un discours martial appelant à « être unis », « à faire bloc » et... à rejeter toute critique ou contestation. « Lorsqu'on engage une guerre, on s'y engage tout entier, on s'y mobilise dans l'unité a-t-il asséné. Je vois dans notre pays les facteurs de division, les doutes, toutes celles et ceux qui voudraient aujourd'hui fracturer le pays alors que nous ne devons avoir qu'une obsession : être unis pour combattre le virus. J’en appelle à cette unité, à cet engagement : être unis. »

Et de chercher à bluffer l’opinion par l’annonce du déploiement de moyens militaires de santé -fortement diminués eux aussi depuis des années- à travers une opération cyniquement baptisée « Résilience » comme si la population devait, grâce à lui, sortir plus forte de la catastrophe sanitaire et économique en cours. Il n’a pas hésité non plus à se prévaloir du dévouement et de l’abnégation des personnels de santé comme des salarié-e-s qui font fonctionner les services indispensables à la collectivité dans des conditions scandaleuses d’insécurité. Ce n’est pourtant pas grâce à lui, mais bien parce que les travailleurs ont une conscience de l’intérêt général que n’ont ni Macron et ses ministres ni ses commanditaires du CAC40.

La pandémie de Covid-19 continue de prendre de l’ampleur à travers le monde avec des chiffres effrayants et certainement minorés (plus de 650 000 personnes contaminées et de 30 000 morts) qui augmentent de plus en plus rapidement entraînant le confinement pour près de la moitié de l’humanité. Un confinement imposé, comme en Inde et ses 1,3 milliards d’habitants, par une répression policière et une violence insupportable qui frappent d’abord les populations les plus pauvres.

La pandémie a aussi brutalement accéléré le krach financier et la récession économique annoncés.

« Nous sommes en guerre » a martelé Macron lundi 16 mars, annonçant le confinement de la population sans même en prononcer le mot mais multipliant, de même que son gouvernement, la rhétorique guerrière et autoritaire, annonçant le déploiement de 100 000 gendarmes et militaires dans les rues pour faire respecter l’isolement.

Dans la foulée, les appels à l’union nationale se multipliaient. « Le temps n’est plus celui de la polémique » expliquait Mélenchon. Jeudi, l’ensemble des députés, LFI et PCF compris, adoptaient à l’unanimité une loi des finances rectificative incluant un plan d’aide au patronat de 45 milliards d’euros (les sénateurs PCF se sont abstenus le lendemain). Le Maire et Darmanin n’ont pas manqué de saluer un tel « esprit de concorde » ! Vendredi, ce sont les 5 confédérations syndicales qui signaient avec les représentants patronaux une déclaration assurant de leur attachement au « dialogue social », immédiatement contestée par nombre de structures au sein de la CGT. Pendant ce temps, le gouvernement annonçait des mesures d’exception contre les travailleurs, « dérogations au droit du travail » remettant en cause les amplitudes horaires et les 35h, le droit à repos et à congé… Des mesures regroupées dans la loi d’ « état d’urgence sanitaire » adoptée par le Parlement dans la nuit de samedi à dimanche. Les députés LFI et PCF se sont sentis obligés, heureusement, de voter contre. Le PS lui s'est abstenu, à l'exception de trois députés qui ont aussi voté contre.

Depuis une semaine, gouvernement et patrons se partagent les rôles, jusqu’à l’écœurement. Sibeth Ndiaye, assurant avec le même aplomb l’inverse de la veille, Castaner faisant claquer ses talonnettes de premier flic de France, Philippe accusant la population de ne pas respecter les « règles »… tandis que Pénicaud, Le Maire, Darmanin… ou Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, exhortent les prétendus « héros quotidiens de l’entreprise » à « impérativement continuer à produire » pour « la continuité de la Nation » et… des profits ! Des discours insupportables de cynisme alors que Buzyn, révélait en début de semaine qu’elle-même et le gouvernement étaient parfaitement au courant depuis janvier du « tsunami » à venir.

Loin de minimiser ou de relativiser la crise sanitaire du coronavirus à laquelle le monde est confronté et dont l’Europe est devenue, selon l’OMS, l’épicentre, il nous faut bien au contraire en prendre toute la mesure, y compris dans la durée, dans toutes ses dimensions et implications. Il ne s’agit pas d’une simple crise sanitaire, aussi sérieuse soit-elle, mais bien d’une crise économique, sociale globale qui aggrave la crise sanitaire et met la population en danger.

L’intervention télévisée de Macron jeudi soir, se prévalant de la science pour nous faire la morale, était d’autant plus insupportable d’hypocrisie, dans ses éloges répétés du personnel soignant des hôpitaux, qu’il le traite depuis des mois avec le plus grand mépris et qu’il n’a pas fait le moindre geste concret à son égard. Insupportable aussi, sa défense des services publics que, dans la continuité de tous les gouvernements de droite et de gauche, il a contribué à démanteler, ou cette façon d’appeler à la responsabilité de chacun, tout en s’adressant avec condescendance à la population pour appeler à l’union nationale au moment où l’État et l’Union européenne se préparent à débloquer des milliards pour sauver les capitalistes du krach dont ils portent, seuls, la responsabilité. L’imposteur déploie des talents sans limites...

Et si les mesures prises semblent s’imposer, dont la fermeture des crèches, des écoles, collèges, lycées et facultés, elles sont loin de répondre aux besoins de la population sur laquelle en repose tout le poids. La généralisation des mesures de confinement, combinée aux couplets culpabilisateurs, pour tenter de freiner l’épidémie sera inévitablement d’une efficacité très relative en l’absence de moyens financiers pour le service de santé publique, aujourd’hui délabré à cause des politiques mises en œuvre par le pouvoir et, plus globalement, de l’irresponsabilité d’une société incapable de répondre à l’intérêt collectif.

La propagande officielle, médiatique, fait du coronavirus un drame terrible, responsable du krach boursier, de la crise pétrolière, des menaces de faillites bancaires, responsable de plonger la finance et l’économie dans le chaos pour mieux exonérer les classes dirigeantes et le pouvoir qui les sert.

Il ne s’agit ni de nier l’importance de l’épidémie en cours ni de se livrer à une paranoïa complotiste, mais de prendre au sérieux le moment de crise que connaît la planète, d’essayer d’en comprendre les ressorts, les mécanismes pour formuler des réponses à cette catastrophe annoncée dans laquelle le capitalisme plonge la société. Le virus n’est que le déclencheur de cette catastrophe que les chaînes d’infos mettent en spectacle en contribuant, à leur niveau, à semer la confusion, à subjuguer les cerveaux avec leur chronique mortifère. Un révélateur et un accusateur.

Le succès partout dans le pays des initiatives et manifestations pour le 8 mars, la journée internationale de lutte des femmes, ainsi que les manifestations qui ont eu lieu pour dénoncer le mauvais coup du 49-3 ou celles de la journée du 5 dans les universités attestent de la vitalité de la contestation et cela malgré le climat plombé par l’épidémie du coronavirus. Macron tente de masquer sa déroute sur les retraites en posant au chef de guerre contre l’épidémie lui qui est un des responsables du délabrement des hôpitaux. Une fois encore, il étale son imposture comme quand il envoie sa police contre des manifestantes en lutte pour l’égalité dont il prétendait faire un des combats de son quinquennat !

Il est clair que le recours au 49-3 du gouvernement ne fait qu’accentuer son discrédit et la débandade annoncée de LREM. Il est confronté à de telles difficultés politiques que nul ne sait quel sera exactement l’avenir de sa majorité après les municipales, s’il aura encore une majorité au Parlement, ni l’avenir de sa réforme alors que la conférence de financement vire au fiasco.

Pour la contestation, la mobilisation, l’enjeu est de se donner les moyens d’exister politiquement en toute indépendance des partis institutionnels qui défendent leurs propres intérêts pour accéder aux affaires dans le cadre du système et ont tous, déjà, le regard fixé sur 2022 ! La lutte sociale, la lutte pour les droits des travailleurs et un monde meilleur sont une seule et même lutte politique que ses acteurs mêmes doivent prendre en main sans craindre d’utiliser toutes les armes dont les élections municipales.

Le petit monde des partis institutionnels voudrait nous convaincre que ces élections sont purement locales, comme s’il était possible de changer quoi que ce soit en agissant au niveau des seules mairies qui sont asphyxiées financièrement par l’État.

Non, l’enjeu de ce scrutin n’est pas local, il est politique et national. Il doit permettre l’expression du rejet de la réforme contre les retraites, de la colère du monde du travail, des aspirations, de la volonté de changer le monde qui se sont exprimées à travers le mouvement des gilets jaunes et s’expriment aujourd’hui de façon plus large à travers la mobilisation de ces derniers mois.

Toute honte bue, fidèle à lui même, Macron qui avait convoqué un conseil des ministres samedi après-midi au sujet de l’épidémie de coronavirus, a profité de l’occasion pour faire son mauvais coup en demandant au Premier ministre d’annoncer le recours au 49-3 pour imposer sa réforme rejetée par tout le pays. Il espère ainsi profiter de l’inquiétude et des craintes suscitées par l’épidémie pour imposer sa politique et empêcher toute réaction à son mauvais coup. Un geste révélateur et minable bien à l’image du personnage qui ne fera qu’accélérer la crise politique dans laquelle la macronie est embarquée.

Déjà, lors de sa visite à la Pitié-Salpêtrière où il était venu s’imposer aux hospitaliers qui depuis des mois luttent contre le manque de moyens de l’hôpital public au bord de la rupture, il n’avait pu échapper à la contestation. « On est au bout, on est vraiment au bout », lui avait lancé un médecin fustigeant ses discours mielleux et ses promesses hypocrites. Le seul dévouement du personnel ne pourra permettre aux hôpitaux, débordés face au cours ordinaire de la vie, de tenir le choc confrontés à une épidémie. Et si le Premier ministre avait pu croire réaliser l’union nationale face à la menace épidémiologique, en recevant l’ensemble des partis de Marine Le Pen à Jean Luc Mélenchon, sa manœuvre se retourne contre lui.

Le pouvoir, dans sa précipitation, montre son vrai visage haineux et pris de panique alors que le coronavirus révèle les méfaits d’une politique qui sacrifie les services publics, les retraites, les intérêts du plus grand nombre au profit d’une minorité, plus globalement l’incurie de la société capitaliste, les méfaits de la concurrence et de la course au profit.

Lundi 17 février a débuté à l’Assemblée nationale l’examen du texte de la réforme contre les retraites, un projet de loi à trous -dont les modalités de détermination de la valeur du point- que le gouvernement prévoit de boucher par 29 ordonnances. Un débat parlementaire complètement faussé, une farce où tout est dans le flou. « Chaque semaine, on découvre de nouveaux problèmes » dixit lui-même le patron du Medef, Roux de Bézieux. Il craint que la désinvolture et le mépris affichés par le gouvernement n’exacerbent le mécontentement et contribuent à étendre la contestation y compris dans le privé.

Il a raison, l’attitude du gouvernement, son improvisation, son agressivité hautaine à l’égard du monde du travail nourrit en profondeur le mécontentement, la colère dont rien ne dit qu’elle ne peut déboucher sur une explosion sociale malgré la politique de la gauche sociale et politique enfermée dans le dialogue social et les manœuvres parlementaires.

Loin de chercher à calmer le jeu le gouvernement attise les tensions, pratique la fuite en avant tout disposé à utiliser le 49-3 pour mettre un terme au débat parlementaire et faire adopter son projet sans vote.

Il espère pouvoir retourner en sa faveur la politique d’obstruction du PC et de LFI et leurs 40 000 amendements pour justifier son coup de force. C’est ce vers quoi semble s’engager Macron alors qu’il n’est même plus réellement maître de sa propre majorité qui subit de plein fouet la vague du mécontentement.

Il compte faire taire le Parlement, mettre sa propre majorité au pas et étouffer l’opposition. Et dans le même temps, il mène sa propre campagne de diversion au-dessus de son propre parti, qui a d’ores et déjà perdu les municipales, pour se mettre dans la peau de Le Pen en partant en guerre contre le « séparatisme islamiste », ce nouveau fléau fantasmé dont la fonction est de flatter le racisme, les préjugés xénophobes et nationalistes. Ce sont de tels propos qui arment les assassins d’extrême-droite comme en Allemagne.

Son mépris du monde du travail, de la population, du Parlement associé à son zèle lepéniste l’isole et l’affaiblit encore plus, exacerbe les tensions et crée une situation politique qui, malgré les tergiversations des directions syndicales et le recul de la mobilisation, pourrait bien déboucher sur une capitulation après les municipales.

Macron a beau essayer de prendre de la hauteur en allant parler écologie sur la Mer de glace, sa cote de popularité est en baisse et c’est bien pire encore pour les têtes de listes municipales de LREM. La macronie prend l’eau de toutes parts, un véritable naufrage annoncé à la veille du débat parlementaire. Les frasques sexuelles de l’ambitieux Griveaux, victime d’un coup bas fort peu artistique, de sa propre bêtise et… d’un député LREM, ajoutent le ridicule à la déconsidération. Les politiciens unanimes s’indignent, « ignominie » disent-ils, au nom du respect de la vie privée, eux dont la politique piétine celle de millions de femmes et d’hommes. Et Buzyn désignée tête de liste saisit l’occasion de démissionner du gouvernement...

La réforme contre les retraites hier encensée dans les médias y est maintenant critiquée sans retenue. La CFDT de Berger et l’UNSA, ses fervents partisans, se sentent encore obligés de refuser un accord à la conférence de financement. Le mouvement marque des points face à des ministres incapables de s’expliquer et qui baignent dans la confusion.

Leurs mensonges les rattrapent. Il ne leur est plus possible de prétendre qu’ils veulent la justice et l’égalité alors qu’il devient évident pour tout le monde qu’ils veulent baisser les pensions et faire travailler plus longtemps, que leur réforme s’inscrit dans l’offensive globale contre le monde du travail menée par Macron et ses prédécesseurs pour le compte de leurs commanditaires, le CAC40.

Macron essaie de donner le change en entonnant la chanson d’un acte II du quinquennat écologiste et « régalien » contre le « communautarisme » rebaptisé « séparatisme ». Il brandit la menace démagogique du sécuritaire, l’épouvantail de « l’immigration », pour tenter de faire diversion et de diviser les travailleurs entre eux. Il travaille ainsi pour Le Pen qui espère capitaliser les fruits de cette campagne pourrie.

Les travailleurs peuvent mettre en échec ce scénario dont les seuls gagnants seraient les financiers et ceux qui les servent. « On ira jusqu’au retrait » est bien plus qu’un slogan, une perspective crédible, une possibilité face à un pouvoir non seulement isolé mais discrédité aux yeux de l’opinion, du patronat aussi comme à ses propres yeux, divisé, et dont le seul ciment est celui d’ambitions rivales.

Le mouvement pour le retrait du projet de réforme contre les retraites de Macron est entré dans une nouvelle phase après la fin de la grève reconductible à la RATP et la SNCF. Engagé dès avant le 5 décembre 2019 par les traminots, porté à travers tout le pays par les cheminots, dépassant le corporatisme de la défense des seuls régimes spéciaux pour militer dans le sens de l’extension, le mouvement a permis la convergence de toutes les colères et révoltes, celles des travailleurs des raffineries, des ports, des secteurs du privé, des hôpitaux, de la culture, les pompiers, les égoutiers, les enseignants, puis désormais la jeunesse étudiante et des lycées… La participation, inattendue, de catégories telles que les avocats ou les artistes de l’Opéra de Paris comme celle de nombreux gilets jaunes ont contribué à lui donner sa dimension de contestation globale d’une politique au service du CAC40 qui tire en arrière toute la société.

La grève comme instrument de la lutte sociale et politique a repris ses droits donnant une continuité aux gilets jaunes sur le terrain direct de la lutte de classe.

Même s’il n’a pu, jusque-là, imposer le retrait de la réforme, le mouvement représente d’ores et déjà un pas en avant considérable en donnant aux grévistes l’initiative politique pour mettre en accusation le gouvernement, rassembler contre lui et sa réforme la grande majorité de la population, isoler Macron, l’affaiblir. Il a imposé des concessions, certes minimes et, surtout, il représente un acquis au sens où il a été l’occasion pour des milliers de travailleur.e.s, de jeunes, à travers le pays, d’animer la lutte par la grève, la solidarité, les actions, l’agitation et la propagande, de devenir les acteurs de leur propre lutte. Cet acquis est un point d’appui pour préparer la prochaine étape alors que commence le débat parlementaire et que se réunit l’aréopage de la commission de financement. De nouvelles actions sont prévues, les éboueurs sont en grève, les hôpitaux le seront le 14 février, L’UNSA RATP appelle à une journée noire le 17 février avec FO et Solidaire, l’Intersyndicale à une journée nationale le 20, la coordination des universités et des laboratoires en lutte appelle à la grève dans les universités le 5 mars, une manifestation nationale est en gestation, autant d’occasions de faire des forces pour reprendre l’offensive.

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