Au moment où Netanyahou annonce l’agression ultime contre Gaza pour l’occuper entièrement et éliminer les Gazaouis avec l’aval des USA, les deux forces armées qui s’affrontent au Soudan depuis plus de deux ans semblent suivre la même logique, imposer leur pouvoir par la guerre sans limite, avec l’assentiment et la complicité des grandes puissances et des puissances régionales.

Les ressemblances avec le génocide de Gaza dépassent les bombardements, la famine et les destructions. La guerre au Soudan n’est pas, elle non plus, un conflit aux seules causes locales. Elle s’inscrit dans la désorganisation globale du capitalisme qui ouvre la voie aux folies guerrières pour exploiter et soumettre les peuples, la réponse des classes dominantes à la sénilité de leur système.

La prestation de Bayrou devant la commission parlementaire d’enquête sur les violences en milieu scolaire a tourné à la déroute, une série de mensonges ou le déni. Enlisé dans le marais parlementaire Bayrou s’est encore plus enfoncé dans son propre naufrage avec toute l’assurance et l’arrogance, la malhonnêteté et l’indifférence aux victimes qui sied à un ministre de Macron qui, en pleine campagne présidentielle de 2002, avait administré une gifle à un enfant lors d’un déplacement.

Le délitement de Bayrou confronté à lui-même est venu compléter le tableau d’un pouvoir en déliquescence que Macron a, malgré lui, mis en scène pendant trois heures sur TFI mardi soir, avec la même arrogance et la même impuissance, un aveu en prime time.  Dupe de lui-même et de son rôle sur la scène internationale de va-t-en-guerre pacifiste, Macron a tenté de reprendre la main, entouré de faire-valoir dont Sophie Binet toute empressée de tenir son rôle, pour écrire une histoire hors sol, en confondant son baratin avec la réalité, son arrogance avec sa force, son mépris avec son autorité pour poursuivre une politique dictée et écrite par avance par le patronat et les banques ainsi que par l’Otan et les USA.

« Le monde reprend son souffle », écrivait lundi dernier l’éditorialiste des Echos alors que les Etats-Unis et la Chine venaient de conclure une trêve de 90 jours à partir du 14 mai dans la guerre commerciale entre les deux pays déclenchée par Trump. Les Etats-Unis se sont engagés à ramener leurs droits de douane sur les importations chinoises de 145 % à 30 %, la Chine de 125% à 10% sur les importations américaines.

Cette reculade de Trump a réjoui les marchés financiers, repartis à la hausse, mais elle ne change en rien sa feuille de route. Les Etats-Unis n’ont pas changé de politique, simplement ont-ils dû s’incliner devant la réalité de leurs liens d’interdépendance économique avec la Chine et les capacités de celle-ci à retourner la situation en sa faveur.

De l’annonce cynique en forme de provocation de Poutine de trois jours de trêve sur le front ukrainien, suivie du défilé militaire patriotique de Moscou avec Xi Jinping et Lula à ses côtés pour commémorer « la victoire sur l’Allemagne nazie » à celle de Trump voulant faire des 11 novembre 1914 et du 8 mai 1945 des « jours de la Victoire », le 80ème anniversaire du 8 mai 1945 a été une nouvelle manifestation de l’instrumentalisation de l’histoire pour les besoins des propagandes nationalistes et bellicistes des grandes puissances.

L’horreur des crimes nazis, de l’extermination de 6 millions de Juifs, est ainsi instrumentalisée, perversion de l’histoire, par le gouvernement Netanyahou et ses alliés occidentaux justifiant la guerre génocidaire qu’ils mènent contre la population palestinienne au nom du « droit de se défendre ». Toute dénonciation des crimes d’Israël est accusée d’antisémitisme alors que le ministre israélien d’extrême droite Smotrich déclare que Gaza sera complètement détruite et que sa population, après avoir été bombardée sans relâche, réduite à la famine et parquée dans un camp de concentration, sera déportée « dans des pays tiers ».

Vendredi 25 avril au matin, Aboubakar Cissé, un jeune Malien de 22 ans, venu faire sa prière à la mosquée Khadidja à La Grand-Combe dans le Gard, a été lâchement assassiné d’une quarantaine de coups de couteau. Son meurtrier le filme au sol, l’insulte et profère des propos islamophobes : « Ton Allah de merde, ton Allah de merde. »  Après avoir fui en Italie, il s’est rendu à la police trois jours après son crime.

Quel que soit l’état psychiatrique du meurtrier qui aurait dit vouloir « devenir un tueur en série », il s’agit bien d’un crime raciste, islamophobe, haineux, un acte terroriste barbare. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) ne s’est pas saisi de l’affaire, ce que demandaient les avocat·es de la famille d’Aboubakar Cissé. Les faits de meurtre en raison de la race ou de la religion aggravé par la préméditation ont été retenus pour son inculpation. Un choix qui s’inscrit dans la volonté du pouvoir et de Retailleau de minimiser le drame et sa signification, un drame dont ils portent la responsabilité politique et morale.

Alors que les directions syndicales apparaissent plus intégrées que jamais, ce 1er mai a été l’occasion, pour tout un milieu militant de jeunes, de travailleur·es issu·es de collectifs de lutte divers, de se retrouver dans des cortèges bien souvent mélangés, par-delà les appareils syndicaux.

Une révolte qui s’exprime face aux licenciements au profit des actionnaires comme à ArcelorMittal, face à la régression sociale en route, face à la politique militariste de Macron-Bayrou et leur démagogie xénophobe et raciste. Face aussi à la répression qui frappe les militants syndicaux ou les groupes comme Urgence Palestine ou la Jeune Garde pour lesquels Retailleau a engagé des procédures de dissolution. Au cœur des manifs joyeuses et dynamiques circulait la discussion sur nos réponses pour stopper cette fuite en avant du capitalisme financiarisé, de sa guerre commerciale, sociale et militaire.

Macron, fervent défenseur devant l’Éternel de la laïcité, a décrété la mise en berne des drapeaux des bâtiments publics, samedi, en hommage à Jorge Bergoglio, le pape François. Une nouvelle démonstration de l’hypocrisie toute apostolique et romaine du personnage pour qui la défense de la laïcité est surtout un prétexte pour dénoncer l’Islam de la même façon que sa lutte contre l’antisémitisme n’est qu’une façon de se rallier au sionisme et de justifier la guerre contre le peuple palestinien tout en jouant au défenseur de son droit à un Etat. Faux semblants et hypocrisie sont pour lui un mode d’existence. Cynisme qu’il a affiché démonstrativement durant son voyage dans l’Océan Indien, à Mayotte dévastée et abandonnée après le cyclone Chido en décembre pour y faire de... nouvelles promesses avant de se déplacer à La Réunion autre vestige de l’empire colonial de la France où l’épidémie de Chikungunya révèle le délabrement du système de santé submergé, puis à Madagascar, ex-colonie...

Alors que sur les places boursières les valeurs de l’armement sont à la hausse et ont absorbé ces derniers mois d’importantes quantités de capital, une partie croissante de celui-ci s’investit dans le capital-risque en plein essor : un type d’investissement spéculatif non côté en bourse (« private equity »). L’essor du capital-risque dans le secteur de la défense, conséquence d’une accélération du tournant militariste du capitalisme, s’accompagne de la fusion croissante entre les grands fonds financiers, les géants de la high-tech et les États qui illustre la fuite en avant du système vers une économie de guerre permanente, où l’innovation technologique sert avant tout des intérêts militaires et stratégiques.

« La vérité permet d’agir ». C’est sous ce slogan que Bayrou, bien connu pour son sens de la vérité et du ridicule, a tenu mardi 15 sa « conférence sur les finances publiques ». Il s’agissait de lancer les travaux de préparation du budget 2026 et d’« alerter les Français sur la situation budgétaire critique du pays ».

En réalité, « l’alerte » portait surtout sur la facture que le gouvernement entend faire payer aux travailleur.es et aux  classes populaires pour prétendument mettre un coup d’arrêt au creusement du déficit et à l’envolée de la dette publique : 40 à 50 milliards de réduction des dépenses pour 2026, 110 au total jusqu’en 2029.

Selon la Cour des comptes, le montant de la dette devrait atteindre 116 % du PIB en 2025, 118 % en 2027 avec comme conséquence l’explosion de la masse d’intérêts payés tous les ans. Le déficit public, lui, s’élevait à 6 % du PIB en 2024. Il devrait s’établir à 5,4 % cette année avec le tour de vis de plus 50 milliards du budget 2025… Purge à laquelle la ministre des comptes publics, de Montchalin, vient d’ajouter une réduction immédiate de 5 milliards supplémentaires.

Bien des esprits éclairés, commentateurs ou politiciens, tout en étant alarmistes cherchent à se rassurer ou à rassurer l’opinion, relativisant le sens et la portée de la guerre commerciale qui ébranle le capitalisme mondial. Ainsi, l’éditorial du Figaro du 14/04 écrivait : « La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump donne à voir un spectacle fascinant : une crise économique et financière mondiale créée de toutes pièces. »  Comme si la crise financière n’était pas le produit de la suraccumulation de capital fictif, spéculatif qui ne trouve pas dans une économie en berne suffisamment de profits pour nourrir ses appétits sans limite. Par la magie du verbe, le grotesque dictateur que les mêmes qualifient d’inculte devient le démiurge qui plonge le monde dans les ténèbres laissant croire ou espérer qu’un autre horizon serait possible ou du moins que l’Europe pourrait le contrer… Il en va de même en ce qui concerne la guerre. Les mêmes qui se font les champions du réarmement et prônent, à la manière de Trump, la réindustrialisation par la relocalisation et le réarmement, inventent le récit d’une guerre d’Ukraine qui ne serait due qu’à Poutine et d’une guerre d’Israël dont le Hamas serait le seul coupable accusant avec une grande retenue Netanyahou d’excès dans la fureur guerrière tout en soutenant le sionisme, en s’y soumettant.

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