Faire vivre les idées portées par le mouvement pour que convergent les ras-le-bol
Quel que soit l’acharnement des médias à vouloir enterrer, effacer le mouvement contre la loi travail jeudi, le mécontentement, la colère étaient bien présents dans la rue. Les manifestations ont permis de regrouper le milieu militant, les jeunes, celles et ceux qui se sont mobilisés ces derniers mois, contre la loi travail, face à la satisfaction arrogante du Medef, face à cette gauche unie à la droite pour s’attaquer aux acquis des travailleurs.
Les chiffres de manifestants (170 000 dans tout le pays d’après la CGT) sont en baisse mais restent importants. Comme en juin et juillet, le gouvernement a mis en en place un dispositif policier impressionnant, en particulier à Paris, avec une nasse de toute la manifestation, fermeture des stations de métro, blocage des accès sur tout le parcours, fouille des manifestants, avant les gazages et les arrestations ! Le 49-3 et les flics, voilà les méthodes du gouvernement pour faire passer sa politique ! Et encore une fois, ce sont les dites violences qui font la une pour tenter de discréditer les manifestations.
Tout cela sans un mot de protestation des directions syndicales contre la répression policière visant à intimider et à saper le mouvement, tout comme elles s’avèrent incapables de faire face à la pression des idées réactionnaires qui se renforce de toute part en cette rentrée.
Lutte contre le racisme et la xénophobie, lutte pour l’égalité des sexes : un même combat
Le gouvernement, la droite et l’extrême-droite sont lancés dans une surenchère sécuritaire et xénophobe, exploitant les craintes, le désarroi suscités par les attentats pour mieux diviser la population, les travailleur-se-s. Sarkozy, Fillon, Valls…, c’est à qui sera le plus décomplexé, surfant sur les psychoses, se drapant dans la « République », creusant le sillon du FN et de Le Pen. L’« affaire du burkini », son instrumentalisation, ont amplifié l’offensive xénophobe et encouragé la libération de la parole raciste contre les musulman-e-s et plus largement les immigré-e-s, en particulier originaires des pays arabes.
Le combat contre le poison mortel du racisme et de la xénophobie, armes des oppresseurs de tous pays et de toutes confessions, est central pour l’unité de notre classe. Ce combat est partie intégrante de la lutte pour l’égalité des droits, contre toutes les oppressions et stigmatisations. Il ne peut en particulier ignorer le combat féministe, pour l’égalité des sexes. Pourtant, lors de la condamnation des arrêtés anti-burkini, certain-e-s ont tu toute critique sur l’instrument d’oppression et de domination qu’est le burkini… Plus largement, certain-e-s au nom du combat antiraciste pensent nécessaire d’abdiquer, ou pour le moins de relativiser le combat pour l’égalité des sexes.
Le PC sans perspective, Débattre d’une politique communiste, démocratique et révolutionnaire
« La fête de l’Humanité se résume en un mot : fraternité » pouvait-on lire dans l’Huma le week-end dernier. C’est vrai pour des dizaines de milliers de militants et de participants qui ont fait de cette fête, une nouvelle fois, un grand rassemblement ouvrier et populaire. On peut en douter par contre pour le moribond Front de gauche qui n’avait plus de stand cette année, tant les divisions en son sein sont grandes, et pour les concurrents-postulants à la Présidentielle venus faire leur petit marché électoral : Mélenchon, Hamon, Montebourg, Duflot, et aussi Lienemann, Filoche, Delli, Jadot... qui se rêvent en candidat auquel se rallieraient les autres, et surtout auquel le PCF, seule force militante, apporterait son soutien. Comme le dit Mélenchon : « je ne suis pas candidat contre les partis »... vu qu’il a besoin d’eux.
Il faut dire que la direction du PCF leur tend bien la perche, puisqu’elle a renoncé à défendre un programme et à présenter un candidat (la décision serait officiellement prise début novembre), et qu’elle a pour unique projet « l’unité de la gauche ». Et Pierre Laurent de répéter la rengaine du sursaut « face à la radicalisation de la droite et au danger de l’extrême droite qui grandit », il faut « un pacte commun des forces alternatives à gauche », « divisés nous allons dans le mur », etc.
Face à l’hystérie réactionnaire et raciste, la défense des droits sociaux et démocratiques
A la mi-août, en Corse, une violente bagarre entre deux bandes pour l’occupation d’un petit bout de plage est transformée, suite à des rumeurs sans fondements reprises par certains médias et aux surenchères de politiciens réactionnaires, en affrontements communautaires ayant pour origine le port d’un burkini. La dramatisation de l’incident en fait, d’une affaire locale, une affaire nationale qui devient « l’affaire du burkini » après la promulgation d’une trentaine d’arrêtés municipaux interdisant ce dernier, laquelle alimente une véritable hystérie raciste contre les musulmans. Une telle interdiction est scandaleuse ainsi que la paranoïa raciste et xénophobe qui agite la plupart des politiciens.
Délire raciste ou la politique du bouc-émissaire
La rixe a eu lieu le 13 août à Sisco, plusieurs personnes des deux « camps » ont été blessées et ont dû être hospitalisées. Le lendemain se déroule à Bastia, dans le quartier populaire de Lupino dont beaucoup d’habitants sont d’origine immigrée, une manifestation d’environ 500 personnes aux cris de « On est chez nous », « Arabi fora !» (les Arabes dehors). Les rumeurs ont déjà circulé et, bien que démenties par le procureur de Bastia, sont reprises et amplifiées entre autres par la Fédération Les Républicains de Haute Corse qui dans un communiqué justifie cette manifestation raciste par des mensonges délirants et des insultes (des « femmes en burqa », des « femmes voilées », « un groupe de barbares islamiques armés jusqu’aux dents »…), terminant ainsi son communiqué : « En cette veille de Sainte Marie que nous allons célébrer dans l’harmonie, la prière et le recueillement, nous apportons notre soutien à la population de Sisco qui s’est levée pour dire non à l’intégrisme islamique. »
Mondialisation financière, libérale et impérialiste, nouvelle phase du capitalisme et perspectives révolutionnaires
Ce texte est rédigé à partir d'une contribution au débat sur « l'impérialisme aujourd'hui » au sein de la IVème Internationale (Mondialisation capitaliste, impérialismes, chaos géopolitique et leurs implications, Inprecor n° 629-630 juillet-août 2016). Il cherche à prendre en compte le caractère profondément inédit de la période à laquelle est confronté le mouvement ouvrier pour développer, en conséquence, des éléments indispensables de stratégie. Il voudrait participer d’un travail collectif pour répondre aux questions sur l’actualité de la révolution et de la construction de partis pour la transformation révolutionnaire de la société. La nouvelle phase du développement capitaliste que nous connaissons, oblige à rediscuter des voies et moyens de construire des partis ouvriers révolutionnaires dont l’expérience grecque, l'évolution de Podemos dans l’État espagnol ou l'accord signé par le Bloco avec le PS au Portugal viennent souligner la nécessité. Ce texte est une contribution à cette discussion.
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« La lutte menée face au capital par les travailleurs/travailleuses et les couches urbaines et rurales paupérisées partout dans le monde se déroule aujourd’hui dans le cadre de l’économie et la société capitaliste mondiale à un moment spécifique de son histoire, qui est aussi celle de l’humanité. La crise économique et financière – qui a commencé en juillet-août 2007, connu un premier moment paroxystique en septembre 2008 (faillite de Lehmann) et débouché sur une récession mondiale suivie d’une stagnation sans fin – est bien plus qu’une nouvelle «très grande crise». Elle marque à un degré jamais connu avant les limites historiques du capitalisme qui, faute d’avoir pu être transcendées, annoncent une nouvelle époque de barbarie. Cette dernière inclut centralement le basculement, différencié bien entendu entre pays et continents, dans les formes d’exploitation et les conditions d’existence des travailleurs et des masses paupérisées, mais aussi le changement climatique et d’autres dimensions de la crise environnementale (par exemple les pollutions chimiques) dont ils sont déjà le plus souvent les premiers à subir les conséquences. Enfin, elle est marquée par des guerres nouvelles dont les populations paupérisées sont une fois encore les premières victimes, comme au Proche et au Moyen Orient. » (http://alencontre.org/economie/economie-mondiale-une-situation-systemique-qui-est-specifique-a-la-financiarisation-comme-phase-historique.html)
François Chesnais
1) La deuxième grande mondialisation capitaliste, un siècle après la première qui avait débouché sur le développement de l’impérialisme et deux guerres mondiales, a profondément transformé le capitalisme et la planète modifiant les conditions mêmes des luttes de classes à l’échelle internationale. Nous sommes devant une nouvelle phase du développement du capitalisme.
Contre les guerres qui engendrent le terrorisme, pour les droits sociaux et démocratiques, en finir avec le capitalisme.
12 jours après la tuerie monstrueuse de Nice qui a fait 84 morts et 331 blessés le 14 juillet, une autre attaque terroriste a eu lieu à Saint-Etienne du Rouvray, près de Rouen, elle aussi revendiquée par Daesch. Deux hommes ont pénétré dans une église et égorgé un prêtre.
Dans l’intervalle, 4 attaques avaient eu lieu en Allemagne. La plus meurtrière, une fusillade qui a fait 9 morts à Munich, a été perpétrée par un jeune homme fasciné par Anders Breivik, le militant de l’extrême droite norvégienne qui, 5 ans auparavant jour pour jour, avait massacré 77 personnes dans la région d’Oslo. Deux autres, un attentat suicide qui a fait 15 blessés dans une petite ville de Bavière et une attaque à la machette dans un train qui a blessé 5 personnes, ont été revendiqués par Daesch.
En difficultés sur le plan militaire en Syrie, Daesch a étendu le champ de ses attaques terroristes. A Dacca, la capitale du Bangladesh, 28 personnes, la plupart des touristes étrangers, ont été égorgées lors d’une prise d’otages dans un hôtel début juillet. A Kaboul, en Afghanistan, le 23 juillet, un attentat suicide à la fin d’une manifestation a tué 80 personnes et en a blessé 230 autres. En Irak, les attentats terroristes sont quotidiens. Celui du 3 juillet, dans un quartier commerçant du centre de Bagdad, qui visait, selon Daesch, un rassemblement chiite, a été particulièrement meurtrier, 292 morts et 200 blessés.
A propos du livre Stratégie et parti, continuité et actualité de la question
Le texte de Daniel Bensaïd Stratégie et parti, écrit en 1986, vient d’être réédité accompagné de longues préface et postface signées d’Ugo Palheta et de Julien Salingue[1]. Quand ces derniers, tous deux membres et militants du NPA, écrivent, « Recommencer et faire du neuf suppose donc en premier lieu de se réapproprier les débats stratégiques qui ont parcouru le mouvement ouvrier depuis les années 1830, de revenir sur les séquences révolutionnaires passées (sans négliger les périodes de faible conflictualité sociale et de basse intensité politique), en somme de construire une mémoire stratégique », on ne peut que souscrire.
Cette tâche s’appuie sur une continuité d’appréciations et d’enseignements qui constituent notre capital politique, nos références en tant que courant trotskyste, nos propres racines. Il est important de construire cette continuité, de retrouver le fil rouge qui relie nos combats pour être en mesure d’écrire la suite.
A propos de l'attentat de Nice
Ce numéro de Débat révolutionnaire consacré au mouvement et à ses suites parait en ce 15 juillet comme cela était prévu alors qu’un terrible attentat a eu lieu, hier soir à Nice, faisant 84 morts et 18 blessés graves. Nous exprimons notre solidarité avec les victimes, leurs familles, leurs proches face à cette violence terroriste, aveugle, meurtrière et barbare contre la population.
Elle ne peut que semer la haine et la peur, diviser et dresser les peuples les uns contre les autres au profit des forces les plus réactionnaires et de ceux qui les dominent et les oppriment, ici comme au Moyen Orient, en Afrique ou dans le monde. Elle fournit un terreau aux préjugés nationalistes, chauvins, racistes et militaristes.
Capitaliser les acquis du mouvement pour préparer les prochaines étapes de l’affrontement
Heureux de son défilé, Hollande n’avait rien à dire, ce 14 juillet, aux salariés, aux classes populaires. L’arriviste Macron a pour lui, comme pour les journalistes, bien plus d’importance. Affichant son indifférence arrogante, il a justifié sa loi Travail qui valait bien beaucoup d’impopularité ! Que lui importe la démocratie, il est là pour servir les patrons et les banques, il entend continuer et voudrait même remettre ça pour un quinquennat.
La semaine précédente, Valls avait sans surprise sonné la fin de la farce parlementaire avec un deuxième 49-3. Pitoyable victoire… tandis que les prétendus frondeurs et alliés affichaient une nouvelle fois leur inconsistance à la recherche d’une motion de censure dont de toute évidence personne ne voulait…
La CGT entre radicalité et intérêts d'appareil, formuler une politique pour l'ensemble de la classe ouvrière
Ces derniers mois, la CGT a suscité un véritable flot d’insultes vu la place qu’elle a occupée dans la lutte contre la loi travail : « casseurs », « chienlit », jusqu’à Gattaz qui a assimilé les militants CGT à des « voyous » et des « terroristes » !
Au-delà de la haine de classe de tous ces privilégiés, s’exprime une réalité politique. De fait, après 4 mois de mouvement pour le retrait de la loi Travail, Martinez et la CGT tournent le dos à la politique de quasi-soutien à Hollande menée par la centrale depuis 2012.



