« Un spectre hante l’Europe... » - Il y a 170 ans, le Manifeste du Parti communiste
« Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme... », c’est par ces mots que s’ouvre le Manifeste du Parti communiste, rédigé par Karl Marx et Friedrich Engels à la fin de l’année 1847 et publié en février 1848, quelques jours avant l’insurrection parisienne qui débuta la révolution en France et en Europe. Il s’agissait d’une œuvre militante, le programme de la première organisation ouvrière communiste internationale de l’histoire, la Ligue des Communistes.
Comment dire mieux que Trotsky l’éloge qu’il écrivit à l’occasion des 90 ans du Manifeste. « Ce manifeste, le plus génial de tous ceux de la littérature mondiale, surprend aujourd’hui encore par sa fraîcheur. Les parties principales semblent avoir été écrites hier. Vraiment, les jeunes auteurs (Marx avait vingt-neuf ans, Engels vingt-sept) ont su regarder vers l’avenir comme personne avant eux et, peut-être bien, après ». 80 ans plus tard, ces mots sonnent juste.
Après le 22, construisons l’affrontement avec le gouvernement
Jeudi, les manifestations ont partout été très grosses. Celle des cheminots, la plupart montés à Paris, était massive, même s’ils ont aussi été nombreux dans certaines villes du fait de trains supprimés (35 % de cheminots grévistes à l’appel de Sud Rail et de l’UNSA, les autres syndicats n’appelant qu’à manifester). Hospitaliers, territoriaux, agents des finances, enseignants…, par delà les revendications spécifiques à la Fonction publique, contre les 120 000 suppressions de postes, l’attaque frontale contre les statuts, la destruction des services publics, tous manifestaient contre l’offensive brutale qui touche tous les secteurs du monde du travail, aux côtés de cortèges de boites en lutte, public et privé, étudiants et lycéens, retraités, chômeurs, tous drapeaux mélangés, contre la « casse sociale ».
Partout des équipes militantes se sont saisies de cette journée pour construire à la base, rassembler, préparer l’après. Dans un certain nombre de villes, les manifestations se sont terminées par des AG de lutte, jusqu’à 2000 personnes réunies à Bordeaux où les étudiants avaient invité à une AG « étudiants-travailleurs ».
La Chine capitaliste de l’empereur Xi Jinping, une combinaison explosive de libéralisme et d’impérialisme
L’évolution de la Chine capitaliste donne un saisissant éclairage sur l’évolution du capitalisme globalisé. Le dernier épisode en est la décision de l’Assemblée nationale populaire, le 11 mars, d’amender la Constitution afin de supprimer la limite de la fonction présidentielle à deux mandats, laissant ouverte la possibilité que Xi Jinping puisse devenir président à vie, avant que le nouvel empereur de la nouvelle dynastie capitaliste chinoise ne soit réélu président à l’unanimité. Il est une des illustrations de cette combinaison dévastatrice de libéralisme et d’autoritarisme à travers laquelle se façonne la Chine moderne, le nouvel empire du capital dans le cadre de la concurrence mondialisée.
Face à cette évolution qui s’inscrit dans le tournant que connaît la mondialisation, la discussion n’est pas tant de savoir si la Chine est devenue une puissance impérialisme ou pas que d’analyser en quoi l’émergence de la Chine participe d’une transformation globale des rapports entre puissances capitalistes. Elle est une des expressions de la fin de l’époque de l’impérialisme dont Lénine avait décrit les traits principaux dans sa période de formation jusqu’à la première guerre mondiale au début du XXéme siècle.
Celles et ceux qui avaient cru voir dans la Chine de Mao un État ouvrier ou le communisme sont tout aussi désarçonnés par sa transformation qu’ils l’étaient devant la révolution maoïste. Leur pensée dominée par des abstractions a du mal à intégrer le matérialisme militant, le marxisme, c’est-à-dire l’analyse des forces sociales, des luttes de classe hors de toute idéologie.
Nouvelle époque, actualité de la révolution, du socialisme et du communisme
Nous publions un recueil de 8 articles déjà édités séparément dans Démocratie révolutionnaire. Ils constituent un ensemble qui définit l’essentiel des axes autour desquels s’organise notre compréhension des transformations en cours, ici et dans le monde, du point de vue des classes exploitées. Nous pensons qu’il est indispensable d’avancer dans notre « compréhension commune de la période et des tâches », pour reprendre la formule de Trotsky, afin de regrouper les forces du mouvement anticapitaliste et révolutionnaire et de rassembler tout ce qui vit encore du socialisme et du communisme, entraîner, former la jeunesse pour construire un parti des travailleurs.
Sommaire :
Engageons le bras de fer
Une campagne médiatique et mensongère est lancée contre les cheminots, accusés d’être responsables de la dette de la SNCF avec leurs prétendus « privilèges ». Le gouvernement, qui s’y connaît en privilégiés avec sa douzaine de ministres millionnaires, étale toute sa morgue. Castaner se félicite de « mettre sur la table les tabous et les privilèges ». Macron, interpellé par un travailleur de la SNCF, répond : « Je suis petit-fils de cheminot, allez voir les agriculteurs, ils n'ont pas de statut... faut pas raconter de craques aux gens. (…) Vous n'avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot »… Il sait de quoi il parle, lui l’ex-banquier d’affaire devenu millionnaire chez Rothschild !
Privilégiés les cheminots ? Comme tous les salariés, ils ont vu leurs droits diminuer ces dernières années, sur les retraites, les conditions de travail, les salaires. En fait, derrière la charge contre leur statut, il y a surtout la volonté de précariser les travailleurs. Pour le gouvernement et les patrons, bénéficier d’une relative sécurité de l’emploi est un privilège intolérable !
Pour connaître de vrais privilégiés, il suffit de lire le dernier classement Forbes des 40 milliardaires français… hors évasion fiscale bien entendu. Le 1er d’entre eux, Arnault, patron de LVMH, a vu sa fortune flamber en un an de 41,5 milliards de dollars à 72 milliards. Pinault, autre patron du luxe, est passé de 15,7 milliards de dollars à 27 milliards. Voilà ceux que le gouvernement sert avec autant de zèle !
La lutte des femmes pour l’égalité des sexes et l’émancipation : un combat de classe, international et internationaliste
En 1910, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes dont elle était à l’initiative, Clara Zetkin, militante du parti social-démocratie allemand, proposait que « les femmes socialistes de tous les pays organisent tous les ans une journée des femmes », militant pour que le mouvement socialiste intègre le combat pour l’émancipation des femmes travailleuses car, expliquait-elle, « L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. C'est seulement dans la société socialiste que les femmes comme les travailleurs accéderont à la pleine possession de leurs droits ».
En mars de l’année suivante, un million de femmes manifestaient en Europe.
Le 8 mars 1917, à Saint-Pétersbourg, les ouvrières descendaient dans la rue à l’occasion de cette journée et appelaient les travailleurs à les rejoindre pour exiger du pain et la paix. Une journée qui allait être la première d’une révolution dont une des premières décisions a été d’accorder le droit de vote aux femmes. En octobre 1917, Alexandra Kollontaï, membre de la direction du parti bolchevik, devenait commissaire du peuple, première femme ministre de l’histoire. Et en 1920, la Russie allait être le premier pays au monde à légaliser l’IVG.
Intégrer les apports de l’écologie à notre critique du capitalisme sur le terrain de la lutte des classes
L’ampleur inédite prise par la crise écologique, notamment par la crise climatique, rend nécessaire d’intégrer cette question au débat stratégique sur la perspective d'une transformation révolutionnaire de la société. L'urgence de la question que soulignent, année après année, les rapports de plus en plus alarmants des milieux scientifiques, comme les conséquences dramatiques déjà largement visibles à travers le monde, peuvent même conduire à penser qu'il faut en faire non seulement une question centrale mais la priorité et l’urgence absolue.
En réalité, la vraie discussion est celle des réponses à apporter ou, plus précisément de savoir quelles transformations sont nécessaires pour que l’humanité soit à même de répondre à cette question dont l’urgence ne fait aucun doute. Cela signifie discuter de comment nous analysons les causes de cette crise, comment elle s’intègre à notre critique du capitalisme et quelles réponses nous pouvons mettre en avant du point de vue de la lutte des classes, en toute solidarité mais surtout en toute indépendance des différents courants de l’écologie politique.
Ainsi, dans le cadre du Congrès de la IVème internationale, deux textes sur la crise écologique étaient en débat, tous les deux se revendiquant de la démarche écosocialiste et posant le problème de cette articulation entre la critique du capitalisme et les luttes écologiques.
L’agression du gouvernement contre les cheminots, une attaque contre tous les travailleurs, En finir avec la logique des reculades
Jeudi 15 février, le gouvernement a rendu public le rapport Spinetta sur la SNCF, véritable déclaration de guerre contre les cheminots. Une campagne de presse s’en est suivie, dénonçant leurs « privilèges », comme s’ils étaient responsables de la dette de la SNCF, estimée à 46 milliards fin 2017.
Cette fameuse dette profite pourtant à de vrais privilégiés… D’abord aux banques, puisque depuis les années 80, l’Etat a fait reporter ses investissements ferroviaires sur la SNCF, obligée de s’endetter à sa place. Aujourd’hui, les seuls intérêts s’élèvent à 1,7 milliard d’€ par an ! Vinci en profite aussi avec la bonne affaire de la LGV. Sa filiale Lisea, qui a apporté un tiers des investissements, dont une grosse partie par des emprunts garantis par l’Etat et RFF, s’approprie aujourd’hui toutes les recettes de la nouvelle ligne Paris-Bordeaux par des « péages » particulièrement couteux à la SNCF : soit un déficit de 90 millions d’€ rien que sur le 2nd semestre 2017 !
Maintenant, le gouvernement et Spinetta présentent la facture aux salariés, en commençant par remplacer deux des trois établissements publics qui composent la SNCF par des sociétés anonymes. La première, Mobilités, pour attirer les opérateurs privés ; la deuxième, Réseau, pour faire payer la dette aux cheminots et aux usagers.
Nouvelle époque et tâches des révolutionnaires
Nous publions le texte proposé par Jakob, (membre du CI et de la direction de l'ISO, section allemande), Yvan (membre du CI, de la direction du NPA et de la section française) pour le 17ème congrès de la IVe Internationale et défendu par les camarades proches de DR et membres de la IV.
Tournant dans la mondialisation libérale et impérialiste
1) 2016, avec le Brexit et l'élection de Donald Trump, la chute d'Alep reconquise par les troupes du dictateur sanglant Assad avec le soutien de la Russie et la complicité des grandes puissances de la coalition, marque le début d'un tournant dans la mondialisation libérale et impérialiste.
La bourgeoise avait tenté de construire un mythe de la « mondialisation heureuse » où le marché apporterait la démocratie, la paix et le bien-être, mensonge et poudre aux yeux dont Obama se voulait l’expression. Ce mythe s'effondre. Jusqu'au début du XXIe siècle, les progrès technologiques combinés à une prolétarisation massive par la ruine de la paysannerie dans les pays dits émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil ont fait baisser les coûts de production et alimenté la machine à profit, le casino de la finance. Mais cela au prix d'un endettement généralisé et d'une bulle financière « exubérante ». L'anticipation des profits donnait lieu à une spéculation effrénée.
L'accident était inévitable, la crise des subprimes aux USA en a été le déclencheur.
Allemagne – L’accord salarial 2018 dans la métallurgie : plus de libertés pour le capital
Complexification des conventions salariales, écarts croissant entre les catégories de salarié-e-s, dispositions collectives de moins en moins protectrices, pas de réduction globale du temps de travail... Les points négatifs de l’accord salarial 2018 dans la métallurgie pèsent vraiment lourd.
Qu’y a-t-il dans l‘accord ?
Pour les mois de janvier à mars, 100 € en un seul versement, soit moins de 1 % de la rémunération moyenne dans la métallurgie. A partir du 1er avril, les salaires augmenteront de 4,3 %. En juillet 2019 au plus tard aura lieu le versement d‘un « supplément de 27,5 % d’un salaire mensuel ». S’y ajoute un fixe de 400 €. Celui-ci sera « intégré à la grille en 2020 et pris en compte par la convention dans le volume de l’augmentation additionnelle ». Il en résultera donc une modification du barème des rémunérations, ce qui entraînera un relèvement un peu plus important pour les catégories les plus basses. Un tout petit plus.
Mais le premier hic apparaît avec le fixe de 400 € : en cas de « mauvaise situation économique », l’entreprise peut, avec l’accord de l’IG Metall, repousser le paiement, le diminuer ou même le supprimer complètement. Dans le passé, tant en ce qui concerne les augmentations que la réduction du temps de travail, nous avons déjà connu un nombre incalculable de telles concessions de la part de l’IGM. L’accord dit « de Pforzheim » de 2004 avait donné ce droit aux « partenaires sociaux » (délégués au Comité d’entreprise et direction) de déroger à l’accord régional, ce qui a pas mal contribué à rendre les conventions collectives poreuses.



