Catastrophe de Rouen, réchauffement climatique, Greta Thunberg a raison, les dirigeants de ce monde sont des menteurs et des irresponsables...
Il aura fallu plus de 10 heures aux 200 pompiers mobilisés pour maîtriser, jeudi 26 septembre, l’incendie qui a ravagé l’usine Lubrizol de Rouen, usine classée Seveso, située près d’un quartier résidentiel, à deux kilomètres du centre historique.
Même si le pire a été évité grâce à l’intervention des salariés et des pompiers qui ont réussi à tenir à l’écart des flammes les produits les plus dangereux, l’incendie a provoqué un épais nuage de fumée noire d’une vingtaine de kilomètres de long entraînant des retombées de résidus d’hydrocarbures sur toute l’agglomération et même bien au-delà…
Mensonges et opacité des autorités pour couvrir l’irresponsabilité d’une multinationale
Le préfet et Castaner, venus sur place, ont multiplié les déclarations rassurantes sur ce nuage « forcément anxiogène »… mais, selon eux, sans « élément qui permette de penser qu’il y a un risque lié aux fumées ». A les croire « c’est sans danger ! » mais en même temps, ils ont décidé, dans treize communes la fermeture préventive des écoles, collèges, lycées, le confinement dans les EHPAD et ils ont conseillé aux habitants d’ « éviter les déplacements non indispensables »
Face au capitalisme menacé de faillite, la contre offensive des travailleurs et la nécessité d’un parti
Selon un rapport récent de L’OCDE la croissance mondiale devrait s'établir à 2,9 % cette année, au plus bas depuis dix ans. Alors qu’ici comme dans le monde entier les dividendes explosent, l’économie ralentit, les investissements productifs reculent. Les discours alarmistes sur la récession en cours ou la menace d’une crise financière majeure alimentent les chroniques économiques.
La politique d’argent gratuit mené par les banques centrales se généralise et s’accentue. Les taux nuls ou négatifs qu’elles pratiquent vis-à-vis des banques privées s’étendent maintenant aux prêts de ces dernières aux États et aux grandes entreprises. En trois jours, suite à la destruction par des drones d’une partie de l’appareil pétrolier de l’Arabie saoudite, la Fed a injecté prés de 200 milliards de dollars dans les circuits financiers pour permettre aux banques de fonctionner. Tout pour éviter une panique financière.
Contre les agressions du pouvoir des privilégiés et des riches, pour les retraites, le 24 et après faisons converger les colères
La grève massive des travailleurs de la RATP, la semaine dernière, est un avertissement pour le gouvernement, un encouragement pour l’ensemble des salariés à se mobiliser. Toutes catégories confondues, ils ont démontré la force des travailleurs quand ils se mettent en grève et prennent eux-mêmes en main leurs affaires. Ils ont montré ce que pourrait être un mouvement d’ensemble si nous réussissions à nous unir, à surmonter les divisions catégorielles et professionnelles, privé-public et, surtout, les divisions et la passivité des directions syndicales. Et c’est bien la préparation d’un tel mouvement de grève face à l’offensive du gouvernement et du patronat contre les retraites qui est nécessaire.
Ils le craignent et c’est pour ça qu’ils déploient non seulement leur police comme samedi pour intimider, réprimer mais aussi tous leurs talents hypocrites, avec la complicité active des médias, pour diviser. Que n’a-t-on entendu contre les salariés de la RATP désignés à la vindicte populaire comme des privilégiés !
« Il n’y a pas de planète B », urgence de la transition socialiste
1,4 million de manifestants à travers l’Allemagne, 400 000 en Australie, 250 000 dans les rues de New York, 100 000 à Londres, 10 000 à Paris, des milliers de manifestants au Japon, en Inde, aux Philippines, au Pakistan ou encore en Thaïlande… A travers près de 6000 actions dans plus de 150 pays, sur tous les continents, ce sont plus de quatre millions de manifestants, lycéens et étudiants en majorité, qui ont fait de ce vendredi 20 septembre, le troisième « Friday for Future » de « grève pour le climat » lancée par la jeune militante suédoise, Greta Thunberg, la plus massive mobilisation jamais organisée pour dénoncer l’inaction des gouvernements face au réchauffement climatique.
La mobilisation s’est poursuivie le lendemain avec à travers le monde de nouvelles « marches pour le climat ». A Paris la « marche pour le climat et la justice sociale » en convergence avec l’acte 45 des Gilets jaunes -16 000 manifestants-, s’est retrouvée confrontée à une répression policière qui révèle bien, derrière les discours sur la planète, à quel point le gouvernement Macron craint la convergence des colères…
Au cœur des mobilisations comme sur le terrain politique, aider au regroupement pour porter les exigences du monde du travail
La grève de l’écrasante majorité des personnels, techniciens, cadres de la RATP a donné le coup d’envoi des mobilisations contre la casse des retraites et des « régimes spéciaux ». L’annonce, sous la pression des grévistes rassemblés devant le siège de la RATP, de la perspective d’une grève reconductible d’ici décembre, malgré la frilosité, la réticence et les limites que voudraient y mettre les appareils syndicaux, est un point d’appui, un encouragement pour toutes celles et ceux qui veulent se battre et cherchent à dépasser la politique d’émiettement des luttes que mènent les principaux syndicats. Une aspiration également portée par la manifestation de « convergence des colères » des gilets jaunes samedi à Nantes. La journée nationale et interprofessionnelle du 24 appelée initialement par la CGT à laquelle SUD Rail et Solidaires viennent de se joindre en sera une prochaine étape.
En face, patronat et gouvernement ont redoublé leur propagande grossière pour l’« équité », contre « les privilèges »… des régimes spéciaux ! Mais le timing tombe mal alors qu’une succession d’affaires fait la Une, de l’ami intime de Sarkozy, Balkany, enfin sous les verrous, aux Fillon, Le Pen and Co mis en examen pour « détournement d’argent public », et à Ferrand, président de l’Assemblée nationale, protégé de Macron et ancien ministre, resté en poste bien que mis en examen pour « prise illégale d’intérêts »…
Alors oui, il y a un profond sentiment d’injustice, de ras le bol face aux « privilèges » et à l’incurie des classes dominantes et de leurs serviteurs. Et il n’est pas banal que dans les salons dorés de la République, la plupart des députés fassent corps face à la justice défendant, de Mélenchon à Le Pen, la « présomption d’innocence ».
Brexit, coup de force, mascarade parlementaire, une offensive contre les travailleurs et les classes populaires
Boris Johnson a donc demandé à la reine d’user d’une de ses prérogatives fort peu démocratiques pour suspendre le Parlement britannique pour 5 semaines, jusqu’au 14 octobre, le temps pour lui, espère-t-il, d’imposer une sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne le 31 octobre. Ce coup de force a plongé le monde politique de Westminster dans une grande agitation désordonnée. La cour d’appel écossaise a jugé cette décision illégale car ayant « pour but d’entraver le Parlement ». Le gouvernement a fait appel et le Premier ministre est accusé d’avoir trompé la reine sur ses intentions...
« Do or die »...
Arrivé au pouvoir en juillet suite à la déroute de Theresa May en promettant le Brexit d’ici le 31 octobre quoi qu’il en coûte, « do or die », faire ou mourir, Boris Johnson semble s’être lui-même pris au piège de ses propres calculs et ambitions à s’imposer comme l’homme à poigne. Celui que les manifestants appellent le clown a, en une semaine, perdu six votes d’affilée à la Chambre des communes. Sa motion pour obtenir des élections anticipées a été rejetée. Le texte contre le « no deal » a été adopté et le contraint à solliciter un report du Brexit auprès de l’UE jusqu’à fin janvier 2020 si aucun accord n’est trouvé avec Bruxelles. Ce à quoi il réitère son opposition farouche en vue du prochain Conseil européen, qui se tiendra les 17 et 18 octobre. Un des principaux points de blocage est la question dite du « Blockstop » qui inclurait après le Brexit l’Irlande du Nord, province britannique, dans une union douanière avec l’Irlande, membre de l’UE, alors que les souverainistes veulent réinstaurer une frontière physique.
Pour répondre à la cohérence des attaques, construire la cohérence de la riposte…
En cette rentrée, un vent nouveau a commencé de souffler. Dans la continuité des derniers mois, des manifestations de gilets jaunes, d’équipes militantes, de travailleurs, ont eu lieu samedi dans plusieurs grandes villes. Le besoin d’une politique pour donner une cohérence à l’ensemble des mobilisations et des mécontentements pour affronter le gouvernement, le patronat, les gros actionnaires s’affirme.
Par crainte que cette colère ne se cristallise, Macron veut prendre son temps pour mener l’offensive sur les retraites. En annonçant que « rien n’est décidé », il a reporté après les municipales le vote de la réforme. Il veut aussi prendre le temps d’associer à sa politique des directions syndicales dont la seule boussole est leurs intérêts d’appareil et tenter de façonner l’opinion, de la plier aux exigences de la finance.
A l’opposé, c’est sans attendre qu’il est nécessaire de prendre appui sur l’expérience des mois passés, pour œuvrer à la prise de conscience qu’il n’y a pas d’autre solution pour stopper la régression sociale qu’un mouvement d’ensemble qui conteste radicalement la logique du profit.
Hong Kong, séisme démocratique et social au cœur du capitalisme financier
Samedi, le gouvernement de Hong Kong et sa police ont franchi une nouvelle étape dans leur escalade répressive. Après avoir arrêté, vendredi, de jeunes dirigeants du parti prodémocratie afin de tenter d’empêcher la jeunesse de braver l’interdiction de manifester le lendemain, il a violemment réprimé celles et ceux qui ont osé descendre dans la rue le jour du cinquième anniversaire du début du « Mouvement des parapluies » qu’avait provoqué en 2014 le refus de Pékin d’organiser des élections au suffrage universel à Hong Kong.
13 semaines après que, le 16 juin, 2 millions de Hongkongais sur 7,4 millions soient descendus dans la rue, la contestation ne faiblit pas. Initiées pour exiger le retrait du projet de loi visant à permettre d’arrêter et d’extrader toute personne liée à une activité jugée criminelle par la Chine, les manifestations se poursuivent malgré la répression du pouvoir local et les menaces des dirigeants chinois. Le projet de loi qui a déclenché la révolte a été suspendu mais les contestataires exigent désormais son retrait définitif, une enquête sur les violences policières, la libération des 900 manifestants arrêtés ces dernières semaines, la démission de Carrie Lam, la cheffe du gouvernement, l’instauration du suffrage universel. Si la jeunesse étudiante anime le mouvement, le monde du travail y prend sa place. Le 5 août, pour la première fois depuis 1960, une grève générale a paralysé l'archipel, le 17 août, des milliers d’enseignant.e.s vétu.e.s de noir sont descendu.e.s dans les rues en signe de solidarité.
Le capitalisme financier à taux négatifs, une escalade contre les travailleurs et toute la société
Il y a quelques jours, on apprenait que les dividendes versés par les grandes entreprises pour le deuxième trimestre 2019 avaient atteint de nouveaux records : 513,8 milliards de dollars pour les 1 200 plus grandes entreprises cotées dans le monde, en augmentation de 1,1 % par rapport à la même période de l’année précédente ; 51 milliards de dollars pour les seules entreprises du CAC 40, 3,1% de progression…
Dans la même presse, on peut lire tous les jours l’annonce d’un effondrement financier à brève échéance, de l’entrée en récession imminente de l’économie mondiale… A quoi s’ajoute la perplexité de bien des commentateurs face au développement des crédits à taux nuls, voire négatifs, sur les prêts aux États et aux grandes entreprises, les taux bas sur les crédits immobiliers, à la consommation…
Cette situation paradoxale illustre à quel point les sommets du capitalisme prospèrent plus que jamais au détriment de l’ensemble de la société. Au sommet du G7, les thèmes fixés par Macron, « assurer la stabilité, la paix dans le monde », « l'économie mondiale et la croissance » et la « lutte contre les inégalités », avec le climat mis « au coeur de la réunion », selon la presse, résumaient bien l’état du malade. Il n’en est bien évidemment sorti que des phrases creuses et des effets de manche…
Inédit et convergence
Nous voudrions revenir dans cette dernière lettre de DR de la période de vacances sur les discussions suscitées par le mouvement des gilets jaunes et les mobilisations qui agitent le pays depuis plus de 8 mois et les effets qu’ils peuvent avoir sur la situation sociale et politique, son évolution et la politique du mouvement révolutionnaire.
Inédit et convergence sont les deux mots qui reviennent le plus souvent à leur propos. Deux mots qui appellent le mouvement révolutionnaire à faire preuve d’imagination pour tenter de sortir de ses ornières, de ses habitudes de pensées, de ses divisions pour relever le défi d’une période nouvelle, inédite, et du besoin de celles et ceux qui ont engagé la lutte de se regrouper, de s’unir pour préparer l’affrontement avec la classe capitaliste, son État et ses serviteurs politiques.
Cette discussion concerne notre organisation, le NPA et plus généralement l’ensemble de l’extrême gauche, Lutte ouvrière et l’ensemble des militant.e.s du monde du travail. Il ne s’agit pas de raisonner du point de vue de telle ou telle tendance mais bien des intérêts, des besoins de l’ensemble de la classe ouvrière.



