Contre Macron et ses provocations, ensemble le 16, avec les hospitaliers, pour défendre nos droits et l’avenir de la société
Pas de scoop, ce dimanche soir, Macron ne s’est guère « réinventé ». Il a tenté de reprendre la main, comme il avait, parait-il, envisagé de le faire en provoquant une élection présidentielle anticipée ! Il a tenté de se placer au dessus de la mêlée au nom de l’union nationale pour affronter la vague de mécontentement qui monte de partout, y compris au sein de sa police, alors qu’après avoir perdu la majorité au Parlement, son parti va vers une déroute aux municipales. Et l’imposteur n’hésite pas « en même temps » à soutenir sa police au service de « la loi et l’ordre » contre les classes populaires tout en prétendant rejeter le racisme et comprendre la jeunesse...
Ce mécontentement profond s’exprime dans la rue, au mépris de la loi d’urgence sanitaire qui prétend interdire les rassemblements de plus de 10 personnes. Les manifestations contre les menaces de fermeture ou de licenciements comme à Renault, les mobilisations contre la remise en cause d’acquis sociaux comme à Derichebourg près de Toulouse, la préparation de la journée de mobilisation pour la Santé mardi 16 en sont autant d’expression. De même que les multiples rassemblements contre les violences policières et le racisme suite au meurtre de George Floyd et pour exiger justice pour Adama Traoré, dont celui de samedi à Paris qui a été l’occasion pour le préfet Lallement de nouvelles provocations.
C’est une même contestation politique et sociale, démocratique qui sourd de partout.
Relocalisation, protectionnisme, nationalisme ou réorganisation de l’économie par les travailleurs et solidarité internationale ?
Chômage et licenciements… La 2ème vague, celle du virus du profit, est bien là. Les discours sur la « relance » associés avec ceux sur le protectionnisme, le « patriotisme économique » vont bon train, cherchant à enrôler les travailleurs derrière une « unité nationale » au service exclusif des classes dominantes. Macron prend la pose en déclarant « il nous faut rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française » et, de son côté, Le Maire entend « rompre avec trente années où l’on a massivement délocalisé ». Montebourg, ex ministre de Hollande du « développement productif », essaye de jouer sa carte en jouant la même musique et ressort son livre sur le « made in France ».
Cette question revient aussi au centre des revendications du collectif « Plus jamais ça » et des 34 propositions de son « Plan de sortie de crise », appelant à la « relocalisation des activités » au nom de la « transition écologique et sociale ». Comme si la question de la production et des échanges se posait hors des rapports de force entre les classes, hors de la politique des capitalistes et des États à leur service. Comme si la situation actuelle n’exigeait pas une toute autre réponse que ces vieilles recettes institutionnelles au moment même où le parasitisme du capitalisme, de la concurrence pour les profits, éclate au grand jour.
Des milliards au patronat pour licencier et baisser les salaires ! Le 16 juin, avec les travailleurs de la Santé, toutes et tous ensemble pour nos droits !
Jeudi dernier, Macron avait convié à l’Elysée les dirigeants des organisations patronales et des confédérations syndicales pour lancer une nouvelle concertation destinée à « sauver l’emploi et les compétences », dixit Pénicaud. Un argument ou plutôt un prétexte pour verser des dizaines de milliards d’euros au patronat dont les grands groupes capitalistes récupèrent l’essentiel. Macron a précisé qu’il s’agissait de préparer -rien moins que ça- une « nouvelle ère ». Le clinquant de la formule cache mal l’étroitesse de l’objectif, Macron le dit lui-même, améliorer la « compétitivité » de l’économie, c’est-à-dire la rendre encore plus attractive pour les capitaux du monde entier grâce à une main d’œuvre toujours plus exploitée. En prime, pour celles et ceux qui n'auraient pas compris, il s'empresse d'insister, pas question de renier les réformes, y compris celle des retraites qu’il compte bien reprendre.
La révolte contre un crime policier odieux et raciste, une révolte sociale et politique contre leur ordre et leur loi capitalistes
Depuis plus d’une semaine, les émeutes, les manifestations pacifiques, les démonstrations et prises de position de solidarité, des gestes de fraternisation de policiers avec les manifestants, une profonde vague de révolte et de contestation ébranle la première puissance mondiale et a gagné la planète entière. New York, Washington, Boston, Los Angeles, Philadelphie, Seattle…, après la mort de George Floyd, les manifestations contre les brutalités policières et le racisme se sont propagées dans au moins 140 villes américaines. Elles se sont amplifiées malgré le couvre-feu et la répression. Elles ont aussi gagné l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Brésil… Ici aussi, la rage s'est exprimée, principalement mardi dernier à Paris à l'occasion du rassemblement à l’appel du collectif Vérité pour Adama dont la jeunesse s'est emparée pour exprimer sa révolte. « Pas de justice, pas de paix ! », « Black lives matter » (« Les vies des Noirs comptent ») ou encore « Notre couleur de peau n’est pas un crime » sont le dénominateur commun de cette vague internationale, et, plus globalement, la révolte contre leur société de violence sociale et policière. Un mouvement d'une ampleur et d'une profondeur inédites, historiques.
Après le COVID 19, l’épidémie dévastatrice du profit ! L’urgence, interdiction des licenciements, partage du travail entre toutes et tous !
« Sur le plan sanitaire, les nouvelles sont bonnes », se félicitait, sans gêne, le Premier ministre jeudi dernier en présentant la phase 2 du déconfinement. « Mais, ajoutait-il, gardons en tête que s’ouvre aujourd’hui un nouveau front et que le pays va devoir se battre contre l’impact d’une récession historique. ». Philippe nous refait le coup de la guerre et de l’union nationale, comme si le gouvernement avait fait autre chose depuis le début de l’épidémie que mener la guerre à la population pour servir les seuls intérêts du capital. Dans le confinement comme dans le déconfinement et la débâcle économique qui s’annonce, c’est la même hypocrisie qui prétend servir les intérêts communs de toute la population pour tenter de faire accepter une politique égoïste de classe.
La démagogie des imposteurs au pouvoir ne résiste pas à la réalité, aux faits. Leur politique, c’est les 5 milliards de prêts bancaires accordés à Renault non seulement sans la moindre contre-partie pour les salariés mais avec 4600 licenciements en France et 15000 dans le monde à la clé ! Des subventions aux grands groupes capitalistes pour les aider à licencier ! Les salariés de l’usine du groupe à Maubeuge ou des Fonderies de Bretagne ne s’y sont pas trompés en faisant grève et en manifestant massivement dès l’annonce de ce mauvais coup.
Leur politique, c’est aussi, au nom du risque sanitaire -quelle hypocrisie- l’interdiction de la Marche des Solidarités samedi dernier qui a réussi à se tenir et a rassemblé des milliers de sans-papiers, de migrants et de militants qui ont imposé leur droit à manifester malgré les violences policières.
Débattre des vieilles recettes faillies de la gauche ou faire du neuf : un Plan de sortie de crise ou un plan pour le contrôle par les travailleurs de l’économie ?
« Attac, Oxfam, Greenpeace, la Confédération paysanne et la CGT présentent 34 mesures communes pour répondre à la crise née du Covid-19. Du NPA au PS, en passant par les Verts et La France insoumise, on s’intéresse de près à cette démarche ‘historique’ », pouvait-on lire dans un article publié sur Médiapart, en date du 26 mai, intitulé « De la CGT à Greenpeace, la société civile bouscule la gauche ». Certes, la démarche, initiée dans la foulée de l’appel des 18, « Plus jamais ça », est inédite dans sa forme mais le fond, lui, est dans la continuité de la politique de la gauche institutionnelle, syndicale et politique.
Cette initiative participe de l’agitation, accélérée par la crise sanitaire, qui gagne cette gauche à la recherche de son unité perdue et d’un programme introuvable pour tenter de profiter de l’effondrement annoncé d’un pouvoir de plus en plus discrédité, divisé au point de perdre sa majorité parlementaire.
Plan « Ségur » pour l’hôpital, plan de « relance » pour les profits… Une même offensive, une même réponse !
Le Gouvernement a donc tranché : le deuxième tour des municipales aura lieu le 28 juin, du moins si l’épidémie n’a pas redémarré… Alors que personne ne peut dire quelle sera la situation dans les prochaines semaines, alors que le conseil scientifique a refusé de leur donner un blanc-seing, rien de plus urgent semble-t-il pour le gouvernement que de donner satisfaction aux politiciens qui briguent leur réélection. Si on peut imaginer que Philippe est pressé de rebriguer son fauteuil du Havre qui pourrait lui donner l’occasion de prendre ses distances avec Macron, il s’agit avant tout pour le gouvernement de satisfaire les impatiences de celles et ceux qui sont et seront ses relais locaux pour mener la politique de « relance » dans « leurs territoires », c’est-à-dire les attaques contre le monde du travail. La probable abstention massive serait un juste retour des choses…
Cet empressement tranche avec l’attitude du pouvoir vis-à-vis des travailleurs de la santé et de l’hôpital. Plus de deux mois après les promesses de Macron à Mulhouse, au plus fort de l’épidémie et de la crise hospitalière, toujours rien à part la promesse d’une prime, d’un défilé et d’une médaille pour les hospitaliers… et l’annonce par Véran d’un projet d’« assouplissement des 35h » et d’une possible remise en cause du « cadre unique de la Fonction publique ».
Face au capitalisme destructeur, la nécessaire réorganisation de l'économie par le monde du travail
Pour le petit monde de « l’économie », la semaine avait bien commencé : lundi 18, Merkel et Macron s’étaient mis d’accord sur la création d’un fonds européen de relance de « solidarité » de 500 milliards d’euros sous les applaudissements du patronat, un vaccin contre le Covid-19 semblait en bonne voie de mise au point, les prix du pétrole remontaient avec la reprise de sa consommation en Chine... Il n’en fallait pas plus pour que les Bourses repartent à la hausse partout sur la planète. Mais l’enthousiasme a été vite douché. Dès le lendemain, il s’avérait que l’information sur le vaccin était douteuse. Et, confirmation que la menace d'une reprise de la pandémie est loin d’être écartée, on apprenait qu’en Chine la province de Jillin avait été placée sous confinement complet le 13 mai suite à la découverte de nouveaux cas de contamination.
« L’erreur », c’est le capitalisme et Macron ! Face à leur plan de relance ou Green deal, un plan pour le monde du travail
Face aux soignants en colère de la Pitié Salpêtrière, Macron, le Tartuffe, n’a pu que confesser « On a sans doute fait une erreur » à propos de la réforme du système de santé engagé il y a deux ans, car ce n’était « pas du tout suffisant compte tenu de l'état où était l'hôpital ». Une nouvelle provocation après l’annonce faite mercredi au sortir du conseil des ministres, de rétablir la médaille d'honneur des épidémies (créée en 1884 suite à une épidémie de choléra !) pour honorer les soignants et de les inviter à participer au défilé du 14 Juillet, alors que le décret pour leur verser les primes promises n’était toujours pas signé !
« Ces annonces sont une provocation » s’est indigné le cardiologue Olivier Milleron de l’hôpital Bichat, membre du collectif Inter-hôpitaux. « Nous on ne demande pas de médaille. On a fait notre travail. On demande juste des moyens qu'on demande depuis plusieurs mois pour faire notre travail ».
Provocation aussi, quand Véran annonçant le lancement le 25 mai d’une « grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère », promet de meilleurs salaires tout en prônant un assouplissement des 35 heures pour permettre aux infirmières d’augmenter leur rémunération en travaillant plus… Ce que les hospitaliers veulent, ce sont de véritables augmentations de salaires, des embauches massives, des moyens suffisants pour l’Hôpital… De nouvelles actions et rassemblements ou manifestations sont annoncées pour l’exiger, autant d’occasions de manifester sa solidarité comme de dénoncer la politique du pouvoir.
C’est bien la politique du gouvernement Macron, dans la continuité de tous les gouvernements précédents, qui est responsable de cette dégradation continue du système de santé que ce nouveau plan annoncé ne fera qu’aggraver !
Anticiper la débâcle du capitalisme, construire un parti pour le contrôle de l’économie par les travailleurs
Le 29 février dernier, il y a plus de deux mois, un Conseil des ministres exceptionnel convoqué par Macron pour traiter de la propagation du coronavirus, décidait, impromptu, d’utiliser le 49-3 pour imposer contre les salarié.e.s mobilisé.e.s et la grande majorité de la population leurs nouvelles attaques contre les retraites. Un concentré de la duplicité et de l’arrogance de classe de ce gouvernement et du couple Macron-Philippe aujourd’hui, paraît-il en rivalité. En rivalité d’ambitions politiciennes, sûrement, mais totalement solidaires comme ils l’ont été durant ces longues semaines pour gérer les conséquences dramatiques sur le plan sanitaire de leur politique vouée au CAC40 et, aujourd’hui, pour improviser le déconfinement.
En réalité leur politique de police sanitaire visait et vise, bien plus que de protéger, à masquer leur incurie et à soumettre l’opinion pour commencer à mettre en œuvre de nouvelles attaques contre le monde du travail avec la loi d’urgence dite sanitaire. En jouant de l’union nationale, en appelant les syndicats comme les partis politiques à gérer ensemble la sortie du confinement, ils espèrent contenir, à défaut de pouvoir continuer à le confiner, le mécontentement alors que s’annonce leur débâcle économique. Ils espèrent pouvoir empêcher la révolte contre la politique qu’ils initient pour sauver leur système, l’économie capitaliste, frappé par la plus grande crise qu’il ait connue dans l’histoire.



