Jamais sans doute la nécessité de changer de mode de production, de la planifier en fonction des besoins de la collectivité en définissant démocratiquement ses priorités et la répartition des richesses produites n’est apparue aussi nécessaire et urgente à une fraction de la population.

La pandémie, à la fois un révélateur et un accélérateur de la faillite capitaliste, fait prendre conscience de l’urgence sanitaire, écologique, économique, démocratique, alors que les classes dominantes amplifient l’offensive pour maintenir leurs profits, remettent en cause les retraites, les droits des chômeurs et accélèrent la précarisation et la paupérisation du monde du travail, sa mise en concurrence dans le monde entier tandis qu’un lourd chômage de masse est annoncé.

C’est dans ce contexte que se discute avec une acuité nouvelle la nécessité d’un revenu garanti pour toutes et tous quelle que soit sa situation, avec ou sans emploi, pour simplement vivre, payer son loyer, élever ses enfants.

Aussitôt après son annonce de l’instauration du pass sanitaire le 12 juillet, Macron s’est empressé de faire adopter au Parlement son extension, en plus du domaine de la culture, des spectacles, dans les cafés et restaurants, les activités sportives, les trains et bus, le tourisme et même les centres commerciaux, aux soignants et à tous les salariés en contact avec le public. Ils seront contraints de se vacciner d’ici le 15 septembre sous peine de licenciement. Une politique autoritaire, basée sur la stigmatisation de travailleurs indispensables désignés comme responsables de la 4ème vague, alors que les parlementaires, l’armée et les policiers en sont dispensés. Le Sénat lui a donné son aval avec de bien timides amendements.

Nous refusons ce pass qui n’a rien de sanitaire. C’est un instrument de contrôle des salariés et de la population, imposé alors qu’il manque des doses de vaccin, inapplicable et inefficace jusqu’à l’absurde, empêchant l’accès à l’hôpital ou en EHPAD même un bref moment aux visiteurs non vaccinés, indispensable pour voyager en TGV mais pas dans les métros et RER bondés...

Les cérémonies du centenaire du Parti communiste chinois ont été l’occasion d’alimenter la campagne contre la Chine orchestrée par les USA. Le thème en est simple et bien rodé, « communisme » signifie dictature, Xi Jiping en est l’incarnation. Les falsifications historiques dénoncées par la presse occidentale sont tout autant de son fait.

Les uns et les autres masquent les mécanismes profonds de la lutte des classes qui ont conduit à cette situation où un prétendu parti communiste dirige la deuxième puissance capitaliste du monde.

Ignorant la compréhension matérialiste de l’histoire qu’ils combattent, ils interprètent les événements à travers le prisme de l’idéologie, le rôle des grands hommes dont ils sont dupes. L’Etat chinois se glorifie de son national-communisme alors que l’occident y voit l’occasion de perpétuer inlassablement sa campagne contre le communisme.

Lors de son discours du lundi 12 juillet, après avoir pratiqué, non sans cynisme, l’autosatisfaction sur sa gestion de la crise, Macron, adepte de la stratégie du choc, a annoncé l'extension du Pass sanitaire dès le 21 juillet, la fin de la gratuité des tests PCR à l'automne et surtout l'obligation vaccinale pour les soignants, tout en confirmant la mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage et le projet d’allongement de l’âge de départ à la retraite.

Olivier Véran en a rajouté, le soir même, dans la provocation à l’égard des personnels soignants : « À partir du 15 septembre, si vous êtes soignant et que vous n’êtes pas vacciné, vous ne pourrez plus travailler et vous ne serez plus payé ». Et Élisabeth Borne, ministre du Travail, de préciser le lendemain la menace : contrat de travail suspendu le temps de se vacciner et « mise à pied », voire « licenciement » en cas de refus.

Après la déroute de LREM aux élections régionales, Macron tente de reprendre la main vis à vis de l’électorat réactionnaire, posant à celui qui a le « courage » de s’en prendre aux plus précaires et à l’ensemble du monde du travail au travers des retraites.

Dès le mois de mars, la droite avait déjà pris les devants avec Bertrand : « À l’horizon 2028-2030, il nous faudra travailler deux ans de plus, jusqu’à 64 ans, et si l’espérance de vie continue à progresser, il faudra, dans les années qui suivent, aller jusqu’à 65 ans ».

Début juin, Macron lançait un premier ballon d’essai, en annonçant sa volonté de prendre des « mesures difficiles » sur les retraites dans les mois qui viennent, pour couper l’herbe sous les pieds de la droite. Mardi 6 juillet, il convoquait un sommet social destiné à préparer ses futures annonces sur la fin du quinquennat et sur les retraites tout particulièrement.

ris à contre-pied par le chef, les ministres et les députés LREM ont multiplié les déclarations contradictoires. Lemaire réclame de relever l’âge de la retraite « sans remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui » au nom de l’équilibre des comptes… lui qui a creusé les déficits avec un plan de relance qui a profité exclusivement au CAC40 ! Ferrand, président de l’Assemblée nationale, appelle à attendre l’après-présidentielles : « se précipiter serait folie à mes yeux », tout comme le patron LREM du Sénat, Patriat : « Il y a déjà eu assez d’embûches avec les gilets jaunes, le conflit sur les retraites et le Covid pour charger encore la mule » !

Après que Lutte ouvrière a décidé, lors de son congrès en décembre, de présenter à l’élection présidentielle Nathalie Arthaud, que le CCR a annoncé la candidature d’Anasse Kazib, le NPA vient de décider, lors d’une conférence nationale le week-end dernier, de présenter Philippe Poutou[1]. Si cela atteste d’une réelle vitalité du mouvement révolutionnaire, nous ne pouvons que regretter la division de nos forces, en particulier le choix fait par le CCR d’accentuer cette division en rompant avec le NPA pour tenter de présenter son propre candidat. Ce choix va à l’encontre des intérêts du mouvement, il ajoute la division à la division alors que la volonté de sortir de ce morcellement devrait être au centre de nos préoccupations et de notre politique.

En effet, cette vitalité du mouvement révolutionnaire masque une grande faiblesse, son incapacité à sortir du passé pour élaborer collectivement, mettre en œuvre une analyse, une compréhension de la nouvelle période, un programme et une stratégie révolutionnaire capables non seulement d’unifier leurs rangs mais d’aider aux évolutions des consciences, à la convergence des luttes et des mobilisations pour construire une large mouvement de contestation politique de la domination de l’oligarchie financière.

Malheureusement, la Conférence nationale du NPA s’inscrit dans ce processus où l’incapacité de dépasser nos limites nourrit les divisions et rivalités fractionnelles[2].

Nos échanges autour de la présidentielle et de ce que nous voulons y porter se tiennent alors que vient d’être publié un nouveau rapport du GIEC qui, à lui seul, donne la mesure des défis auxquels l’humanité, le monde du travail, la jeunesse doivent faire face. Il ne s’agit pas de demain, de perspectives lointaines, d’un supplément d’âme révolutionnaire. C’est aujourd’hui.

L’accélération, l’imminence de la faillite capitaliste a des conséquences très concrètes pour l’immense majorité de la population à travers le monde, des conséquences sociales, économiques, écologiques et démocratiques.

L’offensive des classes dominantes pour tenter de maintenir les profits d’une ultra minorité condamne des milliards de personnes à la misère, au dénuement, aux guerres, aux catastrophes climatiques et sanitaires. La pandémie qui n’en finit pas en est une illustration qui en annonce malheureusement très probablement bien d’autres.

A l’heure où nous écrivons, nous ne connaissons pas les résultats du deuxième tour des élections régionales. Ces derniers ne corrigeront pas, ou si peu, la photo que donne le premier de l’évolution des rapports politiques dans le pays. L’abstention a atteint un niveau record de près de 67 %, souvent plus de 80 % dans les quartiers populaires. Le deuxième tour confirme la tendance. Elle exprime un discrédit, un rejet du monde politicien, une indifférence à l’égard d’institutions qui ne fonctionnent qu’à sens unique en faveur des classes possédantes, des riches, une profonde lassitude aussi des discours démagogiques sécuritaires comme du mépris ostensible pour les classes populaires. Et les commentateurs, experts et autres décortiquent les ressentiments de cet animal pour eux étrange qu’est le citoyen, lui font la morale, le tancent et surtout s’inquiètent à l’idée que la machine à duper le bon peuple ne marcherait plus, serait délégitimée par son indifférence. Pire encore, à l’idée qu’il puisse échapper à leur domination idéologique car ils ont bien conscience que l’abstention débouche sur la crise politique, l’instabilité, la contestation qui ouvre la porte à la révolte, c’est-à-dire, au regard des bouleversements et régressions sociales annoncés, à des processus révolutionnaires. D’autant que le parti au pouvoir atteint à peine les scores du PS !

L’humanité est au seuil d’une catastrophe majeure et le dérèglement climatique est en train de prendre une tournure cataclysmique… tel est en substance le contenu du projet de rapport des scientifiques du GIEC qui a été rendu public mercredi dernier par l’AFP. Normalement, les rapports de ce collectif international de scientifiques du climat de l’ONU, passent par le filtre très diplomatique de son approbation par consensus par les 195 États membres… d’ailleurs celui-ci ne devait officiellement paraître qu’en février 2022, après la COP 26 qui doit se tenir à Glasgow…

Cette « fuite » est probablement le reflet de la prise de conscience d’une partie de la communauté scientifique du décalage, de plus en plus insupportable, entre les mensonges cyniques des chefs d’États, comme des représentants des multinationales et non seulement l’absence totale de réponse politique à la hauteur des enjeux mais surtout la fuite en avant des classes dominantes pour imposer « quoiqu’il en coûte » pour l’environnement et les populations la folie de leur course aux profits.

A l’heure où nous écrivons, nous ne connaissons pas les résultats des élections régionales si ce n’est que, sans surprise, les abstentionnistes sont les grands vainqueurs de ce scrutin dont la campagne s’est déroulée dans l’indifférence générale. Personne n’attend rien de ces joutes électorales très éloignées des préoccupations du monde du travail à travers lesquelles les politiciens se disputent postes et sinécures pour eux et leurs amis, multipliant des promesses auxquelles personne ne croit. Les uns comme les autres sont au service de l’ordre établi, celui de la propriété capitaliste, du fric qu’ils baptisent la République.

Si nous ne savons pas encore comment s’opérera la répartition des places, les rapports de force entre les partis institutionnels, nous connaissons la tendance générale qui, elle, est déterminée par la réalité des rapports de force entre les classes, entre les commanditaires et mentors des politiciens et la classe travailleuse, entre ceux qui s’approprient les fruits du travail humain et ceux qui les produisent.

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