Pour en finir avec « l’insouciance » cynique des capitalistes et de leurs serviteurs, faire nôtre la méthode anglaise de la révolte et de la lutte
« La fin de l’insouciance, la fin de l’abondance » a eu le culot de promettre Macron ce 25 août alors que des centaines de milliers de familles ne savent comment elles pourront se chauffer cet hiver, que l’inflation bondit, plus 24,5 % pour la viande, 18 % pour les pâtes… Les prix en grande surface ont augmenté de 7 % sur un an et pourraient atteindre 10 % d’ici la fin de l’année. Quant à l’électricité, les prix de gros pour 2023 ont battu de nouveaux records vendredi, 1000 € le mégawattheure alors qu’il y a un an il était de 85 €.
« Les combats que nous avons à mener, nous ne les gagnerons que par nos efforts » a péroré Macron mercredi au conseil des ministres dans la continuité de ses provocations du 19 août à Bormes-les-Mimosas demandant « de la force d’âme pour regarder en face le temps qui vient […] et accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs » !
La guerre en Ukraine, un tournant politique majeur vers un état de guerre permanent pour les besoins du capital
La guerre barbare et réactionnaire déclenchée par Poutine contre l’Ukraine s’inscrit dans un tournant politique majeur dans la situation internationale, en Europe et ici qui bouscule pour les années à venir les conditions dans lesquelles les travailleurs, les militants du mouvement ouvrier mèneront leur combat.
C’est pourquoi cette discussion est plus que nécessaire, et il est indispensable de s’affranchir de tout ultimatisme qui au nom d’un prétendu anticampisme voudrait disqualifier les positions qui ne cadreraient pas avec un nouveau type de... campisme.
La lutte contre l’extrême-droite et la montée des idées réactionnaires indissociable du combat de classe pour en finir avec le capitalisme
Avec l’entrée à l’Assemblée de 89 députés, alors que 8 du FN avaient été élus en 2017, le RN est le principal vainqueur de cette séquence électorale, une menace lourde de dangers dans le contexte de guerre sociale et de guerre tout court menées par les classes dominantes et le gouvernement. Une situation qui est loin d’être cantonnée à la France, alors qu’en Italie, l’extrême-droite arrive en tête des sondages des élections de septembre pour remplacer le gouvernement Draghi.
Face à la spirale inflationniste prix-profit, augmentation et échelle mobile des salaires, contrôle des multinationales, des banques et de l’État par les travailleurs
A en croire le gouvernement ou les experts économiques, il faudrait éviter à tout prix la fameuse « spirale prix-salaires » qui serait pire que le mal. Mais il suffit de voir les résultats de la plupart des grands groupes capitalistes pour constater que la seule spirale, c’est celle prix-profits, la hausse des profits se nourrissant directement de la hausse des prix.
Stellantis vient d’annoncer un bénéfice net de 8 milliards d’euros sur 2022, + 34 % sur un an. Pourtant, le groupe automobile a vu ses ventes reculer de 7 %... Mais il a profité des pénuries de semi-conducteurs pour augmenter ses prix et sa marge.
Même chose pour Hermès, qui annonce 1,64 milliard de bénéfices nets, une hausse de 39,7 % grâce à une marge « historique » de 42,1 % ! LVMH, numéro un mondial du luxe, vient d’annoncer 6,5 milliards de bénéfice sur 2022, soit + 23 % par rapport à l’an dernier.
Quant à TotalEnergies, les hausses des prix de l’énergie ont fait exploser les marges de raffinage. Le résultat net du groupe atteint 18,8 milliards de dollars sur le semestre, trois fois plus qu’en 2021. La multinationale a dégagé 25 milliards de cash, qui vont servir entre autres au rachat d’actions pour faire monter les cours. Indécent, au point que TotalEnergies s'est senti obligé d’annoncer une remise de 20 centimes à la pompe en septembre et octobre, puis 10 centimes en novembre et décembre… Tout aussi indécent, une aumône par rapport à leurs superprofits !
Ne rien attendre des joutes parlementaires, prendre la bataille pour les salaires en main nous-mêmes, s'attaquer au capital et au profit
Tandis que la guerre poursuit ses ravages insupportables en Ukraine, que l’inflation continue de grimper rendant la vie de plus en plus difficile pour des milliards d’êtres humains, que la révolte populaire qui couve dans les pays pauvres condamnés au pire dénuement vient d’exploser au Sri-Lanka et en Equateur, prolongeant la longue liste des révoltes sociales qui ont émaillé les dix dernières années, le Parlement débattait et adoptait le « projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat », avant d’enchaîner sur le projet de loi de finance rectificative (PLFR), portant lui aussi diverses mesures censées améliorer le pouvoir d’achat.
Le bloc réactionnaire, le parti présidentiel, LR et le RN, s'est retrouvé uni pour imposer son refus de toute augmentation de salaire en distribuant quelques mettes afin de donner le change face au mécontentement. La Nupes a voté contre, à l’exception de 18 députés qui n’ont pas pris part au vote, tandis que 17, tous du PS, se sont abstenus.
James Webb, une « nouvelle fenêtre sur l’histoire de notre Univers » qui nous parle aussi de l’avenir, tout est évolution, mouvement, révolution...
Aboutissement d’un projet ayant mobilisé 1200 scientifiques de 14 pays à travers la collaboration de la NASA et des Agences spatiales européenne (ESA) et canadienne (ASC) depuis une trentaine d’années, le télescope James Webb est le plus grand et le plus puissant des télescopes spatiaux jamais lancés. Après l’avoir positionné à près de 1,5 million de kilomètres de la Terre, avoir réussi à déployer son miroir géant de 6,5 m de diamètre, les scientifiques ont rendu publiques lundi 12 juillet les premières images fabuleuses de ce nouveau télescope… La première image révélée par la NASA est « l'image la plus profonde jamais prise de notre Univers », montrant avec une précision stupéfiante des galaxies lointaines remontant à plus de 13 milliards d’années.
Un exploit technique qui prépare de nouvelles révolutions scientifiques
Comme l’ont exprimé bien des scientifiques : « Nous sommes en train de vivre une révolution », pour reprendre les mots du président de la Société française d’astronomie et d’astrophysique.
Le monde du travail a la majorité absolue dans le pays, postulons nous-mêmes à faire la loi !
Après des jours de tractations de couloir, les rêves de Macron d’un « gouvernement d’union nationale » ou d’une coalition gouvernementale tombent à l’eau. Lundi, Borne présentait son « nouveau » gouvernement, remanié à la marge en fonction des revendications du Modem ou d’Horizons, le parti de Philippe. Abad a dû faire ses valises suite aux nombreuses plaintes de harcèlement sexuel et de viol, aux grands regrets du gouvernement qui voit partir son transfuge de LR.
Mercredi, Borne n’a pas voulu mettre au vote la confiance des députés dans son gouvernement, par crainte de le voir chuter à peine nommé. Macron qui espérait vainement se placer au-dessus de la mêlée des partis se retrouve président d’un gouvernement sans majorité, dominé par la mêlée...
Un tournant historique inédit qui exige des réponses inédites
La situation sociale et politique nationale et internationale est déterminée, quant au fond, par l’évolution du capitalisme financiarisé mondialisé qui entraîne l’ensemble de la planète dans une crise globale financière, économique, sociale, écologique sans autre réponse de la part des classes dominantes et des États qui les servent qu’une fuite en avant spéculative et guerrière, qui broie les populations et détruit la nature. Elle s’accompagne d’une offensive réactionnaire nationaliste, belliciste, d’une remise en cause des droits démocratiques et des droits des femmes en particulier au sein de la première puissance mondiale.
Il est aujourd’hui évident que la seule responsabilité criminelle de Poutine ne suffit pas à expliquer la guerre en Ukraine et son développement tragique. La politique de Biden et des USA se battant pour perpétuer leur hégémonie mondiale est un facteur déterminant dans son déclenchement, sa poursuite et aussi dans la montée du militarisme qui en est le corollaire à l’échelle internationale. Les populations d’Ukraine sont sacrifiées aux rivalités entre grandes puissances, à la concurrence globalisée et militarisée qui régit les relations internationales dans le monde capitaliste.
Ukraine, Russie, OTAN, les peuples pris au piège sanglant des rivalités et de la concurrence capitalistes
Ces jours derniers se sont tenus plusieurs sommets internationaux, BRICS, UE, G7 et Otan avec en toile de fond la militarisation accélérée du monde et la guerre de plus en plus meurtrière et absurde de la Russie contre l’Ukraine. Alors que s’ouvrait dimanche dernier en Allemagne un G7 sous haute surveillance policière pour tenir les manifestants à distance, l’armée russe bombardait délibérément, assez loin de la ligne de front, des cibles civiles dont un centre commercial très fréquenté à Krementchouk, faisant des dizaines de morts. Une réponse terroriste de Poutine aux chefs d’État du G7 réunis sous la direction de Biden pour accentuer les pressions diplomatiques, économiques et militaires contre la Russie, alors que ses troupes ont dû se retirer d’une grande partie de l’Ukraine pour se concentrer dans la région du Donbass et de la Mer Noire.
Depuis la fin mai, d’intenses tractations diplomatiques sous la houlette des États-Unis ont eu pour objectif de resserrer les alliances contre la Russie et de soutenir militairement l’Ukraine. Depuis le début de l’agression russe, le 24 février dernier, les États-Unis ont envoyé à l’Ukraine plus de 50 milliards de dollars d’équipements militaires, chars, blindés, hélicoptères, drones, missiles bien plus sophistiqués que ceux employés par les troupes russes. Fin mai, Biden, en tournée au Japon et en Corée du sud, les alliés des États-Unis en Asie, a promis de défendre militairement Taïwan en cas d’agression de la Chine, un engagement que les États-Unis s’étaient gardés de prendre jusqu’alors. Biden a décidé manifestement de faire monter la tension.
Le 16 juin, la commission des forces armées du Sénat états-unien a approuvé un budget militaire de 817 milliards de dollars en 2023, 45 milliards de plus que ce que Biden avait demandé.
Le combat pour le droit des femmes à disposer de leur corps, à l’avortement, un combat de toutes et tous contre l’offensive réactionnaire capitaliste
« Le droit à l’avortement, on s’est battu pour le gagner, on se battra pour le garder », « Solidarité avec les femmes du monde entier », « De New York à Paris, avortement libre et gratuit ! », des milliers de jeunes, de femmes et hommes de toutes générations ont manifesté ce samedi dans le pays, en écho et solidarité avec les mobilisations aux USA depuis plus d’une semaine.
Le 24 juin, la Cour suprême américaine, à majorité ultraconservatrice depuis la nomination par Trump de 3 juges anti-IVG, abrogeait l’arrêt Roe v. Wade. Cet arrêt de 1973, obtenu après de larges mobilisations, garantissait depuis 50 ans le droit à l’avortement sur tout le territoire des USA même si les embuches restaient nombreuses pour beaucoup de femmes.



