Inflation, retraites, chômage… Saisissons-nous du 29 septembre pour discuter, nous organiser, préparer la lutte pour en finir avec ce vieux monde
« La crise du pouvoir d'achat se déchaîne, la confiance s'effrite, les inégalités explosent, notre planète brûle » et, malgré tout, « nous sommes bloqués par un dysfonctionnement mondial colossal » vient de déclarer le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en rajoutant : « Ne nous berçons pas d'illusion. Nous sommes dans une mer agitée. Un hiver de grogne mondiale se profile à l'horizon ».
Une déclaration qui traduit l’inquiétude des classes dominantes devant leur propre impuissance face à la faillite de leur système. Guerre, inflation, crise climatique et environnementale… Le capitalisme est à bout de souffle, hors contrôle.
La période et nos tâches
Contribution aux discussions au sein du NPA
Discuter de nos tâches et des enjeux auxquels les révolutionnaires sont confrontés commence par prendre la mesure du tournant en cours. Les propos de Macron sur « la fin de l'insouciance et de l’abondance », le « Nous sommes en guerre » expriment la façon dont les classes dominantes abordent la situation politique et prennent acte du tournant majeur qui s'est opéré à l'échelle internationale.
Après le Covid, la guerre en Ukraine est un révélateur et accélérateur des bouleversements en cours, des enchaînements irréversibles engendrés par la politique des classes dominantes en réponse à la crise mondiale du capitalisme financiarisé mondialisé, sa marche à la faillite. Les positionnements, la compréhension de ce qui se joue aujourd’hui sont fondamentaux pour penser les prochains développements de la lutte de classe et nos propres tâches en toute indépendance de classe.
Nous avons besoin d'apprécier la dimension inédite de la situation, du stade du développement du capitalisme et de ses conséquences même s’il nous est difficile d’anticiper comment les différents éléments qui se combinent dans la situation sociale et politique vont agir.
Mascarade moyenâgeuse… l’hommage mortuaire du vieux monde à sa reine, un monde à renverser
Lundi auront lieu les fastueuses obsèques d’Elizabeth devant un parterre de chefs d’État du monde entier, point d’orgue d’un indécent, obséquieux et servile hommage rendu et orchestré depuis sa mort, le 8 septembre, par l’État anglais et les puissants de ce monde, relayé complaisamment par tous les médias. La succession interminable des cérémonies étalant le faste de la Monarchie anglaise se veut la démonstration de la ferveur populaire, comme si toute la population, des plus riches aux classes populaires, aux travailleur.se.s devait manifester du respect, se mettre à genoux devant cette institution d’un autre âge, symbole du pouvoir des classes privilégiées.
Le dernier service de la reine aux classes dominantes
De Macron à Poutine, tous les grands de ce monde, monarchistes, républicains, dictateurs ont rendu un salut unanime à « une reine d’exception », « de vaillance », une « source d’inspiration », à la fidélité d’une monarque qui, en 70 ans de règne, a servi sans faillir les intérêts de l’impérialisme anglais et des classes dominantes.
Tous ont eu les mêmes mots sincèrement admirateurs, subjugués par une telle célébrité, un tel faste, une telle richesse, exprimant une fidélité sans faille à la religion des classes dominantes, la propriété capitaliste dont cette femme qui a traversé les tempêtes, couvert tous leurs crimes, leurs sanglantes infamies, cette imposture sans limite, était le symbole.
Inflation, hausse des taux d’intérêts, menace de récession, offensive contre les salaires et les retraites… quand la finance et les États tentent de conjurer leur crise en la provoquant...
Lundi 12, Macron a remis sur le tapis sa réforme des retraites, bloquée par les mobilisations de l’hiver 2019-2020 puis par la pandémie de covid. Nouveau contexte, nouveaux arguments : il faut trouver de l’argent pour financer la transition écologique, les services de santé, l’éducation … Mais même cynisme et mêmes mensonges qu’il nous sert avec son « CNR », opération d’enfumage qui tente d’associer les organisations qui veulent bien s’y prêter, ONG, associations ou syndicats comme la CFDT, à la mise en œuvre d’une nouvelle série de mesures de régression sociale.
Ces discours sont d’autant plus insupportables que tout dans la situation actuelle, sur les plans économique, financier, écologique, sanitaire, social, géopolitique, confirme la déroute du capitalisme financier mondialisé. Déroute face à laquelle les États et des grandes institutions monétaires, les banques centrales, n’ont d’autre politique que de l’aggraver pour tenter de la maîtriser !
Au nom de leur guerre, Macron voudrait nous imposer « la sobriété » pour le compte du CAC4O, pour nous, c’est non !
« Nous sommes en guerre, c’est un état de fait », voilà comment Macron a appelé à « être au rendez-vous de la sobriété » lundi devant la presse. Face à l’inflation et à l’annonce de l’arrêt des livraisons de gaz russe, il reprend la posture de la crise sanitaire, décrétant la « mobilisation générale » pour baisser la consommation électrique de 10 %.
Une façon de préparer l’opinion aux augmentations de l’énergie, au rationnement et aux coupures, dont il compte bien préserver les entreprises et les profits. Une situation qui risque fort de s’aggraver pour la plus grande partie de la population, qui pratique déjà largement la « sobriété » sur le chauffage pour tenter de limiter la flambée des factures. Des hausses amplifiées par la spéculation qui mise sur les risques de pénurie. Sur le marché à terme, le prix de l’électricité en France vient de franchir un record : 1000 € le mégawattheure… contre 85 € un an plus tôt !
Macron prépare une offensive contre les travailleurs et les classes populaires, posant au chef de guerre qui annonce « la fin de l’abondance » et appelle à payer « le prix de la liberté ». Une guerre pour continuer d’alimenter « quoi qu’il en coûte » la machine à profits parasitaire et destructrice.
Chili : les reculades de la gauche ont enterré la nouvelle Constitution, pas la révolte
Le 4 septembre, par un vote obligatoire, une large majorité (62 %) a rejeté la Constitution rédigée par la Convention Constitutionnelle. Une déception pour des millions de Chiliens voulant ainsi en finir enfin avec la Constitution dite de Pinochet. Et aussi, surtout, un revers pour le gouvernement de la nouvelle gauche de Gabriel Boric. Un échec et le désaveu de sa politique qui, tout en disant défendre une Constitution au contenu progressiste, recherche le compromis avec les forces du centre et de droite, avec l’État et la bourgeoisie, une politique qui a contribué à la victoire du camp de la réaction et des pinochétistes.
Nous comprenons la déception et la colère de toutes celles et ceux qui voulaient, enfin, tourner la page sanglante de la dictature de Pinochet. Mais la nouvelle Constitution ne représentait de garantie que pour les classes dominantes qui n’ont cependant pas accepté les quelques acquis démocratiques issus de la rue qu’elle portait.
Préparer la contre-offensive du monde du travail, œuvrer à la convergence des luttes et au rassemblement démocratique des révolutionnaires
Discuter des enjeux auxquels le mouvement révolutionnaire est confronté face à la situation sociale et politique commence par prendre la mesure du tournant en cours, sa signification et sa portée. Les propos de Macron en cette rentrée, - « la fin de l'insouciance et de l’abondance », « Nous sommes en guerre » - au-delà du personnage et de sa mise en scène, donnent à voir la façon dont les classes dominantes abordent la situation politique prenant acte, à leur façon, du tournant majeur qui s'est opéré à l'échelle internationale. Après le Covid, la guerre en Ukraine joue le rôle de révélateur et d'accélérateur des bouleversements en cours, des enchaînements irréversibles engendrés par la politique des classes dominantes en réponse à la crise mondiale du capitalisme financiarisé mondialisé, sa marche à la faillite.
Nous avons besoin d'une appréciation de la dimension inédite, spécifique du stade historique de développement du capitalisme et de ses conséquences sur les évolutions de la société, sur le déroulement de la lutte de classes.
Une rentrée scolaire dans la tourmente de l’offensive libérale
La rentrée s'annonce « convenable même si elle ne se déroule pas dans des conditions optimales »… « il y aura un professeur devant chaque classe dans toutes les écoles de France », annonçait le nouveau Ministre de l’éducation Pap N’diaye, une semaine avant la rentrée, alors qu’il manquait 4 000 enseignants début juillet, à l’issue des concours de recrutement. Début août, à l’Assemblée nationale, il reconnaissait une rentrée « plus difficile que d’habitude » et un recours aux contractuels « plus important que je ne souhaiterais ».
En prévision d’une rentrée qui révèle l’état de délabrement de l’école, de nombreuses académies comme celles de Versailles ou de Dijon ont organisé à la va-vite des recrutements de contractuels. Les candidat.e.s de niveau Bac+3 avaient 20 à 30 minutes pour convaincre un jury de leur « capacité à enseigner » et les sélectionné.e.s ont bénéficié d’une formation express de quatre jours à la veille de la rentrée pour apprendre à utiliser un cahier de texte, un cahier-journal, trouver des outils sur internet… avant de se retrouver seul.e.s, sans aucune expérience, devant une classe.
Catastrophes climatiques, crise énergétique, inflation, guerres, l’urgence d’une rupture avec le capitalisme en faillite
Depuis une dizaine de jours, les déclarations provocatrices se succèdent reflétant autant l’impuissance et la panique du gouvernement face à l’aggravation de la crise globale du capitalisme et à la colère sociale qui monte, que le cynisme de sa fuite en avant au service des classes dominantes.
Après « la fin de l’insouciance et de l’abondance » annoncée par Macron, Elisabeth Borne a décliné la « sobriété » à toutes les sauces. « L’heure n’est plus aux querelles entre les partisans d’une écologie des petits pas et ceux de la décroissance », a-t-elle déclaré devant le Medef, appelant chacun à « prendre sa part, à sa mesure » en « organis[ant] ensemble la baisse de la consommation d’énergie ». Elle a demandé aux entreprises de réduire leur consommation énergétique de 10 % dans les prochaines semaines… diminution qui s’inscrit le plus souvent dans les plans de réduction des coûts que les entreprises prévoient déjà. L’occasion aussi pour certaines de réclamer de nouvelles aides de l’Etat comme Lactalis, leader mondial des produits laitiers, qui en a profité pour demander le déplafonnement des aides publiques à l’investissement dans la transition énergétique.
Le socialisme, le communisme, « un projet de société » ou « le mouvement réel qui abolit l'état actuel » ?
« Écosocialisme, communisme, autogestion… Pour quel projet de société nous battons nous ? », ce débat est, en réalité, un débat sur notre programme, notre projet politique commun, plus largement celui du mouvement révolutionnaire, un débat qu’au final nous n’avons jamais, depuis la fondation du NPA, mené sérieusement alors que notre congrès de fondation l’avait mis à l’ordre du jour afin de clarifier les ambiguïtés stratégiques et programmatiques qui prévalaient à sa naissance. Cette faiblesse de direction, conséquence des réticences de la principale fraction du NPA, la section française de la IV, à soumettre à la discussion sa propre orientation des partis larges combinée à l’écosocialisme, est une des principales explications du renforcement des divisions au sein du NPA et de son affaiblissement.



