49.3, mascarade parlementaire, inertie syndicale,… pour les salaires, organisons-nous par en bas pour la convergence des luttes
Samedi, après avoir interdit la manifestation, le gouvernement a fait charger 1 500 gendarmes face aux 4 000 manifestants opposés au chantier de méga-bassine à Sainte-Soline sans réussir le moins du monde à empêcher la mobilisation qui s’est poursuivie aujourd’hui dimanche. Un pouvoir au service de l’agro-business, mais sa réponse montre aussi sa fébrilité face à toute contestation qui pourrait faire tache d’huile dans la situation actuelle.
En quelques jours, le gouvernement a dû dégainer trois fois le 49.3 pour faire passer sa loi de finance et celle de la Sécurité Sociale. Un aveu de faiblesse, même si le pouvoir peut compter sur la mécanique bien huilée de ces institutions au service des plus riches pour poursuivre sa politique de subvention des profits « quoi qu’il en coûte ».
Le budget 2023 prévoit ainsi la réduction de moitié de la CVAE, cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, qui a remplacé en partie la taxe professionnelle. Celle-ci doit même totalement disparaître en 2024, soit un cadeau de 8 milliards pour le patronat ! Il rajoute aussi 3,5 milliards d’aides pour les entreprises embauchant en contrat d’apprentissage, une façon de fournir au patronat des jeunes payés au rabais dans le cadre des attaques contre les lycées professionnels. Il prévoit également 12 milliards d’aides aux entreprises pour leur facture énergétique, alors que le bouclier tarifaire des ménages va se détériorer au 1er janvier en permettant des augmentations de 15 % des factures de gaz et d’électricité.
Le renforcement de la dictature de Xi Jinping ou l’État chinois pris en étau entre la concurrence mondialisée et la crainte du prolétariat
Xi Jinping a organisé sa réélection à la tête de l’État chinois par le XX° congrès du Parti communiste, concentrant tous les pouvoirs, ou presque, au nom de la « sécurité nationale... fondement du renouveau de la nation ».
De nombreux médias et dirigeants, à commencer par Biden, ont beau jeu de dénoncer la dictature pour alimenter la campagne contre « la menace chinoise », fauteuse de crise et porteuse d'un danger de guerre à Taïwan. Cette campagne agressive leur sert à camoufler la responsabilité des vieilles puissances dans les surenchères guerrières et la logique destructrice du capitalisme mondialisé. Une campagne qui prépare l'opinion à l'aggravation des tensions.
Le NPA menacé de scission, énième épisode des divisions du mouvement trotskyste désarmé face à la nouvelle période
A l’occasion des allocutions politiques lors de la fête du NPA 33, samedi dernier, Philippe Poutou a, dès ses premiers mots, parlé publiquement du congrès prévu début décembre qui, ainsi que le rapporte le journal Sud-Ouest dans une interview, « a de grandes chances de se solder par une scission ». Pour développer l’idée « d’une gauche de combat, radicale » et expliquer :« La Nupes a posé la question de comment reconstruire une force à gauche. On doit participer à cette réflexion. [...] On entend être présent pour mettre la pression sur cette gauche qui est en train de se reconstruire. On pense qu’il faut aller vers plus de radicalité, mais on a tout à intérêt à sortir du sectarisme. » La majorité actuelle du NPA s’engage donc dans la discussion avec la gauche parlementaire, une gauche de gouvernement sur les voies et moyens de construire « une gauche de combat » tout en dénonçant celles et ceux qui veulent rompre avec cette gauche comme des sectaires. Elle réserve son sectarisme à celles et ceux qui ne sont pas d’accord et veulent défendre une tout autre stratégie révolutionnaire. Il y a maintenant près de deux ans, elle a poussé le CCR dehors pour, de plus forte minorité, devenir majorité et maintenant, elle voudrait utiliser cette position et l’écho relatif mais réel de la campagne présidentielle au service de ce qui en fut l’axe, la construction d’une gauche de combat. Pour ce faire, elle voudrait avoir les mains libres en soumettant à sa politique les courants et fractions du NPA en désaccord avec celle-ci en « suspendant » leurs droits après avoir, au passage, rompu ses relations avec Lutte ouvrière.
De la grève des raffineurs au 18 en passant par le 16, une première étape et quelques enseignements pour la suite...
La journée d’action interprofessionnelle du 18, qui avait été appelée à la hâte par la CGT, Solidaires, FSU et FO le mercredi 12 octobre en solidarité avec les raffineurs en grève, contre les atteintes au droit de grève que sont les réquisitions, pour l’augmentation des salaires a été marquée par de nombreuses initiatives qui témoignent des raisons multiples du mécontentement, d’une profonde colère latente. Plusieurs débrayages et grèves parfois reconductibles pour les salaires ont eu lieu dans de grandes entreprises chez Airbus à Toulouse ou à la SNCF ou se sont poursuivies comme chez EDF dans les centrales nucléaires. D’autres dans des entreprises plus petites où la grève est rarissime comme entre beaucoup d’autres dans l’entreprise de bus en Essonne, Kéolis-Daniel Meyer où les salarié.es ont installé un piquet de grève 24 heures sur 24 devant leur dépôt à Monthléry. Ils n’en peuvent plus de leurs salaires à 13,23 euros bruts de l’heure pour des journées qui peuvent commencer à 5 heures ou se terminer à 23 heures. Le 18, c’était aussi la forte mobilisation des enseignants des lycées pro contre une réforme qui, après celle de Blanquer, est destinée à liquider l’enseignement professionnel. « Nos élèves ne sont pas de la chair à patrons », un des slogans de leurs cortèges, résume la réforme. 11 semaines d’heures d’enseignement sont remplacées par des stages en entreprises et le gouvernement veut en finir avec le caractère national des diplômes afin d’adapter les jeunes -680 000 élèves concernés- aux besoins locaux du patronat. Il veut aussi réduire ces budgets, 8000 à 10 000 enseignants seraient contraints de quitter leur établissement. Dans de nombreuses villes, des cortèges de jeunes étaient présents, certains avaient bloqué leur lycée, contre cette réforme dans les lycées pro, mais aussi dans les lycées d’enseignement général et dans les facs, contre la sélection accrue en faculté à travers Parcoursup, en solidarité avec les travailleurs en grève pour les salaires, contre la répression, l’expression d’une révolte contre ce monde qu’ils jugent insupportable.
Pour les salaires, préparer le 18 octobre et la suite... Ni union nationale, ni dialogue social ! Indépendance de classe !
En quelques jours, la grève des raffineurs d’Exxon-Mobil et de Total a changé la donne, le climat social et politique du pays. Elle a entrouvert une brèche face à l’offensive et à l’arrogance du patronat et du gouvernement. Les attaques de celui-ci et de la direction de Total contre les grévistes ont eu le résultat inverse de celui recherché. Lorsque Elizabeth Borne a annoncé le lundi 11 à l’Assemblée que des grévistes allaient être réquisitionnés dans les dépôts d’Exxon-Mobil, l’après-midi même les raffineurs de Donges en Loire-Atlantique rejoignaient la grève. Après avoir refusé toute négociation depuis des semaines, la direction de Total, pressée par la grève et le gouvernement, a annoncé ouvrir une discussion jeudi soir avec les syndicats de salariés. La CGT en a claqué la porte dans la nuit, estimant à juste titre qu’y rester aurait été s’aplatir devant la direction. Les deux autres syndicats de l’entreprise, la CFDT et la CGE-CFC, ont déclaré qu’un accord avait été trouvé sur une augmentation de l’ordre de 7 % dont ils n’auraient pas pu se vanter s’il n’y avait pas eu la grève. Un « accord au rabais » disent les grévistes et la CGT, loin des 10 % qu’ils revendiquent parce qu’ils estiment qu’en plus de compenser l’inflation, Total devrait céder à ses salariés une partie des bénéfices exceptionnels qu’il a faits sur leur travail.
Le prix Nobel pour la « deuxième révolution quantique », une révolution scientifique qui prépare et rend nécessaire une révolution globale !
En début du mois, le prix Nobel de physique a couronné trois scientifiques, spécialistes de la physique quantique, la physique de l’infiniment petit, le français Alain Aspect, l’Américain John Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinger.
Ils sont récompensés pour leurs travaux qui ont abouti à la vérification expérimentale d’une propriété révolutionnaire : « l’intrication quantique ». Une propriété prévue théoriquement par Albert Einstein dès 1935, mais tellement déroutante et contre intuitive qu’il considérait qu’étant impossible elle était surtout la preuve des limites d’une physique quantique encore en construction... et cela resta un sujet de polémique pendant des décennies avec un autre fondateur de la théorie quantique, Niels Bohr. Et en effet, cette propriété est pour le moins déroutante : deux particules jointes au départ restent unies par des liens indéfectibles, même à très grande distance, et continuent à avoir des comportements semblables...
Solidarité avec les raffineurs en grève contre TotalEnergies et ExxonMobil, œuvrons tous ensemble à une contagion salutaire des luttes
Stations-service à sec, carburants réservés aux services d’urgence, menaces de pénurie, les grèves dans les raffineries TotalEnergies et Exxon Mobil posent avec force la question de l’augmentation des salaires que le patronat voulait étouffer avec l’aide du gouvernement et de sa loi sur le pouvoir d’achat votée fin juillet. Dans de nombreuses entreprises, les salarié.es ont entrepris et organisé lors de la journée interprofessionnelle du 29 septembre, avant et après cette date, des actions, des assemblées générales, des débrayages et des grèves reconductibles sans se laisser enfermer dans le cadre routinier et institutionnel des traditionnelles journées d’action.
A Stellantis, le 28 septembre, près de 5000 salariés de PSA ont fait grève sur plusieurs sites, ce qui n’était pas arrivé depuis 1989. Inquiète d’une série de débrayages dans plusieurs usines, la direction avait appelé à une réunion sur le « pouvoir d’achat », réunion qui accouche d’une prime de 1000 euros. Cette annonce le 27 septembre a provoqué la colère, une prime dérisoire au regard des 8 milliards d’euros de bénéfices réalisés par Stellantis dans les 6 premiers mois de l’année et convainc les travailleurs qu’il faut une augmentation de salaires et non une prime. La CGT historique PSA Poissy, où milite Jean-Pierre Mercier et que la bureaucratie veut exclure, appelle à la grève dès le lendemain. Le matin du 28, sur plusieurs sites, des ouvriers n’ont pas attendu pour lancer les débrayages eux-mêmes, et il y a 5000 grévistes le 28, un événement. La lutte continue.
Brésil, la probable victoire de Lula ne sera pas la défaite de la réaction bolsonariste ni du capitalisme qui l’a engendré
Au terme d'une campagne dominée par la violence et les provocations verbales et physiques de l’extrême droite, les résultats de l’élection présidentielle au Brésil ont placé Lula en tête avec 48,2 % des voix, contre 43,30 % pour Bolsonaro. Un deuxième tour aura lieu le 30 octobre alors que, la veille même du premier, les sondages donnaient Lula élu. « La lutte continue jusqu’à la victoire finale. C’est juste une prolongation, nous allons remporter cette élection », a-t-il déclaré minimisant le revers. Sur les 156 millions de Brésiliens appelés aux urnes, près de 32 millions d’entre eux, 20,9 % de l’électorat, se sont abstenus bien que le vote soit obligatoire, le plus haut niveau depuis 1998. Une statistique qui exprime le rejet croissant d’un système social et politique inégalitaire, injuste et corrompu.
« Femme, vie, liberté » En Iran, les femmes, force motrice de la révolution
La mort le 16 septembre de Masha Amini, 22 ans, suite aux violences exercées contre elle par la police des mœurs lors de son arrestation à Téhéran trois jours auparavant, a provoqué un mouvement de révolte qui a gagné en quelques jours l’ensemble du pays malgré la répression.
Masha avait été interpellée pour « port de vêtements inappropriés », parce que son voile sans lequel les femmes en Iran ne peuvent pas sortir de chez elles, laissait dépasser une mèche de cheveux. Les manifestations de protestation contre sa mort ont commencé dès l’annonce de celle-ci, devant l’hôpital de Téhéran où elle avait été amenée, dans le coma, puis lors des funérailles de Masha au Kurdistan iranien, dont elle était originaire et dont la population subit depuis des décennies oppression nationale et répression. Elles se sont propagées dès le lendemain à Téhéran et dans des dizaines d’autres villes de toutes les régions du pays. De nombreuses femmes se sont filmées en train de jeter leur voile dans le feu et de couper leurs cheveux, un geste public et collectif d’un courage extraordinaire pour signifier leur rupture avec le régime. Des hommes ont rejoint en masse la révolte des femmes contre le port du voile, chantant des slogans tels que « je tuerai, je tuerai celui qui a tué ma sœur » et jetant eux-mêmes des voiles dans le feu.
La folle escalade guerrière de Poutine, « un retour à l’âge des impérialismes et des colonies » ou la continuité mondialisée du capitalisme prédateur et militariste
« Ce à quoi nous assistons depuis le 24 février est un retour à l’âge des impérialismes et des colonies. La France le refuse et recherchera obstinément la paix », lançait Macron, il y a dix jours, à l’occasion de la 77e Assemblée générale des Nations unies. Le roi de l’imposture voudrait ainsi perpétuer le mythe d’une mondialisation sinon heureuse du moins démocratique et pacifiste pour justifier la politique de l’Otan au nom de nos prétendues « valeurs » face au retour de l’impérialisme dont l’odieuse guerre de Poutine serait l’incarnation ! Comme si la mondialisation financière dans la continuité de la logique du capitalisme impérialiste n’avait pas entraîné le monde dans un état de guerre permanent dont la guerre en Ukraine est un nouvel et sanglant épisode ! Et Poutine accuse l’Otan de vouloir faire de la Russie « une colonie » après avoir annexé de force 4 régions d’Ukraine !



