La réforme des retraites du gouvernement Macron présentée mardi dernier par sa première ministre Elisabeth Borne constitue une véritable déclaration de guerre contre le monde du travail et la population. La profusion des détails techniques qui l’accompagnent n’en efface pas le fait essentiel, le recul progressif dès septembre de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans d’ici à 2030 et l’accélération -par rapport à ce que prévoyait la loi Touraine de 2014- de l’augmentation du nombre d’années de cotisation nécessaire pour avoir droit à une retraite à taux plein porté à 43 ans d’ici à 2027. Tandis que les jeunes ne trouvent pas de travail ou que des emplois précaires, les plus âgés seraient contraints de se crever au boulot pour au bout du compte quelques années seulement de retraite, et encore pas toujours en bonne santé et avec des pensions misérables. Et ce n’est pas la promesse mensongère de revaloriser les petites retraites pour les porter à 1200 euros qui pourrait faire passer la pilule. Les 1200 euros, c’est en brut et ne pourront y prétendre que les salariés ayant une retraite à taux plein, c’est-à-dire pouvant faire état de 43 années de cotisation.

Lors de ses vœux aux hospitaliers, vendredi 6, Macron a prévenu : « On va vivre dans une situation qui va se dégrader », avouant ainsi lui-même que les mesures qu’il venait de présenter pour la Santé ne suffiraient pas à inverser la tendance. Il n’y pas si longtemps, au plein cœur de la crise covid, Macron et Le Maire nous parlaient des « jours heureux » qui ne manqueraient pas de revenir grâce au « quoi qu’il en coûte » ; lorsque la poussée inflationniste a commencé à faire ses dégâts, tous prétendaient y voir un épisode passager… La rhétorique s’est manifestement inversée, plus la moindre lueur d’espoir ! Il s’agit désormais de « tenir » dans une « situation de guerre » où demain sera pire qu’avant…

Cette politique participe d’une politique globale de la bourgeoisie, largement relayée par la presse. Mardi 11, le Monde titrait : « La banque mondiale s’inquiète du ralentissement économique global ». Selon cette dernière, « Ce ralentissement brutal devrait être généralisé, les prévisions étant revues à la baisse pour 95 % des économies avancées, dont la croissance ne devrait pas dépasser 0,5 % en 2023, et près de 70 % des pays émergents et en développement». Quelques jours plus tôt, Les Echos écrivaient que, selon le Fonds monétaire international, « un tiers de l’économie mondiale sera en récession en 2023 »…

Guerre en Ukraine, retraites, inflation, crise climatique… Macron a une nouvelle fois cherché à s’appuyer sur les peurs et les inquiétudes lors de ses vœux. Appelant à pourfendre « l’esprit de la défaite » et bien sûr à « travailler davantage », il tente de rallier à sa politique d’union nationale derrière le capital pour étouffer la contestation politique et sociale qui monte.

La posture tourne au ridicule. Ses grands appels à « l’unité » sont bien impuissants à stopper le mécontentement contre sa réforme, tout comme les justifications mensongères affirmant qu’avec le recul de l’âge de départ à 65 ans, « l’objectif est de consolider notre régime qui, sans cela, serait menacé ». Le système de retraite sera excédentaire de 3 milliards en 2022 et les fameux déficits mis en avant par le gouvernement représentent… 0,45 % du PIB sur les 25 ans à venir. Rien d’insurmontable, surtout en exigeant notre dû sur les salaires !

« L’hôpital public n’est plus capable d’amortir la moindre crise sanitaire, même si elle est prévisible » dénonçait fin décembre une tribune de 5000 médecins, soignants et agents hospitaliers dans Le Monde. Pas un jour sans que la presse se fasse l’écho de la faillite du système de santé, « On marche en avant vers le grand nulle part » ; « Urgences sursaturées » ; « Urgences de l’hôpital de Thionville, 55 des 59 infirmiers et aides-soignants sont en arrêt maladie » ; « Au moins 10 millions de Français n’ont aujourd’hui plus de médecins généralistes » ; « Urgences débordées, cabinets médicaux fermés ou engorgés, laboratoires mobilisés : un janvier noir »… Les « experts » se relaient sur les plateaux télé pour « tenter de comprendre ». Jusqu’à Buzin, ex-ministre de la santé mise en examen pour « mise en danger de la santé d’autrui » pour sa gestion de la pandémie, recasée à l’Organisation Mondiale de la Santé puis récemment nommée à la Cour des comptes, venue doctement expliquer sur le plateau de C ce soir que « l’effondrement » est sans retour, « nous ne retrouverons pas le niveau d’avant […] le monde entier est un désert médical […] il manque 15 millions de soignants et en manquera 18 millions en 2030 ».

« Le peuple américain sait que si nous ne résistons pas à des attaques aussi flagrantes contre la liberté, la démocratie et les principes fondamentaux tels que la souveraineté et l’intégrité territoriale, le monde sera confronté à des conséquences bien pires » déclarait Biden lors de la visite de Zelensky à son suzerain, à Washington le 21 décembre, contribuant à ouvrir les yeux de toutes celles et ceux qui s’obstinent à ne pas voir dans les USA, leurs alliés et l’Otan des puissances belligérantes. Les grands principes ont toujours été pour les vieilles puissances impérialistes des slogans destinés à couvrir leurs exactions de nobles ambitions hypocrites quand il s’agit en réalité de défendre leur domination sur le monde. L’année qui commence ne manquera pas malheureusement d’illustrer dramatiquement cette vérité. Zelensky a fait ce que ses maîtres attendaient de lui. Il a dit ce qu’eux ne pouvaient pas dire, prononçant un discours belliciste et violemment antirusse devant un congrès au garde-à-vous, et a obtenu ce que les USA voulaient, financer et armer leur guerre par procuration.

Nous avons souhaité revenir sur l’histoire de notre courant, sa contribution à la lutte pour l’unité des révolutionnaires, à travers une sélection de textes qui sont autant d’éléments de bilans et de discussion sur les évolutions du capitalisme, de la situation sociale et politique, du mouvement ouvrier ainsi que du mouvement révolutionnaire qui ont façonné les coordonnées de la période actuelle.

La scission au sein du NPA tourne une page. Il ne s’agit pas simplement d’un nouvel épisode de la crise chronique du mouvement révolutionnaire mais d’un symptôme aigu de cette crise. Confrontés à cette situation nouvelle, il nous a semblé indispensable de revenir sur les années qui ont vu la naissance de notre courant, sa fusion avec la Ligue communiste révolutionnaire puis la fondation du NPA jusqu’à son explosion. Indispensable pour nous afin d’avoir une appréciation de notre politique au regard de la situation actuelle et être en mesure de la reformuler au regard des tâches nouvelles qui s’imposent à nous, aux militant.es du NPA toutes tendances confondues et à l’ensemble du mouvement révolutionnaire.

Le spectacle de la coupe du monde de football occupe la une, à grand renfort de commentaires et de cocoricos ridicules, voire franchement détestables quand ils encouragent des activistes d’extrême droite à s’attaquer à des Marocains et à manifester aux cris de « dehors les Arabes » comme ils l’ont fait dans plusieurs villes le soir du match France-Maroc. Le nationalisme et le chauvinisme nourrissent le racisme.

Quant à Macron, il a fait le voyage au Qatar, où les dirigeants politiques sont passés maîtres dans l’art de la corruption, pour tenter de capter la sympathie que peuvent susciter les joueurs de l’équipe de France arrivés en finale. Il le fait à compte personnel et pour servir sa politique au service d’une minorité capitaliste parasite qui pille le travail de la grande majorité de la population.

On le voit sur la question des salaires, des attaques contre les chômeurs, la santé et l’éducation, tous les services publics qui devraient répondre aux besoins de la population du pays.

Le congrès du NPA n’a pas réussi à empêcher l’irresponsable projet scissionniste de sa plus grosse fraction, celle animée par des militant.es de la IV° Internationale, l’ancienne majorité. Cette scission, coup de force contre les militant.es du NPA, constitue une véritable exclusion de celles et ceux qui ne partagent pas l’orientation mise en œuvre par cette dernière. Celle-ci parle avec une légèreté cynique de « séparation ». Elle tente de donner une légitimité à sa démarche qui a bafoué le choix majoritaire clairement exprimé durant les AG préparatoires au congrès. Peu lui importe, sa préoccupation est d’avoir les mains libres pour mener sa politique « unitaire » en direction du nouveau réformisme, le populisme de gauche de LFI et de la Nupes, trouver une place à la marge de la gauche institutionnelle.

Ce coup de force est la conclusion logique de l’orientation politique mise en œuvre depuis le dernier congrès liquidant le projet du NPA pour aller vers sa transformation en section française de la IV alignée sur la politique des partis dits « larges ». Minorité de direction à l’issue du congrès précédent en 2018, ayant réussi à s’imposer d’abord comme « majorité de direction », majorité toute formelle, elle est devenue majoritaire après avoir poussé dehors les camarades de Révolution permanente, premier effet de son offensive contre les fractions et courants déclarée ouvertement il y a plus de deux ans. Ce processus pour prendre et garder la main sur le NPA a abouti au coup de force bureaucratique du congrès. Après avoir censuré tout débat réel en plaçant la discussion, comme la vie interne du NPA, depuis des mois sous la menace, le chantage à la scission ou à la « suspension » des fractions, elle a mené à terme le processus en excluant les autres courants du NPA sommés de se soumettre ou de se démettre.

Alors que le gouvernement entretient un climat de peur en brandissant la menace de coupures d’électricité, lundi 5 décembre s’est ouvert le débat parlementaire sur le projet de loi visant à accélérer la production d’énergies renouvelables. Il y a urgence ! L’Etat français, déjà condamné pour son retard en matière de lutte contre le réchauffement climatique, est aussi mis à l’amende de 500 millions d’euros par l’UE pour ne pas avoir atteint ses objectifs en 2020 de 23,7 % de part d’énergie renouvelable dans la consommation globale d’énergie.

Cela n’empêche pas Macron de multiplier les annonces qui, derrière le bluff, indiquent bien la direction : « La France doit être la première nation à sortir des énergies fossiles avant 2050 », a-t-il déclaré la veille. « Investir, simplifier les règles et accélérer les projets, car, au fond, la clé, sur le climat comme sur l’attractivité, c’est la vitesse. »... Vitesse pour offrir cette manne des énergies renouvelables aux industriels du secteur !

Or, si entre deux recours au 49-3, le gouvernement a pu parfois compter sur le soutien de la droite voire du Rassemblement national pour faire adopter ses textes, cette fois devant leur hostilité, il a impérativement besoin pour ce projet de loi du soutien ou au moins de la neutralité des différentes composantes de la Nupes, de la FI, du PCF, du PS et des écologistes.

Macron a passé 3 jours la semaine dernière en Amérique pour, selon ses termes, répondre au « besoin de resynchroniser les agendas américain et européen » sur le plan économique. Il prétendait vouloir convaincre son « ami » Biden de faire une exception pour l’économie européenne dans la guerre commerciale qu’il mène au nom de Wall Street. L’industrie européenne subit en effet de plein fouet les conséquences de l’offensive protectionniste du capitalisme US, en particulier celles du plan « Inflation Reduct Act » (IRA) voté en août dernier par les parlementaires américains, 420 milliards de dollars d'investissements, dont 369 pour le climat, financés par l’Etat en direction de l’industrie « made in USA ».

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