Dégradation de la note de la dette française, faillites bancaires aux USA, inflation… Les banques et les Etats dans la tourmente
Vendredi 28 avril, l’agence de notation Fitch a baissé la note de la dette de la France de AA à AA-. Bien que AA- caractérise encore une dette de « haute qualité », cette dégradation est un avertissement des marchés financiers au gouvernement et à Macron. Alors que l’endettement du pays dépasse 3000 milliards d’euros, l’agence craint que « les pressions sociales et politiques illustrées par les manifestations contre la réforme des retraites [ne viennent] compliquer l’assainissement budgétaire »… comprendre le pillage des richesses sociales par l’Etat au profit des plus riches. Jugeant le gouvernement pris dans une « impasse politique », elle estime que « le blocage politique et les mouvements sociaux (parfois violents) posent un risque à l’agenda des réformes d’Emmanuel Macron et pourraient créer des pressions en faveur d’une politique budgétaire plus expansionniste ou un retour en arrière des réformes précédentes »…
De l’argent pour les retraites et les salaires, pas pour le CAC40 et la guerre ! Non à l’odieuse guerre coloniale de Macron-Darmanin à Mayotte ! Contre le nationalisme et la xénophobie, pour un 1er Mai internationaliste
Macron-Darmanin allient avec un sinistre talent le ridicule et l’odieux. La caravane de Macron qui parcourt la France avec son groupe électrogène, poursuivie par le bruit des casseroles et la colère, a échoué à Saint Denis pour la finale de la coupe de France et s’y faire chahuter après avoir voulu interdire les sifflets et les cartons rouges. Ridicule et odieux quand les mêmes affichent sans fard leur vrai visage dans la guerre coloniale qu’a engagée le ministre de l’Intérieur, le sinistre Darmanin, à Mayotte, le 101ème département français situé dans l’océan Indien à 8 000 kilomètres de Paris, au nom de la lutte contre « l’immigration illégale » et de « la restauration de la paix républicaine » selon ses propos. « La paix républicaine », c’est le démantèlement des bidonvilles habités par les plus pauvres et les migrants sans papiers pour expulser ces derniers manu militari vers les Comores !
Contre l’escalade militaire en Ukraine et l’engrenage meurtrier de l’état de guerre permanent, la fraternisation des travailleurs et des peuples par-delà les frontières
Toute la presse en parle, une contre-offensive de grande ampleur de l’armée ukrainienne serait en préparation pour une date indéterminée, d’ici à l’été peut-être, tandis qu’en Russie, Poutine et son régime martèlent sans relâche leur propagande mensongère et font assaut de répression pour imposer la continuation de la guerre et préparer une nouvelle offensive. Le fait que Zelensky se soit entretenu le 26 avril pour la première fois depuis le début de l’agression russe avec le dictateur chinois Xi Jinping qui, affirmant respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine, s’est proposé pour une médiation, ne traduit rien d’autre que la volonté de la Chine d’occuper sa place dans le monde. Poutine ne veut pas lâcher sa guerre, il sait qu’il risque d’y perdre son pouvoir tandis que les États-Unis n’approuveront jamais un plan de paix émanant de la Chine, leur principale rivale, d’autant que celle-ci a refusé de condamner l’agression de la Russie. Lors d’une conférence de presse au Luxembourg, le secrétaire général de l’Otan, Stoltenberg, a d’ailleurs déclaré le lendemain de l’entretien : « Si nous voulons une solution pacifique et négociée qui permette à l’Ukraine de s’imposer en tant que nation souveraine et indépendante, le meilleur moyen d’y parvenir est d’apporter un soutien militaire à l’Ukraine, exactement comme le font les alliés de l’Otan ».
Au son des casseroles, les cent jours de Macron vers… la déroute « Nous sommes le grand parti des travailleurs » (L’Internationale)
« Un consensus n’a pas pu être trouvé et je le regrette », déclarait Macron jouant de son registre préféré, le mensonge et l’hypocrisie, contraint de reconnaître qu’« à l’évidence » sa réforme n’a pas été « acceptée ». Qu’importe, elle sera appliquée dès l’automne. Et, continuant sur le même registre plus l’emphase, il a cherché à vendre un « grand projet » pour « retrouver l’élan de notre nation », le tout en « cent jours », « cent jours d’apaisement, d’unité, d’ambition et d’action au service de la France ». Le 14 juillet viendra l’heure d’un « premier bilan ». Pas de référendum, pas de dissolution de l’Assemblée, même pas de remaniement, Borne reste là, comme pétrifiée, Macron « garde le cap », habité par l’esprit de Notre Dame, il choisit l’attaque. Il a bien compris que c’est « plus généralement de la colère qui s’exprimait. […] Colère face à un travail qui, pour trop de Français, ne permet plus de bien vivre, face à des prix qui montent […] Personne, et surtout pas moi, ne peut rester sourd à cette revendication de justice sociale et de rénovation de notre vie démocratique en particulier exprimée par notre jeunesse ». Hypocrisie, mensonge et cynisme, l’imposteur n’a pas d’autre choix que de tenter de troubler les esprits, de semer la confusion, d’accentuer les tensions, pour espérer sauver sa mise tout en continuant de faire le job pour les classes possédantes.
« Crise de la démocratie », « crise de régime », la réponse est entre les mains du monde du travail, « C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ! »
La validation par le Conseil Constitutionnel de la loi sur la réforme des retraites et sa promulgation immédiate par Macron n’ont fait, en toute logique, qu’accentuer ce que la presse et les commentateurs qualifient de « crise de la démocratie », de « crise de régime ». Tous discutent de comment Macron et son gouvernement, les partis parlementaires d’opposition et l’intersyndicale pourraient sortir de l’impasse qui s’est refermée sur eux au cours de ces derniers mois, stérilisant le « débat parlementaire » et bloquant le « dialogue social ».
« Constitutionnelle ou pas, cette loi on n’en veut pas ! », après le 49.3 du Conseil constitutionnel, le combat continue...
Comme prévu, les neuf « sages » du Conseil constitutionnel aux ordres du pouvoir, barricadés derrière les murs anti-émeutes et une myriade de policiers, ont validé vendredi l’essentiel de la réforme des retraites dont le report de l’âge de départ à 64 ans... tout en rejetant la demande de Référendum d’initiative partagé. Et pour que les choses soient encore plus claires, ils ont retoqué les quelques mesures qui étaient censées atténuer les conséquences de la réforme : « l’index senior » et le « CDI senior ».
Macron s’est empressé, dans la nuit, de promulguer sa réforme, alors même que, nouvelle provocation, il avait convoqué l’intersyndicale pour mardi prochain. L’intersyndicale comme les principaux partis de la gauche parlementaire qui l’imploraient « solennellement » de ne pas le faire ont reçu leur réponse, une vraie leçon de choses… qui souligne l’impasse de leur stratégie respectueuse du cadre institutionnel. Et Macron nous annoncera lundi soir à la télé les nouvelles attaques qu’il concocte en guise « d’apaisement » !
Guerre en Ukraine, tempête sur Taïwan, le capitalisme de son stade suprême à l’impossible super-impérialisme facteur de la mondialisation de la guerre
Depuis le 24 février 2022, jour où la Russie a envahi l’Ukraine, le mouvement ouvrier et révolutionnaire est traversé par des controverses sur l’appréciation de la guerre, appréciation qui conditionne son attitude par rapport à l’ensemble des nations qui y sont engagées et surtout par rapport au prolétariat en particulier de son propre pays. Cette dernière dépend de la compréhension que nous avons de l’évolution des rapports géopolitiques dans le monde. La tempête en mer de Chine, les grandes manœuvres diplomatico-militaires qui se déroulent autour de Taïwan sur le dos de sa population, la constitution d’un possible axe Chine-Russie, soulignent l’importance de cette discussion pour que le mouvement ouvrier révolutionnaire soit en mesure d’avoir une politique de classe internationaliste pour répondre à la propagande belliciste officielle et formuler une politique contre la guerre.
Ne rien attendre du Conseil constitutionnel, de Juppé et Fabius ! Le gouvernement est pris dans sa propre nasse, on lâche rien !
Les petites manœuvres du gouvernement ainsi que sa campagne policière d’intimidation ont reçu une nouvelle fois la réponse du monde du travail et de la jeunesse, massive, déterminée et dynamique, étendue à tout le pays avec 370 manifestations. Jeudi nous étions encore des centaines de milliers dans la rue à dire non aux 64 ans, à exiger le retrait ! La farce de la réception à Matignon de l’intersyndicale la veille a tourné au fiasco pour Borne qui semblait prête à sacrifier sa personne pour jouer le fusible et protéger Macron parti en Chine pour prendre ses habits neufs de chef d’État mondialisé ne manquant pas cependant l’occasion d’attaquer, médiocrement, le mouvement.
C’est la première fois que la Première ministre recevait les organisations syndicales depuis la présentation, le 10 janvier, de la réforme. Et si l’intersyndicale a fait le job en s’affichant unie pour exiger le retrait et retourner la pitrerie du gouvernement contre lui pour en faire un moment de mobilisation, elle a en même temps tenu à s’afficher courtoise et ouverte au dialogue social.
Discuter des moyens de faire fructifier les riches expériences des premières semaines de mobilisation
Le mouvement contre la réforme des retraites a connu un tournant avec le passage en force par le 49·3 qui a suscité une immense et légitime colère.
Depuis la crise sociale et politique n’a fait que s’approfondir car le gouvernement en difficulté, isolé, ayant perdu toute crédibilité, est pris dans une fuite en avant d’affrontement et de répression dont l’hystérie anti-ultragauche de Darmanin est l’expression caricaturale.
Ce mouvement est l’expression d’une colère sociale profonde qui n’est pas près de s’éteindre. Déjà, il a su franchir plusieurs étapes, sans se laisser intimider par les violences policières, sans se laisser désarmer par de faux espoirs comme la mascarade parlementaire, le vote d’une motion de censure, l’avis du Conseil constitutionnel ou un référendum. Au-delà du large succès des 11 journées appelées par l’intersyndicale, les initiatives militantes se sont multipliées, avec des grèves reconductibles, des blocages, des manifestations « sauvages », autant d’initiatives encouragées par le soutien de l’opinion publique.
Ni pause ni médiation, ne laissons pas brader notre mouvement, prenons-le en main, à la base, démocratiquement, pour le retrait, contre l’État et les patrons !
La presse aux ordres, le pouvoir, les commentateurs s’échinent à voir dans la journée du 28 mars un recul de notre mouvement. Ils en rêvent depuis le début et croient pouvoir interpréter la baisse du taux de grévistes ou du nombre de manifestants par rapport au 23 mars comme le reflux tant souhaité de la mobilisation. Ils ne comprennent pas ce que signifie en elle-même la durée du mouvement et la force intacte qu’il garde à la dixième semaine, une détermination qui se renforce d’une conscience politique plus lucide. Le mouvement non seulement ne faiblit pas mais il connaît un tournant politique. Il mesure en se confrontant au pouvoir et à sa police les enjeux de la lutte, s’organise, multiplie les actions et, de fait, oblige l’intersyndicale à garder le cap du retrait alors qu’elle cherche à composer, à ne pas rompre avec le cadre du dialogue social, à négocier la place des appareils syndicaux vis à vis de l’État et du patronat. Elle demande une pause, accepte d’être reçue par Borne le 5 avril et fixe cependant un nouveau rendez-vous le lendemain, jeudi le 6 avril, pour une onzième journée de mobilisation. L’intersyndicale au complet a dit oui, Sophie Binet, nouvelle secrétaire générale, a en effet annoncé dans son discours de clôture du congrès de la CGT que cette dernière en serait. Ce rendez-vous n’a d’autre fonction que de souligner l’attachement des directions syndicales au dialogue social tout en demandant le retrait de la réforme !



