Ni la charité, ni des miettes, mais en finir avec la régression sociale et ce système inhumain et injuste
« Nous demandons des réponses concrètes, précises, immédiates, et le lancement d’un plan d’urgence alimentaire » vient de dénoncer le président des Restos du cœur face à l’explosion des demandes et des factures.
Les riches ont sorti le chéquier : 10 millions versés par la famille de Bernard Arnault, 5 millions par TotalEnergies, mais aussi Carrefour, Les Mousquetaires, le groupe Altice… Les services de communication des grandes entreprises sont devenus les dames patronnesses d’aujourd’hui, affichant le même mépris social, comme cette chroniqueuse de RTL : « Quand quelqu’un donne 10 millions d’euros, on applaudit, on dit merci » !
Ces dons ne sont qu’une aumône pour ceux qui détournent les richesses produites par le travail collectif. Comme l’a calculé le site « DonneCommeBernard », comparés aux « revenus » d’Arnault ces 10 millions équivalent à 5,57 € pour un salaire moyen et économisent des millions de pub !
« Quel parti, quelle organisation voulons-nous ? », débat lors des Rencontres d’été révolutionnaires du NPA
La question qui nous est posée est plus précisément « quel parti, quelle organisation contribuer à construire pour aider les luttes des exploité·e·s et opprimé·e·s à poser la question du pouvoir jusqu’au bout ? ». Nous avons bien sûr, pour discuter de cela, besoin d’étudier l’histoire du mouvement révolutionnaire et la façon dont, dans des contextes très différents, ses militants et dirigeants se sont posé la question de construire un parti révolutionnaire des travailleurs. Mais ce dont je voudrais discuter ici c’est de la nécessité d’essayer de nous en approprier la démarche, penser la réalité des rapports de classe aujourd’hui pour tenter de définir un projet, des perspectives politiques pour les luttes du monde du travail, pour toutes celles et ceux qui aspirent à changer le monde.
Le programme de transition, continuité de la révolution permanente et nouvelle époque
La discussion sur le programme est bien une question pratique et concrète, militante, actuelle, que nous devrions aborder en fonction des tâches du mouvement trotskyste confronté à sa propre refondation démocratique au regard de la nouvelle période. Notre NPA pourrait avoir, en la matière, un rôle important à jouer, une façon de faire de l’échec de la scission une opportunité. Démocratie révolutionnaire portait cette question avant la scission voulue par le NPA de Poutou parce que, idée peu originale, nous pensons qu’elle seule pourrait construire une cohésion dynamique et démocratique, et, aujourd’hui, donner une impulsion à notre démarche, de fait une refondation du NPA. Cette dernière devrait avoir pour ambition de contribuer au rassemblement des anticapitalistes et révolutionnaires, le projet initial abandonné par le NPA de Poutou, dans l’objectif de contribuer à une refondation du mouvement révolutionnaire nécessaire pour qu’il soit en mesure d’œuvrer à l’émergence d’un parti des travailleurs. La politique du NPA ne peut être centrée seulement sur sa propre construction, elle vise aussi à contribuer à dépasser les divisions du mouvement révolutionnaire en s’appuyant sur les acquis de la mobilisation contre la réforme des retraites.
Les politiciens au secours de Macron va-t-en guerre contre le monde du travail et les peuples
Douze heures de réunion à huis clos entre Macron et les chefs des partis parlementaires, de LFI au RN, mercredi 30 août à Saint-Denis… Que pouvait-il sortir de cette farce alors que Macron, discrédité, affaibli, sans majorité au parlement tentait de reprendre la main dans le jeu politique, en jouant les rassembleurs ?
L’occasion pour le RN et la droite d’exercer leur pression xénophobe et réactionnaire, sur « les questions de violences de la drogue qui gangrènent nos territoires, du communautarisme, de l’immigration ». (Ciotti)
Ukraine, les populations sacrifiées aux rivalités entre les grandes puissances dans une guerre par procuration sans fin
Le 24 août dernier, le journal Le Monde publiait, dans un article intitulé « Derrière le secret des pertes militaires, un massacre à grande échelle », un bilan des victimes militaires de la guerre en Ukraine que le New York Times tenait d’officiels américains qui avaient témoigné sous le sceau du secret. Il y aurait 500 000 morts et blessés au total parmi les soldats des deux armées, sans compter les victimes civiles en Ukraine causées en particulier par les bombardements russes. Un bilan terrible auquel il faut ajouter en Ukraine les destructions de villes et d’infrastructures, de saccages des récoltes et des terres agricoles.
De la guerre en Ukraine à l’escalade militariste et belliciste, le mouvement ouvrier face à la menace de la mondialisation de la guerre
La guerre en Ukraine, loin d’être une guerre locale dont la folie grand-russe de Poutine serait seule responsable, s’inscrit dans l’évolution des rivalités entre grandes puissances et constitue un tournant dans l’évolution des rapports internationaux. Elle contribue à attiser rivalités et tensions, provoque une escalade belliciste et accentue la militarisation du monde. Elle ouvre sans retour en arrière possible un processus de décomposition des relations internationales fondées sur la domination des USA et des vieilles puissances impérialistes, c’est-à-dire à une mondialisation de la guerre. Faut-il parler de la menace d’une troisième guerre mondiale comme on peut souvent le lire ?
Depuis Nouméa, Macron défend l’ordre des capitalistes, de l’Otan, de l’armée et de la police contre les travailleurs et les peuples
Depuis la Nouvelle Calédonie, vestige de l’empire colonial français, Macron a affiché sans fard son mépris des travailleurs et des peuples. Lundi, il s’est mis lui-même en spectacle avec deux journalistes complaisants, se félicitant, « il y a cent jours, on nous expliquait que le pays serait à l’arrêt et qu’il n’y aurait plus un déplacement sans casseroles ! », sans même réaliser que sa morgue cynique se retournait contre lui, obligé de partir à 16 000 kms pour tenir son rendez-vous avec 10 jours de retard ! Preuve d’une certaine lucidité de sa part mais surtout de sa prétention à prendre la pose du chef d’une grande puissance bien au-dessus des contingences de la vie des travailleurs et des peuples ! Une prétention au-dessus de ses moyens, président isolé, seul, d’une vieille grande puissance coloniale et impérialiste sur le déclin.
Durant ce voyage dans la zone Indo-Pacifique, de la Nouvelle-Calédonie au Sri Lanka, en passant par Vanuatu, Macron a, toute honte bue, posé au défenseur des populations locales qui seraient menacées par « les nouveaux impérialismes » en visant essentiellement la Chine ! Cynisme total de celui qui ne cherche qu’à défendre les positions de la bourgeoisie française dans la région, en vantant la présence coloniale française ainsi que ses 3 000 soldats, ses Rafales et ses patrouilleurs.
Pas d’apaisement avec Macron, ses ministres interchangeables, ni avec ses maîtres, les capitalistes qui ruinent la société et détruisent la planète
L’apaisement annoncé pour les cents jours de Macron a pris le sinistre visage du meurtre de Nahel par un policier, provoquant la légitime révolte des jeunes des quartiers populaires. Macron a laissé la parole à ses sbires, à Darmanin, dans la continuité de la répression contre le mouvement. Le véritable bilan des 100 jours est là, mensonges et violences policières. 130 000 policiers et gendarmes ont été déployés durant le week-end du 14 juillet alors que Macron s’affichait, provocateur, avec le dictateur d’extrême droite, Premier ministre indien, Modi. Il remettait la Légion d’honneur à ce sinistre représentant des oligarques capitalistes indiens, les 1 % les plus riches qui ont englouti 45 % de la richesse de l’Inde dans un océan de pauvreté et de misère.
Puis, après avoir confirmé Borne Première ministre moyennant quelques « ajustements » ministériels, pervers, il a invité le gouvernement sortant à un dîner à l’Élysée pour, le lendemain, annoncer qui il allait virer… Vendredi, il s’exprimait devant ses ministres aux ordres, un discours dans « la continuité » pour ne rien dire retransmis par la télé. Cette étrange mise en scène, ce jeu de chaises musicales entre pantins interchangeables qui, à l’image de leur boss, sont les agents des Uber, Dassault, Bolloré et autres Arnault, voudrait donner l’image d’un Macron maîtrisant la situation. Hors sol, isolé, minoritaire à l’Assemblée nationale, rejeté dans le pays, il n’a d’autre choix, plus ridicule qu’« efficace », que de tenter de créer l’illusion d’un pouvoir personnel fort. La soumission de son gouvernement à la politique exigée par l’aristocratie financière qui dirige le pays contre le monde du travail et les classes populaires prépare de nouveaux affrontements contre leur république corrompue, masque de la domination d’une minorité, un système destructeur condamné.
Sommet de Vilnius : face à l’agression de Poutine contre l’Ukraine, l’Otan intensifie sa guerre contre la Russie et affiche son expansionnisme au service des vieilles puissances impérialistes
« Notre engagement envers l’Ukraine ne faiblira pas. Nous défendrons la liberté aujourd’hui, demain et aussi longtemps qu’il le faudra » déclarait Biden, lors d’un meeting qu’il a tenu à l’université de Vilnius, à l’issue des sommets de l’Otan puis du G7 les 11 et 12 juillet. L’Associated Press a rapporté qu’il avait présenté « la réponse des États-Unis et de leurs alliés à l’invasion de Moscou comme un modèle pour répondre à d’autres défis mondiaux, du changement climatique à la montée en puissance de la Chine, affirmant que les positions des nations sont plus fortes lorsqu’elles "construisent la coalition la plus large et la plus profonde" ».
Ainsi Biden le dit lui-même, la guerre que les Etats-Unis mènent par procuration contre la Russie par peuple ukrainien interposé s’inscrit dans leur offensive pour maintenir leur domination sur le monde et élargir le champ de leurs alliances. Cette offensive a commencé dès le début des années 90 et l’effondrement de l’URSS, de leur première guerre contre l’Irak en 1990-91 à la tête d’une vaste coalition dont l’ex-URSS de Gorbatchev sous l’égide de l’ONU, à leur redéploiement actuel en Europe et dans la zone Asie-Pacifique à la faveur de la tentative d’occupation de l’Ukraine par la Russie, après le fiasco final des guerres menées contre l’Irak et l’Afghanistan. Ce sont bien les Etats-Unis et leurs alliés, les vieilles puissances impérialistes, qui sont les principaux fauteurs de guerre dans le monde.
Macron voudrait reprendre la main à la tête de la racaille réactionnaire contre la révolte des jeunes des quartiers et le monde du travail
« Face à ces hordes sauvages, demander le calme ne suffit plus, il faut l’imposer ! […] L’heure n’est pas à l’action syndicale mais au combat contre ces « nuisibles » […] Une fois [l’Etat de droit] rétabli, nous savons que nous revivrons cette chienlit que nous subissons depuis des décennies ». Dans leur communiqué fascisant du 30 juin, trois jours après le meurtre de Nahel, les syndicats majoritaires de la police, UNSA-police et Alliance, crachaient leur haine contre les jeunes qui se révoltaient. En utilisant le mot « chienlit » employé par De Gaulle contre la grève générale démarrée par les étudiants en Mai 1968, ils ont clairement montré que pour les tenants de l’ordre, du pouvoir, la révolte des jeunes des banlieues ouvrières et des quartiers populaires est partie intégrante du soulèvement du monde du travail et de la population contre la politique des classes possédantes.
Fragilisé par le mouvement de masse de ces six derniers mois contre la réforme des retraites et l’hostilité profonde à sa politique que ce dernier a révélée, ridiculisé par la comédie hypocrite d’un « apaisement » fracassé par la révolte des jeunes, Macron espère reprendre la main en mettant en scène une répression inédite. Darmanin a ordonné un déploiement sans précédent de la police, du Raid, des BRI et des BAC, 45 000 hommes surarmés, hélicoptères survolant les cités, véhicules blindés dans les rues, charges policières jusque sur les Champs-Elysées à Paris tandis que Dupond-Moretti fait donner les tribunaux et tomber les condamnations, la plupart à de la prison ferme.



