Une grande inquiétude gagne le monde du travail, la jeunesse, les femmes devant la dégradation de la situation sociale et politique ici, en Europe et dans le monde. Le poids des guerres pèse de plus en plus lourd sur l’économie mais aussi sur la politique et la vie sociale depuis le début de la guerre d’Ukraine puis la guerre génocidaire d’Israël contre le peuple palestinien. Sous la houlette des USA, les grandes puissances occidentales dont la France ont engagé une escalade militaire pour défendre leur position dominante dans le monde face à la concurrence des puissances capitalistes émergentes en particulier la Chine. Les budgets militaires explosent au détriment des besoins sociaux, des services publics en particulier de l’éducation et de la santé.

Macron se revendique d’une économie de guerre et prétend au réarmement du pays. Lui et les politiciens qui servent les intérêts des grands groupes capitalistes du CAC 40 veulent nous préparer à une aggravation de leur escalade militaire combinée à une stagnation voire une récession économique, à une généralisation des guerres en Europe même, au Moyen Orient, en Afrique, en Asie.

Ce 8 mai a vu les chars israéliens rentrer dans Rafah, tandis que Tsahal continue à en bombarder les quartiers d’habitation, causant des centaines de morts et de blessés supplémentaires, contraignant la population à un nouvel exode criminel. Les espoirs d’une trêve seraient encore à l’ordre du jour, nous dit-on, alors même que Netanyahou et les autorités israéliennes ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils n’en voulaient pas. L’annonce par Biden qu’il se préparerait à bloquer un envoi de bombes de 900 kg prévu pour Israël si son armée rentrait dans Rafah, ce qui est déjà fait, ne fait que souligner et l’ampleur de l’aide américaine et l’hypocrisie cynique de Biden.

Ici, pendant que le pouvoir réprime les opposants à ce génocide, militants et jeunes des facs et des lycées, Macron a expédié la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 à Paris pour se rendre à Marseille afin de participer à la mise en scène fastueuse de l’arrivée de la flamme olympique. La propagande officielle se concentre sur l’Olympisme, la compétition entre les peuples pour glorifier là encore le nationalisme en célébrant la flamme... une invention de Goebbels pour les jeux de Berlin en 1936 alors que se préparait la deuxième guerre mondiale.

La célébration du soixantième anniversaire de la reconnaissance par De Gaulle, en 1964, de la République populaire de Chine, la Chine de Mao, et de l’ouverture de relations diplomatiques franco-chinoises, a été l’occasion, les 6 et 7 mai, d’une rencontre entre Xi Jinping et Macron. Macron a tenté de poser au représentant de l’Europe en appelant la présidente de la Commission européenne à la rescousse lors de leur première rencontre pour discuter guerre commerciale et guerre d’Ukraine. Ursula Von der Leyen a planté le décor : « Comme nous l’avons déjà montré, nous défendrons nos entreprises, nous défendrons nos économies. Nous n’hésiterons jamais à le faire lorsque cela sera nécessaire », pour demander à la Chine de réduire « ses surcapacités industrielles » : « Alors que la demande intérieure chinoise n’augmente pas, le monde ne peut pas absorber la production excédentaire de la Chine ». Macron a lui joué sa partition du « en même temps » pour tenter de prendre de la hauteur et défendre une concurrence « loyale » prenant en compte la réalité de « l’ordre du monde » au nom d’une politique de « réciprocité » et de « réindustrialisation » sans écarter une « protection ». Tout et son contraire en espérant que l’emphase et la mise en scène puissent donner un peu de crédibilité à sa politique fantaisiste sinon vis-à-vis de Xi Jinping, du moins vis-à-vis des électeurs alors que la candidate de Renaissance pour les européennes voit avec angoisse la perspective du crash...

Lundi 29 avril, Le Maire présentait aux députés son « programme de stabilité 2024-2027 » avec « pour objectif d’exposer les prévisions de croissance et la trajectoire des finances publiques que le Gouvernement s’est fixée à horizon 2027 ». Si l’on en croit cette « trajectoire », le déficit passerait de 5,5 % à 5,1 % du PIB cette année, à 3 % en 2027. Concernant la dette (110,6 % du PIB), elle « s’inscrirait en baisse à compter de 2026 »… Ces « prévisions » s’accompagnent de ce qui permettrait d’y parvenir : « la croissance et le plein emploi », « les réformes de structure comme la réforme de l'assurance chômage ou la simplification pour toutes les PME », « la réduction des dépenses ».

Blinken, chef de la diplomatie américaine, vient de terminer une énième tournée au Moyen-Orient. Il y était venu pour faire la promotion de la prétendue offre de trêve proposée par Israël au Hamas, qu’il a qualifiée d’« extraordinairement généreuse de la part d’Israël », dans le même temps qu’il affichait les prétendues préoccupations humanitaires des USA au moment où se met en place un port au large de Gaza dont la construction a été justifiée par l’aide humanitaire mais dont on ne peut ignorer les objectifs militaires possibles. Dans le même temps, Netanyahou réaffirmait publiquement : « L’idée que nous allons arrêter la guerre avant d’avoir atteint tous nos objectifs est hors de question. Nous allons entrer dans Rafah et y éliminer les bataillons du Hamas, avec ou sans accord de trêve, afin d’obtenir une victoire totale ». Et, en préparation de l’offensive au sol, à Rafah, les bombes israéliennes font des morts et des blessés tous les jours, Gaza crie famine.

Jeudi 25 avril, Macron s’est mis en scène à la Sorbonne, pour tenter, en vain, de décoller dans les sondages des élections européennes. Il a posé au grand défenseur de l’Europe de la guerre et de l’Europe forteresse, « l’Europe puissance » ! Il appelle ainsi à « une défense crédible » centrée autour du « pilier européen de l’Otan », pour assurer la sécurité d’une Europe « encerclée » par des « puissances régionales désinhibées », telles que la Russie et l’Iran.

Le ton est donné, celui d’un discours xénophobe de défense du monde occidental, regroupant les Etats-Unis et la vieille Europe, contre le reste du monde. Une politique belliciste, au cœur de la guerre par procuration en Ukraine et du soutien de ces grandes puissances à la guerre génocidaire de Netanyahou à Gaza.

« Nous n’abandonnons pas nos alliés, nous les soutenons. Nous ne laissons pas les tyrans gagner, nous nous opposons à eux. Nous n’assistons pas en spectateurs aux évolutions du monde, nous les façonnons. […] Voilà ce que cela signifie d’être une superpuissance mondiale », a déclaré Biden le soir du 24 avril après avoir signé l’accord voté la veille par le Congrès américain.

Celui-ci a adopté, à l’issue d’une longue période de blocage d’une partie des élus Républicains, une enveloppe de 95,3 milliards de dollars destinés à l’Ukraine -pour 61 milliards-, Israël et Taïwan. Le fait d’avoir réuni ces trois pays dans un même paquet d’aides montre que ces conflits ne sont pas des conflits séparés, isolés, mais font partie d’une même offensive militaire des Etats-Unis et de l’Otan pour imposer partout dans le monde un rapport de forces en leur faveur.

Cinq jours après la riposte de l’Iran à l’attaque du 1er avril, Israël a, à nouveau, attaqué par des tirs de missiles Ispahan, attaque que Netanyahou a le cynisme de ne pas assumer malgré les déclarations publiques d’un de ses ministres. « Le Moyen-Orient est au bord du précipice » avait alerté, quelques jours avant, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour appeler à une « retenue générale », un euphémisme et un langage diplomatique qui minimisent l’ampleur de l’effondrement qui frappe la région, les conséquences comme la nature et les responsables de l’escalade militaire et guerrière dans laquelle les grandes puissances occidentales et leurs alliés, dont l’État sioniste, entraînent non seulement le Moyen-Orient mais le monde.

Les missiles d’Israël qui continuent de bombarder la bande de Gaza, affamée, en particulier Rafah en préparation de l’intervention au sol, détruisent brutalement les bonnes intentions de l’ONU.

En France, en Espagne comme ailleurs en Europe, ou encore au Maroc ou en Inde, de puissantes mobilisations d’exploitants agricoles ont explosé en ce début d’année. Au-delà des spécificités locales, toutes portent l’exigence que les Etats leur assurent les moyens de vivre de leur travail, ainsi que d’être protégés d’une concurrence internationale perçue comme déloyale.

Ici et dans toute Europe, les politiques de l’Union européenne et des Etats sont dénoncées comme incapables d’assurer à l’ensemble des producteurs agricoles des revenus suffisants face aux multinationales de l’agro-alimentaire et de la grande distribution qui imposent leurs conditions. La plus grande partie des subventions accordée par la PAC (Politique agricole commune) de l’UE, censée compenser les écarts de compétitivité, va aux grandes entreprises agricoles au détriment des plus petites qui subissent la crise de plein fouet. Et de nombreuses actions coup de poing ont été organisées dans des grandes surfaces et des barrages routiers aux frontières contre les importations de produits concurrençant les productions locales.

Comme attendu, l’Iran a riposté aux frappes israéliennes provocatrices, véritable acte de guerre, qui avaient tué 16 personnes dont 7 de ses responsables militaires dans les locaux de son ambassade en Syrie le 1er avril. Dans la nuit de samedi à dimanche l’armée iranienne, pour la première fois de son histoire, a lancé contre le territoire israélien plus de 300 drones et missiles, presque tous interceptés sous la haute direction des USA et grâce à la collaboration de leurs alliés.

La guerre d’Israël et des USA franchit une nouvelle étape dans l’escalade militaire.

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