Alors que la chronique des alliances, des retournements et des règlements de compte continue d’alimenter la vie du monde politicien parlementaire et ses rivalités pour les places, le bloc réactionnaire Macron-Bardella répand sa haine des classes populaires. Le double jeu de Macron a cédé la place à une campagne en écho de celle du RN utilisant les mêmes mots et flattant les mêmes préjugés racistes, un Macron tellement déconsidéré que ses propres ministres font campagne sans lui voire contre lui.

Un fait divers odieux où se mêlent violences sexuelles et racisme, antisémitisme a déclenché une campagne abjecte au nom de la lutte contre l’antisémitisme accusant celles et ceux qui dénoncent la guerre génocidaire d’Israël d’être responsables du climat délétère qui conduit des jeunes à de tels actes insupportables. Ce sont bien ces accusateurs démagogues qui portent la responsabilité de la décomposition sociale et politique en cours, eux qui soutiennent le génocide de Netanyahou lequel justifie les massacres contre le peuple palestinien en se revendiquant d’une « guerre de civilisation », guerre de l’Occident contre le monde arabe. Eux qui, en Ukraine aussi, se revendiquent de la défense de l’Occident pour justifier leur guerre par procuration qui sacrifie le peuple ukrainien à la défense de leurs propres intérêts.

En Nouvelle-Calédonie, onze militant·es du CCAT ont été arrêté·es dont le leader du mouvement à l'origine du légitime soulèvement contre la réforme du corps électoral incarcéré en Métropole ainsi que 6 de ses camarades dans la sinistre tradition de la répression coloniale. Darmanin-Macron qui disent défendre le droit des peuples nient les droits des kanaks à l’autodétermination, au nom de la défense de la France et de l’Occident dans le pacifique !

La Blitz-campagne de Macron est donc ouverte, la marche forcée vers un état de décomposition parlementaire inédit, une crise politique qui suscite un renouveau politique au sein du monde du travail et de la jeunesse, des prises de consciences qui bousculent les rapports de force et pourraient annoncer une crise générale, sociale et politique majeure. Les mobilisations de la jeunesse ainsi que les manifestions de samedi, loin d’être sous contrôle du Front populaire que convoite Hollande, pourraient en être les signes avant-coureurs.

En début de semaine, trois jours après son coup d’État électoral, Macron s’est à nouveau accaparé les médias pour tenter de donner un sens à sa brutale manœuvre politicienne inattendue. Sans surprise, sa décision n’a qu’un sens, lui et sa volonté de sauver son pouvoir en réaffirmant sa politique antisociale et réactionnaire annonçant « une autorité républicaine à tous les étages »… Il va jusqu’au bout de ses ambitions bonapartistes rêvant de construire une union nationale autour de sa personne pour au final jouer au jeu de massacre parlementaire, flattant les peurs et les fantasmes, opposant les dits extrêmes, le RN et LFI qualifiée d’extrême gauche « antisémite et antiparlementaire », appelant à la fois les électeurs de LR à désavouer Ciotti qui a « fait un pacte avec le diable » et ceux du PS et de Glucksmann à désavouer le Front populaire. Sous couvert de clarification, Macron a ouvert un jeu de massacre parlementaire liquidant sa propre majorité puis LR alors que Reconquête explose... Il prétend s’élever au-dessus des partis et se retrouve dans le marais parlementaire de droite pris en tenaille entre le bloc réactionnaire des patriotes et le Front populaire au risque de se retrouver dans la fange du RN dont il prétend protéger la nation.

« Le choc de la dissolution fait vaciller le CAC40, baisser l’euro et bondir les taux français » titrait Les Echos lundi 10. La réaction brutale de Macron à un résultat électoral clairement annoncé depuis des semaines perturbe le petit monde de la finance… Après deux jours de baisse, le CAC40 s’est repris avant de redescendre cette fin de semaine à son niveau le plus bas depuis février dernier, entraînant dans sa baisse les autres bourses européennes tandis que les taux des emprunts d’Etat à 10 ans subissaient une brutale augmentation. Les « investisseurs » sont manifestement dans l’expectative. Ce qu’ils craignent n’est pas une cohabitation Macron-Bardella ou Macron-Front populaire, mais l’instabilité politique et sociale qu’engendre leur politique, aggravée par l’effondrement de Macron auquel ils ne voient pas d’alternative.

Hier soir, après la déroute de sa majorité Macron a décidé de répondre positivement à la demande de Bardella de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives pour le 30 juin et le 7 juillet prochain. Ce coup de force électoral prétend raviver un axe républicain face à la vague d’extrême droite, il ne fait que renforcer le RN.

Le discrédit de la droite et de la gauche gouvernementale avait accouché de Macron prétendant faire barrage à Le Pen pour finir par rivaliser avec elle en faisant sa politique. D’Attal à Bardella, il n’y avait plus qu’un pas... Le pas est franchi, du moins pour Macron qui poursuit sa politique de caméléon opportuniste prétendant dans la même intervention vouloir s’opposer au RN et défendre l’Europe face à la régression populiste en convoquant des élections à marche forcée dont l’issue la plus probable est une cohabitation, une alliance gouvernementale avec le RN.

Au-delà, de la farce macronienne qui atteint un degré pour le moins caricatural et inattendu s’exprime dans cette pantalonnade une logique politique et sociale que Macron saisit pour son propre intérêt, l’évolution réactionnaire des partis parlementaires et, sous la pression de la politique du CAC 40 et des guerres d’Ukraine et d’Israël, d’une large fraction de l’opinion, dont la gauche se fait aussi le relais tant sur l’immigration qu’à propos de la guerre.

Macron aura eu beau accaparer les trois jours de fin de campagne sur les médias, mobiliser Biden et Zelensky, il n’aura pu éviter, même si nous n’avons encore que des estimations, la déroute de sa majorité, déroute d’autant plus cinglante que les abstentionnistes restent majoritaires au sein des classes populaires, parmi les femmes et la jeunesse. Et ce soir encore il continue sa campagne...A l’opposé, tout ce que cette société fondée sur les privilèges et les inégalités compte de conservateurs, de bourgeois craintifs et réactionnaires s’est mobilisé pour soutenir les partis de l’ordre. Et si Macron est lourdement sanctionné et ne leur inspire plus confiance pour faire face au désordre engendré par leur propre système, à l’image des Bolloré and co, ils se sont mobilisés en faveur de la droite extrême et de l’extrême droite.

La gauche bourgeoise et nationaliste peut se féliciter du score du va-t-en guerre Glucksmann ou LFI qui a rencontré un écho au sein des classes populaires, mais ils ne peuvent masquer leur impuissance à faire face à la vague d’extrême droite alors que celle-ci est, pour une large part, la conséquence de leurs reniements et de leur intégration à l’ordre établi, aux institutions qui servent celui-ci qu’elles soient nationales ou européennes.

Un geste de conviction, de fierté, de révolte

Contre le capitalisme et la guerre

Pour la solidarité internationaliste

Pour des États-Unis socialistes d'Europe

Votons révolutionnaire !

 

Le 9 juin, dans les 27 pays de l’Union européenne auront lieu les élections au Parlement européen. Ces élections n’ont rien de démocratique, encore moins que les élections nationales. Leur Europe est une construction par en haut, bureaucratique aboutissement de longues négociations entre les différents États soucieux de préserver leurs prérogatives. Elle n’a d’autre fonction que de servir les intérêts des multinationales et des banques en gérant au mieux pour elles leurs rivalités et concurrence tout en leur offrant un marché. La seule fois où la volonté commune des différents États a pu être contestée par le non au référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen, « la concurrence libre et non faussée », le sommet de Lisbonne, peu de temps après, imposait ce qui avait été rejeté par le vote !

Quelle que soit l’issue des élections du 9 juin, la commission européenne réunissant les représentants des différents gouvernements continuera à gérer les affaires au mépris des intérêts du monde du travail. Les politiciens des partis institutionnels qui s’affrontent dans des débats inaudibles à mille lieux des préoccupations et difficultés des classes populaires gèrent, eux, leur plan de carrière.

Pour nous, ces élections sont l’occasion de nous faire entendre, d’affirmer nos convictions, un geste de fierté, de dignité, de classe contre la minorité capitaliste, les privilégiés, de faire entendre et voir les invisibles, ceux qui produisent tout, font marcher la société et qui devraient la diriger.

« La première chose, c’est l’ordre, le calme et la paix. Il y aura 3000 forces de sécurité intérieure dans quelque temps […]. Ces forces resteront aussi longtemps que nécessaire, même pendant les Jeux olympiques et paralympiques ». Dès son arrivée à Nouméa, Macron s’est posé en chef du pouvoir colonial, revendiquant la répression contre le soulèvement de la jeunesse kanak et affirmant qu’il ne reculerait ni sur la réforme du corps électoral ni sur la possibilité d’un nouveau referendum d’autodétermination. « L’apaisement, a-t-il insisté, ne peut pas être le retour en arrière ». Contraint de faire le voyage en Nouvelle-Calédonie pour tenter de reprendre la main face aux critiques qui se sont fait entendre jusque dans son propre camp, il a annoncé qu’il pourrait accorder, grand prince, un délai de « quelques semaines » avant le vote de la réforme au Congrès, craignant en réalité de ne pas obtenir la majorité des deux tiers nécessaire pour la faire adopter. D’ici là, une « mission » conduite par trois hauts fonctionnaires de l’État français venus avec lui serait chargée de permettre « une reprise du dialogue ». 

« Sur la base des éléments de preuve recueillis et examinés par mon bureau, j’ai des motifs raisonnables de croire que Benyamin Nétanyahou, le premier ministre d’Israël, et Yoav Gallant, le ministre de la défense d’Israël, portent la responsabilité pénale de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire de l’État de Palestine (dans la bande de Gaza) à partir du 8 octobre 2023 au moins », c’est en ces termes que le procureur général de la Cour Pénale Internationale (CPI), Karim Khana, a requis des mandats d’arrêt internationaux contre Benyamin Nétanyahou et le ministre de la défense, Yoav Gallant. Invoquant une égalité formelle et morale devant la loi, le procureur a requis aussi des mandats d’arrêts contre trois dirigeants du Hamas.

Jeudi soir, le duel entre Attal et Bardella s’est largement apparenté à un « duo » pour reprendre le mot de Manon Aubry, duo entre deux clones tant l’un et l’autre ont voulu se montrer le plus responsable « pour l’économie », c’est-à-dire les intérêts des patrons. La rivalité a porté sur des nuances de plus ou moins de protectionnisme et de mesures soutenant les capitalistes. Quant à l’immigration, ils étaient sur le même terrain de la fermeture des frontières, Attal se félicitant d’avoir expulsé plus de migrants que d’autres pays, concédant « je vous rejoins, ce n’est pas suffisant ». Au-delà de la concurrence entre les deux arrivistes d’appareil, le débat a surtout illustré la convergence réactionnaire entre les partis libéraux et l’extrême-droite qui est à l’œuvre partout en Europe.

Ce dimanche, Darmanin a annoncé une vaste opération de gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, après l’état d’urgence prononcé mercredi dernier. Macron, Darmanin, Attal déploient leurs forces d’occupation contre la révolte qu’ils ont eux-mêmes même provoquée en faisant passer en force, au mépris des accords conclus avec les indépendantistes en 1998, deux modifications institutionnelles qui désavantagent la population kanak en assurant à la droite colonialiste, réactionnaire, une majorité dans les assemblées régionales.

Près de 3000 policiers et gendarmes ont déjà été déployés, avec des blindés, contre les manifestants et les jeunes insurgés, l’armée est dépêchée dans l’archipel, un pont aérien pour acheminer des renforts a été mis en place. Darmanin, heureux de pouvoir rivaliser avec le Rassemblement national en faisant preuve de « fermeté », a assigné à résidence au moins une dizaine de « responsables radicaux et violents », des militants qu’il a qualifiés de « mafieux » de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), la frange la plus radicale du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), et des « perquisitions administratives » immédiates. Des centaines d’interpellations ont déjà eu lieu. Attal s’est vanté d’avoir interdit TikTok et les réseaux sociaux sont censurés. Les médias se déchaînent contre les « émeutiers », accusés d’être à l’origine de la violence et présentent les milices de colons armés comme exerçant une « légitime défense ». Il y a déjà eu 6 morts, dont trois manifestants dont un tué par un colon comme l’a reconnu le Haut-commissaire de la République de Nouvelle-Calédonie et deux gendarmes dont l’un d’eux a été tué accidentellement par un de ses collègues.

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