« Un temps nouveau s’ouvre pour le pays. Je serai là pour vous aider à réussir », aurait déclaré Macron lors du premier conseil des ministres intérimaires les appelant à « faire preuve d’esprit de dialogue. » Les temps nouveaux que Macron appelle de ses vœux sont ceux d’un capitalisme offensif et encore plus arrogant, militariste, nationaliste dont les zélés serviteurs soient toutes et tous alignés sur le consensus national que le front de la réaction entend instaurer : la défense de l’occident, des privilèges de la grande bourgeoise, enrôlant la petite prise de peur devant les menaces que leur politique fait peser sur son avenir, pour mener sa guerre sociale, nationaliste et xénophobe, policière et militaire contre les travailleurs et les peuples.

Contribution aux discussions au sein du NPA-R

1) L’effondrement de Macron depuis sa déroute électorale jusqu’à la nomination de Barnier comme Premier ministre avec la bienveillance du RN avant que l’échec de la manœuvre ne le contraigne probablement à la démission à moins que lui-même ne réussisse à réaliser l’union des droites est un moment d’une crise politique chronique. Du discrédit de la droite et de la gauche, qui avaient cohabité ou s’étaient succédé au gouvernement pour mener l’offensive des classes dominantes contre le monde du travail, à la montée de l’extrême-droite en passant par le ni droite ni gauche de Macron, il y a la continuité du discrédit des partis parlementaires et de la démocratie parlementaire bourgeoise instrument docile de la politique du capital.

Le mercato ministériel est donc, momentanément, clos avec un retard sur le début de la saison mais le club de la réaction a quelques difficultés à se répartir les postes et les sinécures et manque aussi d’enthousiasme, plus personne ne croit à l’avenir du manager. Même si ce gouvernement, coalition de perdants recrutés dans les fonds de tiroir de la droite la plus rance à l’image de Retailleau, n’est plus démissionnaire, son avenir est des plus hypothétiques. L’attelage est tellement incertain que Barnier a eu besoin d’inventer un ministère délégué à la coordination gouvernementale !

Aussi réactionnaire et anti-ouvrière, antisociale, xénophobe que sera sa politique, son sort dépend du bon vouloir et des choix du RN qui cherchera à le plier à sa politique pour le démettre, le moment venu, en fonction de ses calculs électoraux.

Les attaques terroristes menées par Israël contre des milliers de membres du Hezbollah les 17 et 18 septembre en faisant exploser simultanément leurs bipeurs mardi et leurs talkies-walkies mercredi alors qu’ils pouvaient se trouver dans des lieux publics, ont semé le chaos à Beyrouth et l’effroi parmi la population libanaise. Ces attentats préparés minutieusement depuis des mois ont causé la mort de 39 personnes et en ont blessé près de 3000.

« Ce qui s’est passé pourrait être qualifié de déclaration de guerre. Nous ne tomberons pas. Nous deviendrons plus forts. Nous nous préparerons à affronter pire. […] Le châtiment viendra. », a déclaré le lendemain le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah alors que l’aviation israélienne avait lancé dans la nuit précédente des frappes contre 7 sites de la milice au Liban sud et ses avions de chasse franchi le mur du son au moment de son allocution. Vendredi, c’est le chef d’une unité d’élite du Hezbollah et son second qui ont été assassinés par une nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a fait 45 morts dont 16 cadres du Hezbollah et des dizaines de blessés.

« Je souhaite remercier toutes les personnes qui m'ont témoigné leur soutien depuis le début de cette épreuve et plus particulièrement celles et ceux qui ont pris le temps de se réunir samedi dernier à travers toute la France. J'ai été profondément touchée par cet élan qui me donne une responsabilité » a déclaré Gisèle Pélicot lors de la reprise lundi dernier du procès de son ex-mari Dominique Pélicot et de 51 autres hommes qui l’ont violée pendant dix ans alors qu’elle était droguée, inconsciente.

« Grâce à vous tous, j'ai la force de mener ce combat jusqu'au bout, ce combat que je dédie à toutes les personnes, femmes et hommes, qui à travers le monde sont victimes de violences sexuelles », a-t-elle poursuivi. « À toutes ces victimes, je veux leur dire aujourd'hui : Regardez autour de vous, vous n'êtes pas seules ».

L’installation du gouvernement prendra plus de temps que prévu a déclaré Barnier en plein mercato pour trouver les ministres de son gouvernement « équilibré, représentatif, pluriel ». Une mascarade institutionnelle au cours de laquelle Macron, en pleine déroute, cherche toujours à paraître au-dessus de la mêlée en laissant Barnier seul à la manœuvre. D’autant que la fable de ce gouvernement « le plus large possible » paraît plus qu’improbable, tellement il se résume à un attelage Macron-Barnier-Le Pen pour le moins discordant.

A gauche, seule Ségolène Royal a répondu aux avances de Barnier… Visiblement, personne ne veut se griller dans un tel gouvernement dont la durée de vie ne dépendra que du bon vouloir du RN.

Au niveau des députés Renaissance-EPR, l’accueil est pour le moins mitigé. Attal, devenu patron du groupe à l’Assemblée nationale, fait mine de défendre une politique indépendante de Barnier en déclarant qu’il n’y a « ni volonté de blocage, ni soutien inconditionnel », pendant que Darmanin semble bien décidé à entrer dans le nouveau gouvernement. Le camp présidentiel, ruiné par la politique de Macron, éclate sous la pression des calculs de pouvoir et des arrivismes en tout genre.

La période historique de la faillite en cours du capitalisme financiarisé mondialisé ainsi que la crise politique chronique dans laquelle sont engagées les puissances capitalistes occidentales, ici l’imposture Macron-Barnier-Le Pen, posent à nouveau et en termes nouveaux la question du parti du monde du travail comme la question centrale.

Le plus souvent le mouvement révolutionnaire discute de la construction du parti de façon ahistorique, construire le parti est un impératif catégorique hors du temps, voire une œuvre messianique organisée autour de la proclamation du parti communiste révolutionnaire.

Or la possibilité que puisse se constituer un parti du monde du travail est une question concrète et historique qui ne dépend pas du seul volontarisme de quelques groupes révolutionnaires.

La mascarade parlementaire a accouché de Barnier comme premier ministre par la grâce de Le Pen. Quelle farce que ce vieux cheval de retour de la droite, ministre sous Chirac et Sarkozy, dirigeant des LR en pleine décomposition pour incarner le changement, répondre au verdict des urnes que Macron prétend reconnaître ! Macron- Barnier-Le Pen, c’est le règne de l’imposture !

Face à l’impasse parlementaire, Macron, discrédité, rejeté, n’avait que Barnier pour accepter le job, assez réactionnaire pour être toléré par Le Pen, ne pouvant plus prétendre à un destin présidentiel, et lui éviter -pour combien de temps ?- la démission. La prochaine étape de sa déroute parlementaire est l’échec annoncé de Barnier et sa probable démission pour céder la place à l’extrême droite alliée à la droite, à moins que lui, Macron, aussi caméléon que Barnier, ne réussisse à présider à l’union des droites...

Trame de l’intervention d’Yvan Lemaitre

Je voudrais remercier les camarades de Révolution permanente pour leur invitation à leur Université d’été et cela d’autant que les discussions au sein du mouvement révolutionnaire sont inexistantes ou, quand elles ont lieu, visent essentiellement à démontrer toutes les erreurs de l’autre pour justifier les existences séparées voire rivales et concurrentes fort peu démocratiques dans leur vie interne et peu avares en proclamation « communiste révolutionnaire ».

Ces rapports sont fondamentalement sectaires au sens où les discussions ne visent pas à formuler les points d’accord et les points de désaccord pour définir ce qui rassemble afin d’agir ensemble, ce qui fait divergence et comment ou pas le surmonter mais visent à démontrer qu’il n’y a rien à faire ensemble au regard de positionnements idéologiques dont l’absence d’influence réelle dans la lutte de classe rend la vérification dans la pratique impossible.

Nous pensons pour notre part qu’il est nécessaire de construire d’autres rapports démocratiques fondés sur la transparence des raisonnements, des idées et la confiance, le respect des engagements réciproques, en nous considérant comme des militants d’un même parti à construire.

La question de savoir qui sera Premier ministre et quel gouvernement sortira des tractations interminables et opaques entre les politiciens qui aspirent à servir le capital est, du point de vue des travailleurs, de peu d’importance. Tout le monde sait que ce gouvernement devra, le temps qu’il survivra, servir « la stabilité » capitaliste et qu’il ne sera qu’une étape vers l’approfondissement de la crise sociale et politique que connaît le pays et qui conduit à un affrontement entre le patronat, l’État et le monde du travail.

On ne peut être que surpris devant l’étonnement feint de la gauche s’indignant en découvrant que Macron foule aux pieds la démocratie et sert le Medef ! Les dirigeants du NFP espèrent encore composer et diriger le futur gouvernement sous l’autorité d’un Macron devenu « républicain », gouvernement qui, prétendent-ils, échapperait aux exigences du Medef, des banques et de la dette qui nourrit le capital !

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