Le Parlement est depuis le 21 novembre le théâtre des travaux de la commission des finances sur le projet de budget 2025 de Macron-Barnier. Ce projet vise à réduire de 60 milliards d’euros le déficit budgétaire grâce à 20 milliards de « hausse des recettes » (16,6 venant des entreprises et 5,7 des particuliers) et à 40 milliards de « moindres dépenses » -pour ne pas dire nouvelles attaques contre les services publics, la santé, l’éducation…-, (- 21,5 milliards sur le budget de l’Etat, - 14,8 milliards sur la protection sociale, - 5 milliards sur les collectivités locales). Il s’agirait de stopper la dérive du déficit qui « si rien n’était fait », atteindrait 6,9 % en 2025. « L’effort » de 60 milliards le ramènerait à 5 % pour viser, « l’effort » se poursuivant, 3 % en 2029…

María Corina Machado, représentante de la bourgeoisie huppée d’extrême droite, alliée de Trump et de Milei, et son candidat à la Présidence Edmundo González Urrutia, ont reçu ce prix décerné par l’Union européenne en octobre dernier, et ont été promus modèles de la liberté !

Les USA, eux, sont cependant plus réservés, Maduro et son régime dictatorial étant devenus à nouveau de grands pourvoyeurs de pétrole pour les compagnies américaines suite à la guerre en Ukraine. A la différence de 2019, quand un candidat de droite extrême, Guaidó, avait été adoubé par le « monde libre » contre Maduro (et reconnu Président par intérim alors qu’il s’était autoproclamé), aujourd’hui, les Etats-Unis ne soutiennent pas aussi clairement le candidat opposé à Maduro.

Les élections américaines du 5 novembre suscitent bien des illusions, de faux espoirs en réponse à des craintes bien fondées qui ne dépendent pas de qui sera sélectionné mais bien de la folle logique de domination à laquelle obéit la politique de la première puissance mondiale sous la dictature de Wall Street et du Pentagone pour tenter de perpétuer leur hégémonie mondiale face à leur propre déclin et à celui du capitalisme.

Il serait tout à fait illusoire de croire que le résultat qui sortira de la machine électorale corrompue par le fric et manipulée par les deux partis qui gardent les moyens d’exclure du droit de vote une fraction de la population la plus pauvre pourrait changer le cours des choses. La politique américaine intérieure ou internationale est dominée et déterminée par l’exacerbation de la concurrence économique conséquence de la dépression mondiale, la crise de la dette qui subventionne les profits de Wall Street, les dépenses militaires liées aux guerres par procuration que mènent les USA tant au Moyen-Orient qu’en Ukraine ou la guerre commerciale et les tensions militaires avec la Chine ainsi qu’au renforcement de la présence américaine sur l’ensemble du globe.

Le budget 2025 de Barnier est en discussion à l’Assemblée et fait se lever un vent de contestation toute parlementaire, un budget choc, 60 milliards d’économies soit 20 milliards de coupes dans les dépenses de l’État, près de 15 pour celles de la Sécurité sociale, 5 milliards pour celles des collectivités locales. Le gouvernement aggrave la ruine des services publics et s’attaque directement aux salariés, baisse du remboursement de la consultation médicale pour 1,5 milliard, coup de rabot sur les indemnités journalières, gel des pensions de retraite pendant six mois, pour près de 4 milliards d’économies, suppression de 4 000 postes d’enseignants… Et il poursuit sa politique en faveur du capital qu’il égratigne à peine, pas plus que les plus riches.  

La commission des finances a décidé de pérenniser la surtaxe prévue sur les ultra-riches censée rapporter 2 milliards, une goutte d’eau. L’année dernière, les entreprises du CAC 40 ont versé 70 milliards de dividendes.

La dissolution et les élections législatives ont permis aux appareils de relancer la machine à illusions sur les institutions en prétendant stopper la montée de l’extrême-droite sur le terrain des élections et du Parlement.

Pris de panique, les partis de la gauche institutionnelle qui s’insultaient encore la veille ont dû créer cet attelage du Nouveau Front Populaire. La plupart des directions syndicales, en particulier la CGT, ont emboîté le pas en appelant à voter dès le 1er tour pour le NFP, au travers d’une campagne centrée sur le mythe de 36, l’unité de la gauche qui a brisé le fascisme… Oubliant le rôle du Front Populaire qui fit tout pour canaliser la grève avant de la réprimer et d’empêcher les dernières possibilités de s’opposer à la marche à la guerre !

Lundi dernier, les va-t-en-guerre israéliens et leurs soutiens dans les puissances occidentales ont utilisé jusqu’à la nausée le sinistre anniversaire de l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre 2023 pour légitimer la guerre génocidaire menée par Israël contre la population palestinienne, faire avaliser ses bombardements massifs et son offensive terrestre au Liban et ses attaques à venir contre l’Iran et qui s’en prend maintenant à la Force intérimaire des Nations-unies au Liban, la Finul -obstacle et témoin gênant des exactions israéliennes-, après avoir déclaré que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, soutenait « les terroristes, les violeurs et les assassins ».

L’instrumentalisation du peuple israélien

Il y avait déjà l’an dernier, le 7 octobre, une espèce d’indécence à ne pas voir que c’est l’État d’Israël lui-même, l’oppression coloniale qu’il exerce depuis 75 ans sur le peuple palestinien, qui ont fait naître et nourri la haine contre les Israéliens. Que ce sont aussi les dirigeants israéliens qui ont utilisé le Hamas contre le Fatah et favorisé son accession au pouvoir, jouant cyniquement la politique du pire, de provocations militaires en surenchères guerrières, prisonniers de la logique qu’ils ont enclenchée en faisant du peuple d’Israël un peuple soldat au service des intérêts des USA contre les peuples du Moyen Orient.

Le contexte actuel de crise globale du capitalisme, la montée du militarisme et des conflits militaires, les multiples explosions sociales qui se succèdent depuis plus de dix ans, la crise écologique, sont caractéristiques d’un contexte socio-économique et politique nouveau que bien des camarades abordent avec une grille d’analyse fondée sur le concept d’impérialisme tel que formulé en 1916 par Lénine dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme.[1] Les immenses bouleversements qui se sont produits depuis seraient des « reconfigurations » qu’il suffirait de prendre en compte au sein de ce stade capitaliste particulier défini il y a plus d’un siècle et qui n’aurait, sur le fond, pas changé.

Nous pensons que cette approche ne nous permet pas de répondre aux questions politiques qui nous sont posées. En particulier et de façon générale, comment expliquer l’échec des révolutions passées et l’expansion du capitalisme à l’échelle planétaire et, en conséquence, comment imaginer que ce qui a échoué dans le passé pourrait, aujourd’hui, triompher à un niveau supérieur à toutes les révolutions précédentes, vers une transformation mondialisée de la société, le socialisme et le communisme.

L’assemblée a jugé bon, à l’ouverture de la séance du discours de politique générale de Barnier mardi 1er octobre, de rendre hommage à Philippine en commençant par une minute de silence qui prétendait exprimer toute la compassion que suscite un crime aussi effroyable. Sauf que cet hommage relayait l’instrumentalisation raciste et xénophobe par l’extrême droite de ce meurtre attribué à un étranger sous le coup d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Ceux qui composent en grande partie cette assemblée réactionnaire n’ont d’intérêt pour les plus modestes et les victimes que si elles leur donnent l’occasion de déverser les pires préjugés comme ils l’ont fait tout au long de cette séance où Barnier a déroulé son projet d’austérité, sécuritaire, anti-immigrés et anti-ouvriers au service des classes dominantes que le bloc réactionnaire cherche à imposer au monde du travail.

Un exercice d’équilibriste, notait la presse, pour le chef du gouvernement en sursis qui consistait à trouver un consensus acceptable par l’ensemble des clans rivaux des macronistes au RN afin d’éviter la censure. Il a joué l’homme d’expérience, de bon sens, proche des préoccupations de la population, l’homme de dialogue avec les partenaires sociaux, jouant un simulacre d’ouverture à des mesures de justice sociale pour contrebalancer les brutales attaques de son programme, de crainte de provoquer la révolte et les réactions des travailleur·se·s, de la jeunesse et des classes populaires. Il a aussi été contraint d’annoncer l’abandon de la réforme du corps électoral et le report des élections locales en Kanaky où la domination de l’Etat colonial a provoqué le soulèvement de la population kanak, brutalement réprimée.

La montée de l’extrême droite, des idées et des forces réactionnaires, du nationalisme et des préjugés xénophobes et racistes, ici ainsi qu’en Europe et dans l’ensemble des vieilles puissances impérialistes réunies dans l’Otan, n’est pas un simple épisode d’une crise chronique mais bien le symptôme d’une maladie profonde qui se développe au sein des citadelles capitalistes et menace l’ensemble des nations intégrées au marché mondial du capitalisme financiarisé mondialisé.

Vendredi dernier, juste après que Netanyahou eut fini, sous les huées et dans une salle vidée aux trois quarts de ses délégations, son discours provocateur et agressif à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, l’armée israélienne annonçait avoir détruit le quartier général du Hezbollah à Beyrouth, assassinant comme on l’a appris plus tard son dirigeant Nasrallah. Des explosions terribles qui ont rasé six immeubles d’habitation, tué 300 personne et qui viennent après une semaine de raids aériens et de frappes meurtrières qui ont fait plus de 700 morts et des milliers de blessés, provoquant un exode qui s’élèverait à près d’un million de personnes.

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