Le 15 mars, nous sommes appelés à voter pour les élections municipales. Les bilans d’autosatisfaction des maires sortants et la démagogie tout aussi satisfaite d’elle-même des postulants qui ignorent le plus souvent les préoccupations du monde du travail, des classes populaires, des femmes, des jeunes, et de toutes les victimes d’oppressions et de stigmatisation ne laissent guère d’illusions sur la capacité de ces élections de changer les choses. L’inquiétude est profonde, le mécontentement, la colère aussi en particulier sur des questions où les mairies ont un rôle à jouer comme le logement ou l’école mais les mairies sont prisonnières du système auquel les politiciens professionnels, de gauche comme de droite, sont totalement intégrés.
Les mairies ne sont pas en mesure de répondre aux effets de la crise mondiale du capitalisme qui secoue la planète, des guerres commerciales et militaires, du dérèglement climatique, sur le pays et sur nos vies, sur la régression sociale. Elles pourraient être cependant des instruments pour aider la population à s’organiser démocratiquement pour défendre ses droits, lutter contre le capital et l’État qui lui est soumis.
Le CAC 40, les milliardaires qui tiennent les rênes de l’économie et de la finance n’ont qu’une obsession : maintenir leurs profits sur les marchés financiers et les bourses, éviter la faillite face à la concurrence mondiale dans une économie folle qui ne fonctionne que dans le but de satisfaire les appétits de la finance et non les besoins de la population.
Leur système est à bout de souffle, il a atteint ses limites et ne peut se survivre que dans une fuite en avant aveugle dans la guerre commerciale, financière, militaire en dressant les peuples les uns contre les autres et en divisant les travailleur·es, en flattant la bêtise du nationalisme et des préjugés racistes et xénophobes.
Le CAC40 et ses serviteurs, Macron, Lecornu avec l’appui du PS aujourd’hui, demain la droite extrême et l’extrême droite auxquelles ils ouvrent la porte, nous font la guerre. Leur budget est un budget de régression sociale au service des milliardaires et de la politique de réarmement, du militarisme, de la guerre.
Ils suppriment 4000 emplois d’enseignants et Macron a annoncé 36 milliards d’euros en plus pour le budget des Armées d’ici 2030.
Ils veulent rétablir le service militaire pour embrigader la jeunesse, nous associer à leurs projets fous qui s’alignent sur ceux de Trump.
Ils intensifient l’exploitation et veulent licencier les jeunes, même en CDI, sans avoir à justifier un quelconque motif.
Au nom du paiement de la dette que l’Etat a contractée auprès des financiers et des banques pour nourrir les profits du capital, les dotations et subventions aux communes ont été drastiquement coupées, les budgets des services publics, de la santé, de l’éducation, du logement, de l’aide sociale, de la culture, de l’animation, du sport ont été réduits voire supprimés.
Cette dette doit être abolie, les banques expropriées avec la mise en place d’un service public bancaire sous contrôle des travailleurs et de leurs organisations.
Il n’y a pas d’autres réponses que l’expropriation de la minorité capitaliste et l’instauration du contrôle de la finance et de la production par les travailleur.es et la population.
La réponse à cette faillite globale du capitalisme ne peut se construire dans les élections, par le bulletin de vote, pas plus au niveau municipal que national voire européen. Elle est entre nos mains, entre les mains de celles et ceux qui produisent toutes les richesses que s’approprient, par la violence, la minorité capitaliste et les couches privilégiées.
« C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons »
Loin de nous résigner à la catastrophe annoncée que préparent les milliardaires en guerre entre eux et surtout contre le monde du travail pour concentrer entre leurs mains toujours plus de richesses, soyons sûrs qu’ils ne sont forts que de nos faiblesses. Toutes les compétences techniques et intellectuelles sont entre nos mains, tout le fonctionnement de la société repose sur nous, sur le monde du travail, sur notre travail collectif, socialisé et non, sur la folie des Musk, Arnault ou autres Bettencourt qui parasitent le travail humain. Leur délire est proportionnel à l’aberration de leur fortune.
10 % des plus riches sur la planète possèdent 75 % du patrimoine mondial, à l’opposé, les 2,8 milliards qui représentent la moitié la plus pauvre n’en détiennent que 2 %.
En France, 53 milliardaires possèdent plus que 32 millions de personnes !
Jamais les inégalités n’ont été aussi grandes, aussi révoltantes alors que la misère est de plus en plus importante ! Le chômage a augmenté de 6,8 % en un an. Des entreprises ferment ou restructurent. Les services publics sont attaqués de toutes parts. Les hôpitaux sont en déficit. Les services sociaux déjà incapables de répondre aux besoins de la population voient leurs budgets amputés, avec des licenciements à la clé. Les conditions de vie et de travail de la grande majorité ne cessent de se dégrader. La jeunesse est la première touchée.
Et les écarts se creusent.
La nouvelle aristocratie des milliardaires pille la société, elle n’abdiquera pas de ses privilèges, seule une nouvelle révolution pourra les abolir.
A l’image des travailleur·es, des jeunes de Minneapolis contre Trump, sur les lieux de travail et d’études, dans les quartiers, faire respecter nos droits
Depuis plusieurs semaines, le monde du travail, la jeunesse de la ville de Minneapolis, au Nord des USA, se sont mobilisés pour défendre les migrant·es ou toutes celles et ceux supposé·es l’être contre la police de l’immigration de Trump, l’ICE, milices de voyous fascisants que soutient l’extrême droite ici. La population s’est organisée pour les contrôler, surveiller leurs faits et gestes, aider les migrant·es qui ne pouvaient plus sortir à faire leurs courses, une magnifique solidarité humaine, solidarité de classe. Après que les milices de Trump ont exécuté par balles deux activistes, Renee Good et Alex Pretti, une vague de colère et de révolte a secoué le pays, des manifestations ont eu lieu dans plus de 300 villes défiant Trump et ses sbires, affirmant la force et la dignité du monde du travail toutes nationalités confondues. La mobilisation a obligé Trump à reculer très partiellement mais c’est un premier succès.
L’unité et la solidarité de classe sont nos armes. Ici aussi, il nous faut combattre les Darmanin, Retailleau et autres Bardella-Le Pen. Les mairies sous le contrôle de la population pourraient être une arme pour imposer l’accueil et la protection des migrant·es et pour que l’État instaure le droit de vote pour tout·es, la liberté de circulation et d’installation.
La mobilisation contre Trump aux USA est un encouragement aussi pour nous, elle montre la force et la richesse sociale, politique et humaine du monde du travail quand il agit par lui-même sans se laisser domestiquer par les appareils.
Nous l’avons vu et fait ici aussi, plus modestement, le 10 septembre, contre le budget d’austérité, de la même manière que les Gilets jaunes avaient fait paniquer Macron et les siens comme tous les partis institutionnels ou les adeptes du dialogue social.
Les mairies devraient être de véritables assemblées démocratiques et non des institutions soumises au maire, à l’Etat et aux classes dominantes
Les mairies devraient être des « communes », de véritables assemblées ouvrières et populaires permettant à la population laborieuse de prendre en main la gestion de la ville, servant de cadre d’organisation et de discussion de nos résistances et de nos luttes, un instrument pour préserver la dignité de toutes et tous. Les tâches de police ne devraient pas être abandonnées à un corps policier professionnel spécialisé, étranger à la population et qui échappe à son contrôle. Il revient à la population elle-même de gérer et contrôler l’ensemble de la vie de la cité.
La propagande réactionnaire agite en permanence la question de la sécurité, dans laquelle s’est engouffrée la gauche. Banalisation de l’armement de la police municipale, extension de ses pouvoirs en discussion au Sénat, généralisation de la « vidéoprotection »… la démagogie est omniprésente. Elle instrumentalise les drames qu’engendre la décomposition sociale et morale de la société fruit pourri de la violence économique et répressive du capital et de son Etat contre celles et ceux qui en sont quotidiennement les victimes. Elle n’a d’autre réponse que policière et sécuritaire alors que l’insécurité est d’abord le produit de l’insécurité sociale, du chômage et de la précarité et entretenue par les violences policières.
Nos exigences et nos armes pour transformer la société
Nous n’acceptons pas les injustices, et les inégalités, les rapports d’exploitation et de domination qui sont les bases mêmes de cette société au sein de laquelle une élite prétend imposer sa loi, ses règles et ses privilèges petits ou grands.
Nous pensons que le droit au travail et à un salaire décent est un droit inaliénable. Une société qui n’est pas en mesure de respecter ce droit doit céder la place. De la même façon si elle ne garantit pas le droit à la santé, à l’éducation et à la culture, à la retraite aussi, le droit au transport, le respect de l’environnement, si elle ne garantit pas la liberté de circulation et d’installation.
Incapable de satisfaire ces besoins élémentaires, elle gaspille des milliards dans la production d’armes pour la guerre ou dans l’industrie du luxe pour satisfaire les fantasmes et caprices de la minorité des riches.
La satisfaction de l’ensemble de ces besoins est possible immédiatement. Il suffirait pour cela d’en finir avec un mode de production et d’échange des biens fondé sur la recherche du profit par et pour une minorité, en finir avec la propriété capitaliste, pour réorganiser un mode production et d’échange visant à satisfaire les besoins de toutes et tous fondé sur la planification et la coopération des peuples.
C’est une nécessité si ne nous voulons pas payer le prix de la mondialisation de la guerre, du krach financier annoncé et de l’effondrement économique pour enfin vivre dignement dans le respect de la nature.
S’organiser, faire notre politique y compris sur le terrain électoral, dire nos colères et nos révoltes, votons révolutionnaire !
Les gesticulations de ceux qui dirigent le monde, la contagion trumpiste qui les gagne, leur aventurisme militariste sont la folie du système qui les a produits et portés au pouvoir. Trump est mégalo mais il est le représentant de l’ensemble de la classe dirigeante américaine de même que Macron a été porté au pouvoir par l’establishment qui s’apprête à le transmettre à l’extrême droite pour poursuivre la guerre contre les classes laborieuses.
Le capital, dans sa guerre contre le travail, ne nous laisse pas le choix.
Vivre libre, c’est être solidaire, c’est lutter collectivement contre ses oppresseurs, défendre ses propres intérêts collectifs, s’organiser, défendre notre politique pour exercer et faire respecter nos droits, y compris dans les élections.
Afin de s’y faire entendre, partout où c’est possible, il appartient à chacune et chacun de prendre sa place dans la constitution de listes révolutionnaires malgré les divisions et rivalités que nous avons besoin de combattre pour faire valoir nos intérêts communs. Constituer des listes pour les élections municipales de la même façon que travailler à nous organiser, à construire un parti révolutionnaire, c’est dégager ce qui rassemble et unit le monde du travail, les femmes, la jeunesse, nos intérêts communs et notre volonté de changer le monde.
A la manière des réseaux militants à Minneapolis ou comme nous l’avons fait pour Bloquons tout, nous avons les moyens et la force de nous regrouper pour nous constituer en tant que force politique, démocratique, révolutionnaire afin de contester la domination capitaliste dans les mobilisations quotidiennes comme dans les grèves, instaurer notre contrôle sur la société, pour le pouvoir du monde du travail, le socialisme.
Défendons l’unité des révolutionnaires, faisons vivre la démocratie,
militons et votons révolutionnaire !
Démocratie révolutionnaire



