Après le 2 juillet 1776 qui vit les 13 colonies britanniques du Nouveau monde proclamer leur indépendance, le 4 juillet, les cinquante-six membres du Congrès continental réunis à Philadelphie adoptaient la déclaration d’indépendance, « Déclaration unanime des treize États unis d’Amérique ». Elle visait à affirmer face au monde le sens et la portée de ce tournant historique, les raisons qui amenaient les colonies rebelles à « prendre, parmi les peuples, une position égale et séparée ».

« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. » y est-il écrit. « Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but [Vie, liberté et poursuite du bonheur], le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

Contre « la tyrannie » de la monarchie britannique pour s’affranchir d’un « despotisme absolu », la nouvelle bourgeoisie proclame de nouveaux principes politiques hérités des Lumières. Prélude à la Révolution française, la révolution américaine représente un tournant dans l’histoire, non seulement par la fondation des États-Unis d’Amérique mais aussi et surtout par l’impulsion donnée au développement du capitalisme mondial. « L’essor du capitalisme américain depuis plus de 250 ans, écrit Michael Roberts, reflète presque exactement la montée du capitalisme pour devenir le mode de production dominant à l’échelle mondiale. »[1]

Les États-Unis d’Amérique sont reconnus dès 1778 par la France qui les soutient militairement dans la guerre d’indépendance contre l’empire monarchie britannique à laquelle elle s’affronte pour la possession des terres d’Amérique et la conquête des colonies. Ils faisaient leur premier pas sur la scène internationale accélérant la fin de la monarchie française emportée dans la tourmente.

Les Pères fondateurs qui rédigèrent et adoptèrent la Déclaration d’indépendance, pour la plupart de riches planteurs et marchands, nombreux comme Washington esclavagistes, conscients des perspectives économiques qui s’ouvraient à eux, affirmaient par la révolution et la guerre d’indépendance leurs droits à exploiter les terres des Amérindiens comme le travail des esclaves. Leur œuvre révolutionnaire les dépassait, portée par la double nécessité de rallier à leur combat les classes populaires, les paysans, et de donner à ce combat contre la première puissance mondiale de l’époque qui avait déjà connu une révolution bourgeoise inachevée, une dimension universelle, en inscrivant dans l’histoire les idées révolutionnaires des Lumières.

Thomas Paine, révolutionnaire d’origine populaire qui avait immigré de Grande-Bretagne, avait largement contribué à leur diffusion grâce à un court pamphlet, Le Sens commun, publié le 10 janvier 1776.

La révolution s’élevait bien au-delà de la réalité sociale et politique de ceux qui en étaient les acteurs, portée par le besoin de mobiliser à son service les paysans, travailleurs et classes populaires en écartant toutefois les Amérindiens, les esclaves ou les femmes. Elle affirmait cependant les idées d’une nouvelle ère qui armeront les luttes des classes opprimées par la suite, l’égalité, le droit au bonheur, le droit à l’auto-gouvernement, la démocratie.

Dans le cours même de la révolution, la contradiction entre les principes universels proclamés et la réalité de la lutte de classe se manifesta très concrètement dans une guerre civile confuse dans laquelle Washington sut écraser toute rébellion et mutinerie dans l’armée. Et empêcher que la radicalité proclamée ne se retourne contre la bourgeoisie dirigeante.

Cette dernière, sûre de son avenir florissant, donnait à sa politique de pillage et d’exploitation, de vol des terres des Amérindiens et de leur extermination, d’esclavage, le drapeau de l’égalité et de la liberté.

Thomas Jefferson, rédacteur de la Déclaration, résume cette politique dans la formule « l’empire de la liberté » donnant pour des décennies aux guerres de brigandage et de conquête à travers lesquelles les USA allaient devenir la première puissance mondiale le masque de la liberté et de la démocratie.

Prisonnière de ses contradictions sociales et politiques, la bourgeoisie américaine et, avec elle, le capitalisme, ont atteint, aujourd’hui, leurs limites historiques. Les célébrations des 250 ans de la Déclaration d’indépendance, consacrées à la promotion du pathétique et tragique pantin Trump, en ont été la démonstration.

Il s’y est affirmé, à travers des cérémonies chaotiques précédées par celles de son propre anniversaire et désorganisées par les effets orageux de la crise climatique qu’il prétend nier, comme un nouveau tyran faisant de son délire patriotique et religieux, paranoïaque, la gloire des USA. Le bluff et les fanfaronnades, l’invective et l’insulte lui tiennent lieu de pensée.

« Ce n’est que l’aube de l’âge d’or de l’Amérique », clame-t-il alors qu’il se fait l’acteur de son déclin. Pour affirmer son pouvoir, il flatte les frustrations, les nostalgies sans espoir, la haine des autres pour dévoyer les mécontentements contre les migrant·es, les étranger·es, « les ennemis » de l’Amérique au nom d’une Amérique blanche et chrétienne, la continuité pervertie de l’empire de la liberté qui devient l’empire de la paix par la force, l’exploitation, le pillage, la prédation mises à nu. Il appelle à la croisade contre « de nouveaux arrivants dans notre pays qui défendent des idées totalement incompatibles avec notre mode de vie. » « Nous ne les laisserons pas s’attarder trop longtemps [...], et nous les enverrons en exil. Nous les chasserons rapidement, et nous continuerons à bâtir notre pays pour qu’il soit plus grand, meilleur et plus fort que jamais. » Et stigmatise l’ennemi suprême, « Il y a une résurgence de la menace communiste sur notre sol », parle de « menace mortelle pour la liberté américaine [...] la plus grande menace pour notre pays, surpassant même la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, Pearl Harbor, ou encore le 11 septembre ». « De telles doctrines ne peuvent être tolérées dans une démocratie. » « On peut être fidèle à Karl Marx ou fidèle à l’Amérique. On peut être communiste ou patriote. On ne peut pas être les deux. » Et il promet « à la face du monde, que les citoyens des États-Unis d’Amérique vaincront rapidement le communisme. »

Au même moment, en Iran, la théocratie des Mollahs organisait les funérailles de l’ancien Guide suprême Ali Khamenei, assassiné le 28 février, premier jour de la guerre américano-israélienne, une semaine d’hommage national qui a vu des millions de personnes, peut-être 20 millions, se rassembler à Téhéran. De toute évidence, la nation la plus militarisée du monde et son allié, le peuple soldat d’Israël, ont échoué dans leur agression criminelle, renforçant le régime sans avoir la moindre issue en perspective si ce n’est la fin du cessez-le-feu et la continuation de leur offensive guerrière pour tenter de maintenir leur hégémonie mondiale, non seulement contre la Chine mais contre tous les peuples. La version décadente et cynique de Trump et Musk de l’empire de la liberté.

De la naissance révolutionnaire de la bourgeoisie à sa déchéance

Les mythes fondateurs, « l’empire de la liberté », les prétentions humanistes, démocratiques obéissaient à une politique d’exploitation et de domination qui s’inscrivait dans le processus révolutionnaire de la conquête du monde par le capitalisme que décrivent Marx et Engels dans le Manifeste communiste[2]. Pour ne pas tomber dans la dénonciation moraliste de cette épopée historique, le mieux est de revenir aux grandes lignes de ce qu’en disaient les deux révolutionnaires. « La découverte de l’Amérique, la circumnavigation de l’Afrique offrirent à la bourgeoisie naissante un nouveau champ d’action. Les marchés des Indes Orientales et de la Chine, la colonisation de l’Amérique, le commerce colonial, la multiplication des moyens d’échange et, en général, des marchandises donnèrent un essor jusqu’alors inconnu au négoce, à la navigation, à l’industrie et assurèrent, en conséquence, un développement rapide à l’élément révolutionnaire de la société féodale en dissolution. […] Mais les marchés s’agrandissaient sans cesse : la demande croissait toujours. La manufacture, à son tour, devint insuffisante. Alors, la vapeur et la machine révolutionnèrent la production industrielle. La grande industrie moderne supplanta la manufacture ; la moyenne bourgeoisie industrielle céda la place aux millionnaires de l’industrie, aux chefs de véritables armées industrielles, aux bourgeois modernes.

La grande industrie a créé le marché mondial, préparé par la découverte de l’Amérique. [...]

La bourgeoisie, nous le voyons, est elle-même le produit d’un long développement, d’une série de révolutions dans le mode de production et les moyens de communication.

A chaque étape de l’évolution que parcourait la bourgeoisie correspondait pour elle un progrès politique. Classe opprimée par le despotisme féodal, association armée s’administrant elle-même dans la commune, ici, république urbaine indépendante; là, tiers état taillable et corvéable de la monarchie, puis, durant la période manufacturière, contrepoids de la noblesse dans la monarchie féodale ou absolue, pierre angulaire des grandes monarchies, la bourgeoisie, depuis l’établissement de la grande industrie et du marché mondial, s’est finalement emparée de la souveraineté politique exclusive dans l’Etat représentatif moderne. Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière.

La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire.

[…] La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. [...]

Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. […] Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.

[…] Nous assistons aujourd’hui à un processus analogue. Les conditions bourgeoises de production et d’échange, le régime bourgeois de la propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemblent au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées. […] Les forces productives dont elle dispose ne favorisent plus le régime de la propriété bourgeoise ; au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour ce régime qui alors leur fait obstacle ; et toutes les fois que les forces productives sociales triomphent de cet obstacle, elles précipitent dans le désordre la société bourgeoise tout entière et menacent l’existence de la propriété bourgeoise. »

Nous assistons et participons aujourd’hui à l’aboutissement du processus décrit et anticipé de façon géniale par Marx et Engels. Le capitalisme a réussi jusqu’alors à surmonter ses contradictions mortelles, à dompter la révolution socialiste montante mais il a en fait « préparé des crises plus générales et plus formidables et diminué les moyens de les prévenir. » Ce « magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées » a façonné le monde de sa propre fin.

Après avoir imposé sa domination après deux guerres mondiales et l’effondrement des vieilles puissances coloniales et impérialistes européennes face auxquelles il avait conquis son indépendance, il a puissamment contribué à l’intégration des peuples jusqu’alors dominés au marché capitaliste faisant de chacun d’eux un concurrent au point que l’un d’entre eux, la Chine, l’a, d’ores et déjà, égalé si ce n’est surpassé.

Il a ainsi contribué à la formation d’une nouvelle classe mondiale révolutionnaire, « ses propres fossoyeurs », le nouveau prolétariat international.

Trump, incarnation du capitalisme sénile et de la fusion de l’oligarchie financière avec le pouvoir

Ainsi que la loi l’y oblige Trump a publié, la semaine dernière, sa déclaration de patrimoine pour 2025. Celle-ci révèle qu’il a plus que triplé ses revenus personnels au cours de la première année de son second mandat, passant de 622 millions de dollars en 2024 à au moins 2,2 milliards de dollars l’année dernière, sa fortune atteindrait désormais 6,5 milliards dont 1,4 milliard encaissé grâce aux cryptomonnaies.

Ces chiffres sont symptomatiques de l’évolution de la vie politique américaine dominée par Trump, une brute de Wall Street, deux fois sujet d’une procédure de destitution, condamné pour trente-quatre chefs d’accusation, reconnu coupable d’agressions sexuelles et de fraudes financières pendant des années.

Trump est l’instrument politique de l’oligarchie financière qui gouverne à présent les États-Unis, une aristocratie financière ayant amassé une richesse sans précédent dans l’histoire et qui, de par ses intérêts essentiels, est hostile à toute démocratie.

La concentration inédite du capital impose sa dictature.

Plus de neuf cents milliardaires américains possèdent aujourd’hui une fortune cumulée de 8 200 milliards de dollars, soit près du double de la richesse totale de la moitié la moins riche de la population – tandis que les travailleur·es sont accablé·es par le coût du logement, des soins de santé et de l’alimentation.

Les oligarques de la tech se sont rangés derrière le candidat à la dictature qui est le représentant politique de ces intérêts, et de rien d’autre.

La décomposition de la démocratie américaine qu’il incarne n’a pas son origine dans la pathologie d’un individu mais dans l’existence d’une classe dirigeante parasite et prédatrice dont la puissance repose sur le pillage financier et la spéculation, la soumission de l’État à ses intérêts.

Une politique de classe soumise à l’illusion de la valorisation sans fin des actifs financiers jusqu’à… la chute

La théorie marxiste des crises capitalistes soutient que, comme les capitalistes investissent de plus en plus dans la technologie afin de réduire les coûts de production et de stimuler la productivité du travail, la rentabilité globale du capital aura tendance à baisser parce que les profits ne proviennent que de l’exploitation du travail humain. Si l’investissement dans l’achat de la force de travail, le salaire, diminue relativement aux investissements dans l’appareil de production, l’équipement et la technologie, la rentabilité du capital finira par baisser.

La politique des classes dominantes est la résultante de cette lutte constante contre la baisse du taux de profit qui s’exprime dans l’aggravation de l’exploitation, la dégradation des conditions de travail et de vie, les tensions sociales, la concurrence exacerbée et son corollaire, le militarisme et la guerre.

Cette dernière, contrairement aux guerres coloniales et impérialistes, ne vise pas la conquête directe de territoires ou un repartage du monde mais elle est une arme dans la valorisation des actifs financiers de l’oligarchie. Cet objectif détermine les choix de Trump. Les guerres, les annonces, les revirements, les coups de force ou de théâtre n’obéissent pas à une stratégie militaire mais bien à une stratégie financière en fonction des marchés.

Trump est l’expression et l’acteur d’une politique qui vise à faire des USA le centre de gravité d’un capitalisme financier et technologique, politique et militaire, structuré autour de l’intelligence artificielle pour drainer la finance mondiale, capter les investissements à Wall Street. 

Sa politique internationale n’est pas isolationniste mais vise à utiliser la puissance et la supériorité financière, technologique et militaire des USA pour ouvrir des marchés, s’assurer des sources de matières premières, drainer le capital, imposer ses choix économiques et politiques, dominer à l’échelle internationale.

Il ne souhaite nullement la fin de la guerre contre la Russie mais anticipe le moment proche où la guerre par procuration d’Ukraine ne suffira plus et exigera l’intervention de pays de l’UE pour qu’elle atteigne son objectif, mettre la Russie à genoux pour la dépecer économiquement et financièrement voire politiquement. Il soutient Israël et poursuit la guerre contre l’Iran et le Moyen-Orient pour s’en assurer le contrôle et garde en ligne de mire la Chine dans le but de l’affaiblir et de la forcer à accepter de collaborer et de s’intégrer dans la domination des USA et de leurs alliés occidentaux.

Le sommet de l’Otan qui s’est tenu les 7 et 8 juillet, à Ankara, sous la présidence d’Erdoğan qui a déclaré, en Turquie, la guerre aux droits démocratiques élémentaires, en est l’illustration.

Cette politique s’avère une impasse comme le démontre la déroute US en Iran. Elle conduit les alliés ou les rivaux ou les deux à jouer leur propre carte et contribue à affaiblir les USA sans ouvrir de nouveaux marchés dans un capitalisme dominé par la crise d’accumulation.

La recherche permanente de valorisation des actifs financiers dans laquelle Trump est personnellement et directement engagé constitue un facteur d’aggravation de cette crise. Une masse sans cesse croissante de capitaux ne trouvent aucun débouché dans l’activité productive et ne produisent aucune plus-value si ce n’est sous forme prédatrice et spéculative de nouveaux capitaux fictifs alors que la dette des États devient de plus en plus colossale. La marche assurée vers le krach, l’effondrement mondialisé...

No Kings, no ICE, no war… La nouvelle révolution en cours pour le socialisme

En réponse à cette décomposition sociale et politique nous assistons aux États-Unis à une nouvelle étape de la radicalisation des travailleur·es et des jeunes confronté·es à un coût de la vie insoutenable, à une guerre sans fin, au génocide à Gaza sous la direction d’un gouvernement comité exécutif de l’oligarchie financière. L’hystérie de Trump face à la « menace communiste » en sont le reflet, la reconnaissance panique par l’oligarchie que celles et ceux qui considèrent le capitalisme comme la source de leurs difficultés, de la crise, des guerres comme de la crise climatique sont de plus en plus nombreux et qu’ils ne craignent pas de se revendiquer du socialisme.

La progression des candidat·es de la gauche du Parti démocrate de Mamdani, de jeunes militant·es issu·es de DSA, les Démocrates socialistes d’Amérique, aux élections locales ainsi que dans les primaires du Parti démocrate est l’expression d’une révolte contre une société où les très riches s’enrichissent toujours plus alors que la grande majorité des classes populaires luttent pour payer les produits de première nécessité - soins de santé, logement, nourriture, éducation et services publics.

L’hystérie anticommuniste des milliardaires est l’expression de leur crainte bien réelle des bouleversements sociaux à venir. Une nouvelle révolution est à l’ordre du jour.

Marx écrivait en 1864 au nom de l’Association internationale des travailleurs[3] dans une adresse à Abraham Lincoln : « Les ouvriers d’Europe sont persuadés que si la guerre d’Indépendance américaine a inauguré l’époque nouvelle de l’essor des classes bourgeoises, la guerre anti-esclavagiste américaine a inauguré l’époque nouvelle de l’essor des classes ouvrières. Elles considèrent comme l’annonce de l’ère nouvelle que le sort ait désigné Abraham Lincoln, l’énergique et courageux fils de la classe travailleuse, pour conduire son pays dans la lutte sans égale pour l’affranchissement d’une race enchaînée et pour la reconstruction d’un monde social. »

La continuité de cet héritage révolutionnaire, les principes démocratiques revendiqués par les deux premières révolutions américaines ne peuvent être dépassés que si une troisième révolution leur donne un nouveau contenu radical, socialiste. La première révolution américaine a fondé la république démocratique bourgeoise et aboli le despotisme colonial. La seconde, dans la Guerre de Sécession, a mis fin à l’esclavage. La troisième révolution américaine ne peut être que la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et la réorganisation de la vie économique sur des bases socialistes, communistes. Après 250 ans de développement et de mondialisation capitaliste, elle sera nécessairement une composante motrice de la révolution socialiste mondiale.

Yvan Lemaitre

 

 

 

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