La rentrée est on ne peut plus décomplexée pour les xénophobes de tous bords, jamais sans doute la démagogie anti-migrant·es, le racisme d’Etat n’ont été aussi prégnants. Les élections dans plusieurs pays européens l’illustrent, régionales en Allemagne, législatives à venir en Suède, présidentielle ici. Dans tout le vieux monde occidental en déclin, le même mouvement est à l’œuvre. Les 44 % obtenus par l’AFD dans le petit Land de Saxe-Anhalt en ex-Allemagne de l’Est illustrent et accélèrent le tournant en cours. L’AFD qui promeut la « remigration », promet l’obligation de travaux d’intérêt général pour les demandeurs d’asile et la création de classes spéciales pour les enfants de réfugiés, surfe sur la désespérance et la colère, le sentiment de déclassement d’une fraction des couches populaires face à la brutalité de la crise industrielle, économique, morale qui touche de plein fouet l’Allemagne, elle surfe sur le rejet de l’Europe et des partis qui se partagent le pouvoir depuis des décennies. L’internationale réactionnaire s’est immédiatement félicitée tels Musk et le clan Maga, Trump, mais aussi Poutine.
Aux USA, première puissance mondiale qui s’est construite à travers des vagues d’immigration, la chasse aux immigrés réels ou supposés prend une ampleur inouïe. Les 30 000 agents de l’ICE ont battu leur record avec près de 50 000 arrestations en un mois, allant jusqu’à s’en prendre à des descendants des peuples amérindiens… traquant et violentant en toute impunité dans les rues, les écoles, les aéroports, les tribunaux.
En France, la campagne présidentielle est un véritable feu d’artifice. Bardella posant avec Farage lors du congrès de Reform UK après la signature d’un accord pour renvoyer en France les migrant·es intercepté·es dans les eaux britanniques tandis que Le Pen promettait un référendum sur son obsession, l’interdiction du voile dans l’espace public. En début d’été, Retailleau montait au créneau contre « la submersion migratoire » et appelait à « expulser tous ceux qui n’ont rien à faire en France, supprimer le droit au mariage pour lesOQTF, abolir le droit du sol … ». Philippe s’est engagé depuis Mayotte à « fermer la totalité des vannes migratoires » et y suspendre pour cinq ans le droit du sol, le droit d’asile et le regroupement familial, suivi quelques jours plus tard par Lecornu venu y annoncer « une militarisation plus importante de la protection de l’archipel » … contre la jeunesse et les démunis comoriens ! Quant à Attal, il a choisi la démagogie anti-Roms, défendant la mise en place d’un « registre national obligatoire » en pleine semaine de commémoration du génocide des Gens du Voyage par les nazis, et a promis d’agir contre « les installations sauvages et illégales des gens du voyage » qui « gâchent la vie des maires et des Français », sous-entendant que les Roms ne le sont pas, cherchant à faire oublier que la grande majorité des mairies et intercommunalités sont dans l’illégalité depuis 26 ans, ne respectant pas la loi qui oblige les communes de plus de 5000 habitants à aménager des aires d’accueil !