Vendredi, au Conseil de sécurité de l’ONU, les USA, seuls, ont mis leur veto à « un cessez-le-feu humanitaire immédiat ». « Cela planterait seulement les graines pour une future guerre, parce que le Hamas n’a aucun désir d’une paix durable » s’est justifié l’ambassadeur américain reprenant le mensonge officiel de l’ambassadeur israélien : « le vrai chemin vers la paix est seulement de soutenir la mission d’Israël, absolument pas un appel à un cessez-le-feu ».

Quelle cynique hypocrisie ! Il ne s’agissait même pas d’un cessez-le-feu dans la guerre tout au plus d’un répit dans le martyre des Palestiniens.

Toute la semaine, politiciens démagogues et journalistes aux ordres ont alimenté une campagne répugnante suite à la mort du jeune Thomas à Crépol, à l’image de Laurence Ferrari sur CNews, entamant son émission par : « Il y a dans l’air comme un parfum de guerre civile » ! Une instrumentalisation destinée à attiser les peurs et les préjugés racistes les plus crasses.

Et immédiatement, ce matin, le monde politicien s’est emparé de l’attaque mortelle de cette nuit à Paris, par un jeune connu pour des troubles psychiatriques et pour se revendiquer de l’Islam radical. Borne a donné le la : « Nous ne céderons rien face au terrorisme. Jamais », un ton martial mille fois entendu alors que tout démontre que leur guerre contre le terrorisme ne fait que l’entretenir et engendrer des tensions mortelles et, effet collatéral, des actes désespérés d’individus fragiles.

C’est bien là le but des provocations verbales de la droite et physiques de l’extrême droite, exacerber les tensions, les peurs et la xénophobie dont ils espèrent tirer profit.

Après le septième jour de la trêve, dite « pause opérationnelle », entre Israël et le Hamas, l’armée israélienne a repris son œuvre de destruction et de mort. L’accord a permis la libération de 86 otages israéliens auxquels s’ajoutent 24 étrangers ou binationaux et de 240 prisonniers palestiniens. Des camions d’aide humanitaire ont pu entrer dans Gaza où la population est menacée de famine et d’épidémies. Dérisoire aux regards des immenses besoins, les habitants de la bande de Gaza vivent « une catastrophe humanitaire monumentale, sous les yeux du monde », a dénoncé mercredi le secrétaire général de l’ONU, réclamant un « véritable cessez-le-feu humanitaire ».

Mais, inexorablement, comme Netanyahou l’avait dit dès le début de la trêve, Israël reprend son œuvre sinistre génocidaire.

Biden s’est déclaré « extraordinairement satisfait » de l’accord conclu mercredi dernier entre Israël et le Hamas pour la libération de 50 otages en échange de la libération de 150 prisonniers palestiniens et d’une « trêve » de 4 jours. 6700 Palestiniens, dont un grand nombre d’adolescents, seraient actuellement détenus en Israël, et un tiers d’entre eux placés en « détention administrative », sans aucun motif officiel, de manière totalement arbitraire. Pendant cette pause, huit Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par l’armée israélienne.

Dès l’annonce de l’accord, les autorités israéliennes avaient pris soin de préciser qu’il ne s’agissait que d’une « pause » dans les combats, dont le renouvellement chaque jour est conditionnée par la libération des otages et au cours de laquelle pendant 6 heures par jour « aucun aéronef, avion, hélicoptère ou drone ne serait autorisé à survoler la bande de Gaza ». Sans que soit précisé ce qu’il en sera les 18 heures restantes.

Mercredi 22, aux Pays-Bas, le PPV (parti de la liberté) de Geert Wilders est arrivé en tête aux législatives, obtenant 35 sièges (sur 150). Avec ceux remportés par deux autres partis d’extrême droite, ce sont 45 sièges qui reviennent à cette dernière. Surnommé le « Donald Trump néerlandais », Geert Wilders a construit sa carrière politique sur sa haine de l’islam, prétendant, dès le début de sa campagne, vouloir démolir les mosquées, interdire le Coran, fermer les frontières aux migrants. Partisan de la sortie de l’UE, il pourrait maintenant devenir premier ministre des Pays-Bas s’il réussit à construire une coalition de gouvernement.

Cette inquiétante victoire du PPV aux Pays Bas n’est qu’un des éléments d’une tendance bien plus générale.

« Alors que le carnage à Gaza atteint chaque jour de nouveaux niveaux d'horreur, le monde continue d'être sous le choc alors que des hôpitaux sont la cible de tirs, que des bébés prématurés meurent et qu'une population entière est privée de moyens essentiels de subsistance. Cela ne peut pas continuer », déclarait Martin Griffiths, le chef des Affaires humanitaires de l’ONU mercredi dernier alors que des unités de l’armée israélienne avaient commencé à investir dans le nord de la bande de Gaza l’hôpital Al Chifa. Le complexe hospitalier où se trouvaient pas moins de 2300 personnes, malades, soignants et réfugiés était encerclé depuis plusieurs jours par des chars et des batteries d’artillerie et soumis à des tirs incessants empêchant quiconque d’en sortir, ne serait-ce que pour enterrer les morts. Dès leur entrée, les commandos israéliens ont ordonné à tous les réfugiés hommes de plus de 16 ans de se rendre, puis dans les heures et jours qui ont suivi, ils ont détruit des services entiers, précipitant la mort de dizaines de malades, bébés prématurés ou blessés supplémentaires.

1) La folie et l’horreur de l’escalade guerrière se sont emparées, après la guerre d’Ukraine, du Moyen Orient dans cette absurde et criminelle concurrence entre puissances capitalistes qui se jouent des peuples et les sacrifient à leurs luttes d’influence pour s’approprier les richesses, contrôler les sources d’énergies, asseoir le pouvoir et la domination des classes capitalistes. Cet engrenage fou et sanglant est hors de contrôle. Dans la guerre d’Ukraine, les USA et leurs alliés de l’Otan veulent mettre Poutine à genoux et désignent la Chine comme leur cible. Au Moyen Orient, Israël et ses alliés veulent détruire le Hamas, en réalité enterrer la question palestinienne, exterminer un peuple sous le poids des bombes, pour que prospèrent les affaires de la bourgeoisie israélienne et celles de son maître, la première puissance mondiale, les USA.

Aucune issue n’est possible pour eux, si ce n’est la défaite du camp opposé à celui des vieilles puissances impérialistes, les USA, la France, l’Otan. La paix pour eux ne peut être que la capitulation de leur ennemi, c’est à dire une étape vers une nouvelle guerre, la guerre sans fin que connaît le Moyen Orient et dont le peuple palestinien est victime depuis des décennies, la guerre comme mode d’existence et de perpétuation du capitalisme et des grandes puissances.

« Il n’y aura pas de cessez-le-feu, de cessez-le-feu général, à Gaza, sans la libération de nos otages [...]En ce qui concerne les petites pauses – une heure par-ci, une heure par-là –, nous les avons déjà eues » a encore une fois affirmé Netanyahou avant de concéder des pauses de 4 heures par jour. « Ces quatre heures de pause sont une honte et d’un cynisme affligeant », répond un médecin, elles ne serviront à « rien » alors que le système hospitalier est bombardé, détruit, que le matériel manque, comme les soignants épuisés. Elles n’ont qu’un objectif, faciliter l’organisation par l’armée israélienne du déplacement forcé, le dramatique exode, des gazaouis vers le Sud. Le gouvernement génocidaire d’Israël s’oppose en fait à toute aide humanitaire. Pour lui, il n’y a pas de civils non impliqués dans la bande de Gaza, une responsabilité collective qui appelle une punition, une vengeance collective.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, dénonce un « cimetière pour les enfants », « Le cauchemar à Gaza est plus qu’une crise humanitaire, c’est une crise de l’humanité ».

« Aucun endroit n’est en sécurité, c’est une guerre totale, une tragédie sans échappatoire », dénonce Médecins sans frontière, « les bombes qui tombent partout », les camps de l’ONU surpeuplés où s’entassent des dizaines de milliers de déplacé·e·s dans des conditions désastreuses.

La loi immigration, la 30ème depuis 1980, a été discutée et votée cette semaine au Sénat, avant de l’être à l’Assemblée à partir du 11 décembre. Le Sénat a aggravé le projet initial du gouvernement. Les amendements réactionnaires et répressifs des sénateurs LR, majoritaires, ont trouvé les faveurs de Darmanin, soucieux de ne pas se laisser doubler sur sa droite et qui fait du vote de cette loi anti-immigrés, « le texte le plus ferme, avec les mesures les plus dures, de ces trente dernières années », sa bataille personnelle pour prendre le leadership du bloc réactionnaire dans la course à la présidentielle.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, après avoir laissé sortir plusieurs centaines de ressortissants d’autres pays et binationaux par le check-point de Rafah, l’armée israélienne a annoncé qu’elle avait encerclé la bande de Gaza et qu’elle allait y renvoyer les Palestiniens, travaillant en Israël, qu’elle avait retenus après le 7 octobre. Désormais, il n’y aurait plus aucune communication avec Gaza, complètement coupée du monde. Le pire est à craindre, au-delà de l’horreur des massacres de masse déjà perpétrés et des conséquences meurtrières de la famine, du manque d’eau potable, de l’absence de soins médicaux. Vendredi et samedi, l’armée israélienne n’a pas hésité à bombarder l’entrée de l’hôpital al-Shifa à Gaza, un convoi d’ambulances, une école de l’ONU, une de plus, où s’étaient réfugiées des personnes déplacées, ainsi que le camp de réfugiés de Magahazi à Gaza faisant 51 morts, majoritairement des femmes et des enfants.

Le camp de concentration qu’était déjà Gaza devient un véritable camp d’extermination. Plus de 10 000 Gazaouis dont plus de 3900 enfants sont déjà morts, un nombre largement sous-estimé parce qu’il est impossible de retrouver les corps sous les tonnes de béton des tours d’habitation écroulées sous les bombes et il y a au moins trois fois plus de blessés.

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